MRAVLJAK Bogdan Božo [dit Bombi dans la Résistance]

Par Hervé Lemesle

Né le 2 août 1917 à Šoštanj (Velenje, Autriche-Hongrie, aujourd’hui Slovénie), mort le 3 avril 1942 à Maribor (Slovénie) ; employé de commerce ; militant des Jeunesses puis du Parti communiste ; volontaire en Espagne républicaine ; interné en France ; résistant en Yougoslavie.

Bogdan Mravljak à une date inconnue (Source : Šaleški leksikon, op. cit.)

Né de parents communistes en Haute-Styrie, Bogdan Mravljak suivit quatre années de lycée puis fit une école de commerce de 1931 à 1935 à Celje (Basse-Styrie) et à Ljubljana. Il fut ensuite employé d’une petite entreprise commerciale dans sa ville natale. D’abord membre de la Ligue de la jeunesse communiste de Yougoslavie (SKOJ), il fut admis en 1936 dans le Parti communiste de Yougoslavie (KPJ). Il fut chargé du Secours rouge et de l’organisation des jeunes jusqu’à son départ en Espagne.

Passé clandestinement en France par l’Autriche et la Suisse, Bogdan Mravljak arriva en Espagne le 28 septembre 1937. Il fut affecté comme son compatriote Drago Mlakar dans la 2e compagnie « Cankar » du bataillon « Đaković », intégré en février 1938 dans la 129e BI. Labud Kusovac dit Robert (1898-1967), responsable du recrutement des volontaires à Paris, adressa en janvier 1938 une lettre au chef de la censure postale à Albacete, Dragutin Gustinčič (1882-1974), dans laquelle il signalait l’inquiétude de la mère de Bogdan Mravljak, sans nouvelle depuis son départ. Il fut blessé en avril pendant la terrible offensive franquiste en Aragon, mais parvint à passer en Catalogne, où il rejoignit le bataillon « Divisionario » nouvellement créé au sein de la 45e division. Avec sa nouvelle unité, il participa à la dernière offensive républicaine sur l’Ebre jusqu’à la démobilisation des BI en octobre. Considéré comme un soldat discipliné et un agitateur potentiel auprès des jeunes, il fut admis dans le Parti communiste d’Espagne (PCE), même si l’on déplorait sa paresse et son manque d’initiative.

Après la Retirada, Bogdan Mravljak fut interné à Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), mais s’en évada et rentra en Slovénie. Après l’attaque des forces de l’Axe d’avril 1941 qui provoqua le partage de la province en deux entre les Allemands au Nord et les Italiens au Sud, il prit part à la préparation de l’insurrection armée contre l’occupant. Comme ses anciens camarades de la compagnie « Cankar », Drago Mlakar (1917-1941) et Miha Pintar dit Toledo (1913-1942), il s’illustra dans l’attaque de Šoštanj en octobre 1941, qui eut un grand retentissement car c’était la première offensive des partisans contre une garnison allemande en Slovénie. Sur ordre du Parti, il devint en janvier 1942 secrétaire du comité du district de Ljutomer en Basse Styrie. Capturé par les Allemands à Celje, il fut fusillé comme otage.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article230198, notice MRAVLJAK Bogdan Božo [dit Bombi dans la Résistance] par Hervé Lemesle, version mise en ligne le 15 juillet 2020, dernière modification le 15 juillet 2020.

Par Hervé Lemesle

Bogdan Mravljak à une date inconnue (Source : Šaleški leksikon, op. cit.)

SOURCES : RGASPI (Moscou), 545.6.1523, lettre de Robert à Gustinčič du 1er janvier 1938 ; 495.277, dossier personnel, biographie de militant du 22 mai 1938 ; 545.6.1530, caractéristique n°752 du 9 mai 1941. — Šaleški biografski leksikon [Dictionnaire biographique de Šaleš], notice du 19 décembre 2012, en ligne.

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