KAHN Simone [Rachel, Simone]

Par Julien Chuzeville

Née le 3 mai 1897 à Iquitos (Pérou), morte le 30 mars 1980 à Paris ; militante de la Gauche révolutionnaire puis du PSOP.

Portrait par Man Ray

Simone Kahn fut étudiante à la Sorbonne, puis participa aux activités du groupe surréaliste dans les années 1920. Elle fut ensuite proche de Boris Souvarine ; c’est probablement elle qui figure comme « Simone B. » dans la souscription du Bulletin communiste de janvier-mars 1928. Au début des années 1930, elle était membre de la Gauche communiste, groupe d’extrême gauche où elle côtoyait notamment Michel Collinet et Alfred Rosmer. En décembre 1933, Simone Kahn écrivit dans la revue Masses de René Lefeuvre. En 1934, elle prit en charge une souscription en faveur des socialistes révolutionnaires réprimés en Autriche.

Membre du comité directeur de la tendance Gauche révolutionnaire de la SFIO en 1935, Simone Kahn fut une animatrice du Comité d’action socialiste pour la levée de l’embargo (en Espagne). En 1937, c’est son nom et son adresse qui étaient indiqués pour la « rédaction-administration » du journal L’Espagne socialiste, du Comité d’action socialiste pour l’Espagne (Caspe), dont le gérant était René Lefeuvre. Elle habitait alors à Paris, au 2, rue Eugène-Poubelle (XVIe arr.).

Simone Kahn signa un grand article très informé dans La Gauche révolutionnaire n° 15, en mars 1937, article consacré à la situation en URSS et intitulé "Histoire de russes". Elle y condamne les procès de Moscou, les arrestations, la répression, les tentatives pour rendre l’exil du "vieux lion indompté" Trotsky, invivable.

Elle fit au moins un séjour en Espagne, puisqu’elle était annoncée comme oratrice d’un meeting socialiste le 17 mars 1938 à Boulogne-Billancourt comme « Simone Kahn, des Femmes socialistes, retour d’Espagne ».

Simone Kahn fut ensuite militante du Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP) et écrivit dans son journal Juin 36. Elle intervint lors de la Conférence nationale du PSOP des 16 et 17 juillet 1938, demandant la mise en place d’une commission de solidarité avec les militants révolutionnaires victimes des répressions bourgeoises, staliniennes et fascistes. Elle fut élue à la commission de la presse du PSOP.
En mai 1939, elle participa au premier congrès national du PSOP et y présenta le rapport de la commission de Solidarité.

En 1939, Simone Kahn était également membre de la Commission internationale pour l’aide aux réfugiés espagnols (CIPARE).

Elle s’était mariée avec André Breton le 15 septembre 1921 à Paris (XVIIe arr.), puis se remaria avec Michel Collinet le 28 avril 1938 à Paris (XVIe arr.).
Après la guerre, elle dirigea une galerie d’art.

Simone Collinet signa le Manifeste des 121, déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie, le 6 septembre 1960 (liste complémentaire).

Elle était la cousine de Denise Kahn.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article229917, notice KAHN Simone [Rachel, Simone] par Julien Chuzeville, version mise en ligne le 7 juillet 2020, dernière modification le 7 juin 2021.

Par Julien Chuzeville

Portrait par Man Ray

ŒUVRE : Un texte signé « S.B. » dans La Révolution surréaliste, n° 1, 1er décembre 1924, p. 14. — Article signé Simone Kahn dans Le Drapeau rouge, 1936. — « Madrid, cœur de l’Espagne », article en deux parties signé Simone Kahn dans L’Espagne socialiste, n° 1 et 2, 1937. — Simone Breton, Lettres à Denise Lévy, 1919-1929, et autres textes, 1924-1975, édition présentée, établie et annotée par Georgiana Colvile, Paris, J. Losfeld, 2005.

SOURCES : Archives de Sylvain Broussaudier. — Notice Simone Kahn-Collinet du site La Bataille socialiste. — Juin 36, 22 juillet 1938, 28 avril 1939 et 2 juin 1939. — État civil de Paris. — Notes de Claude Pennetier.

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