DUBOIS Madeleine, Jeanne, Sarah

Par Jacques Girault

Né le 28 mars 1916 à Dijon (Côte-d’Or) ; institutrice ; militante syndicaliste et communiste de l’Aube ; résistante ; conseillère municipale de Troyes.

Fille d’un entrepreneur de spectacles, sœur de Juliette Dubois, Madeleine Dubois entra à l’École normale d’institutrices de Troyes (Aube) en 1932. Elle enseigna dans diverses communes du département avant d’obtenir un poste d’institutrice en école maternelle à Troyes.
Madeleine Dubois participa, comme membre du Syndicat national des instituteurs à partir de 1935, aux diverses actions sous le Front populaire. Elle adhéra au Parti communiste en septembre 1939, après l’arrestation de sa sœur communiste. Son frère, communiste lui aussi, fut déporté.
Madeleine Dubois, en 1940-1941, fut chargée de la presse communiste clandestine sous le pseudonyme de Ginette. Entre avril 1942 et février 1943, dans l’illégalité, elle assurait la liaison à l’échelle d’une inter-région (sous le pseudonyme de Denise) dans le Doubs, la Haute-Saône, Belfort, dont le responsable était Édouard Boulanger, avec qui elle vivait maritalement à partir de 1941. En septembre 1942, agent de liaison, elle avait été affectée comme FTPF dans l’interrégion comprenant la Côte-d’Or, la Saône-et-Loire, l’Yonne et la Marne. Puis à nouveau son terrain d’action se modifia : elle devint, sous le pseudonyme de Marcelle, à Paris, agent de liaison de Marcel Hamon, responsable du service de renseignements FTPF à l’échelle nationale (Service B). Après le départ d’Hamon vers la Bretagne, elle le suivit en juin 1944 pour revenir en septembre travailler comme secrétaire à la direction nationale des FFI en liaison avec le colonel Beyer au ministère de la Guerre. En mai 1945, elle fut affectée comme rédactrice à la commission centrale de contrôle politique (CCCP) et elle reprit du service au côté de Georges Beyer* dans l’appareil clandestin du Parti localisé rue de l’Université ; le service fut dissous fin 1947. Elle fut responsable à la presse de l’Association nationale des amis des FTPF. Permanente, elle habitait Rueil et était la secrétaire de la section communiste de la localité tout en étant membre du comité de la fédération communiste de Seine-et-Oise jusqu’en octobre 1949. Elle n’avait pas été retenue pour l’école centrale de femmes en mars 1949.
Madeleine Dubois revint dans l’Aube en 1950 et reprit son poste d’institutrice d’école maternelle à Troyes. Elle devint directrice d’une école maternelle au milieu des années 1960.
Militante de l’Union des femmes françaises, elle fit immédiatement partie des bureaux de la section communiste de Troyes (et souvent de son secrétariat) et de la fédération communiste et y resta jusque dans les années 1974, après avoir été simplement membre du comité fédéral en 1970-1971. Elle fut responsable des questions d’enseignement à partir du début des années 1960. Secrétaire départementale du Mouvement de la paix au milieu des années 1950, elle devint par la suite, jusqu’au début des années 1960, secrétaire départementale de l’UFF.
Madeleine Dubois fut élue conseillère municipale minoritaire de Troyes. En 1959, elle figurait sur la liste communiste qui n’eut aucun élu. En 1965, elle figurait sur la liste « d’union démocratique et laïque pour l’avenir de Troyes » comprenant les forces de gauche. En 1971, elle conduisait une liste semblable.
Madeleine Dubois figurait en quatrième position sur la liste communiste aux élections législatives de 1956. Elle fut candidate aux élections législatives en 1962 dans la 1re circonscription (Troyes-Bar-sur-Aube). Sur 43 928 inscrits, au premier tour, elle obtint 6 185 voix et 10 952 voix le dimanche suivant. Elle fut à nouveau candidate en 1967 (8 865 puis 15 035 voix sur 44 085 inscrits), en 1968 (6 463 puis 11 951 voix sur 43 915 inscrits), en 1973 (6 739 sur 45 502 inscrits et désistement pour le candidat socialiste à la différence des scrutins précédents où elle arrivait en tête de la gauche). Elle fut candidate au conseil général dans le 3e canton de Troyes en 1955 (en deuxième position au premier tour avec 2 148 voix sur 15 616 inscrits, puis au deuxième tour, 3 633 voix), dans le canton de Chavanges en 1958 et en 1964 (205 voix sur 1 836 inscrits), puis dans le 3e canton de Troyes en 1961 où elle n’habitait pas.
Madeleine Dubois fut la secrétaire de la sous-section de Troyes du SNI au milieu des années 1960. Elle présidait aussi l’association des enseignantes d’écoles maternelles dans le département.
Retraitée, elle vivait dans un HLM de la banlieue de Paris en 1985.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23056, notice DUBOIS Madeleine, Jeanne, Sarah par Jacques Girault, version mise en ligne le 15 octobre 2013, dernière modification le 15 octobre 2013.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Arch. Dép. Aube, SC 48990 (Sylvain Boulouque). — Roger Faligot, Rémi Kauffer, Service B, Fayard, 1985.

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