POCHÉ Jo [Joseph, René, Louis, Francis, dit]

Par Thareaut Louis

Né le 16 juin 1923 à Segré (Maine-et-Loire), mort le 2 mai 2014 à Segré ; ouvrier mécanicien ; élu du personnel et militant syndical CFTC puis CFDT à la SACER, ; secrétaire de l’Union locale CFTC puis CFDT de Segré (1958-1970), membre du conseil de l’Union départementale CFTC puis CFDT de Maine-et-Loire (1956-1974), puis de son bureau (1963-1974), ; membre du conseil de la Fédération CFTC du Bâtiment et des Travaux Publics (1958-1962).

Joseph POCHE
Joseph POCHE

Fils de René Poché et de Marie-Louise Ermoin, agriculteurs dans une petite ferme au milieu du quartier des tanneurs dans le centre de l’agglomération de Segré, sa connaissance des conditions de travail et de vie de ces ouvriers tanneurs ne fut pas étrangère à ses futurs engagements syndicaux. Elevé dans une famille catholique de trois enfants, il fut scolarisé dans l’enseignement privé et fréquenta le patronage de la paroisse où il pratiqua le football et la gymnastique à partir de 1933.

En 1938, Jo Poché entra en apprentissage chez un artisan mécanicien, tout en continuant ses activités sportives. Afin d’échapper au Service du travail obligatoire (STO), il souscrivit en 1943 un engagement de trois ans aux Pompiers de Paris. Il garda de ses interventions pendant les bombardements de Paris et de Rouen des souvenirs pénibles qui le marquèrent à vie et lui donnèrent une haute idée de la valeur de la vie humaine. À l’issue de son engagement, en 1946, il entra dans une entreprise nationale de travaux publics, la Société anonyme pour la construction et l’entretien des routes (SACER) à Segré, en qualité de mécanicien. Il y resta jusqu’à sa retraite en 1980.

En 1947, il adhéra à la CGT mais n’y resta que six mois et ne renouvela pas sa carte syndicale après la scission donnant naissance à Force Ouvrière. C’est en 1952 qu’il adhéra à la CFTC. Dès son adhésion, il participa à la création d’une section syndicale CFTC à la SACER. Il fut délégué du personnel et membre du comité d’établissement, de 1952 à 1980, et représentant syndical au comité central d’entreprise basé au siège social à Paris, de 1960 à 1980. Il représenta la CFDT à la SACER au plan national et assura la coordination entre toutes les sections syndicales CFDT de l’entreprise.

Outre ses responsabilités syndicales à la SACER, Jo Poché fut secrétaire du syndicat CFTC puis CFDT du Bâtiment de Segré de 1956 à 1983, secrétaire de l’Union locale de Segré de 1958 à 1970, membre du conseil fédéral CFTC du Bâtiment et Travaux Publics de 1958 à 1962. Dans ces responsabilités, il succéda à Jean Monnier lorsque celui-ci fut appelé à des responsabilités départementales. De 1954 à 1979, il fut toujours parmi les membres de la délégation CFDT dans les discussions paritaires nationales des Travaux Publics. Le 15 décembre 1954, aux côtés d’Albert Detraz, secrétaire général de la Fédération CFTC du Bâtiment, il fut signataire de la première convention collective nationale des Travaux Publics. Le 21 mars 1956, sa signature figura sur le premier avenant de cette convention concernant l’industrie routière.

Sur le plan interprofessionnel, sa fonction de secrétaire de l’Union locale de Segré l’amena à être membre du conseil de l’Union départementale, de 1956 à 1974, et du bureau de 1963 à 1974. Il intervint de nombreuses fois, tant dans les congrès nationaux de la Fédération du Bâtiment que dans ceux de l’Union départementale de Maine-et-Loire. Ses interventions portèrent principalement sur l’emploi, le droit syndical, la nécessaire autonomie syndicale vis-à-vis des partis politiques. Il fit partie de la délégation du Maine-et-Loire qui participa au congrès confédéral extraordinaire, dit de "l’évolution", en novembre 1964.

Jo Poché fut également administrateur de l’association pour l’emploi dans l’industrie et le commerce (ASSEDIC), pendant les premières années de son fonctionnement (1959-1961), et membre de la délégation CFDT au Comité d’expansion économique de Maine-et-Loire. Il adhéra, avec son épouse, à la section du Parti socialiste de Segrè, en 1974. Ils en démissionnèrent en 1979 pour des problèmes de démocratie interne. Il fut militant de l’Union des retraités CFDT de Segré et membre du conseil régional des retraités CFDT.

En 1950, Joseph Poché épousa Bernadette Bureau, couturière, fille d’un postier de Candé (Maine-et-Loire), militante de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC). Ils eurent trois fils nés en 1951, 1958, 1960. Les deux derniers, plus marqués par le militantisme des parents, s’orientèrent vers des activités engagées socialement. Le second, après avoir été président de la JOC à Angers, deviendra inspecteur du Travail. Le troisième fut aussi président de la JOC à Angers, puis président national de la JOC, après un BEP de mécanicien, il reprit des études par correspondance pendant trois ans et passa un doctorat de philosophie. Partant de ses expériences d’actions dans les cités défavorisées, il a publié deux livres sur l’exclusion.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article230112, notice POCHÉ Jo [Joseph, René, Louis, Francis, dit] par Thareaut Louis, version mise en ligne le 18 juillet 2020, dernière modification le 29 avril 2022.

Par Thareaut Louis

Joseph POCHE
Joseph POCHE

SOURCES : Arch. Dép. du Maine-et-Loire : fonds de l’Union départementale CFDT de Maine-et-Loire. — Entretien de Louis Thareaut avec Joseph Poché (1997) – Article du magazine Fil Bleu, n° 229, mai-août 2014.

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