BAUDOIN Claude

Par Bernard Thiery, Jean-Paul Salles

Né l 29 avril 1952 à Alger (Algérie), mort le 30 avril 2019 dans la Meuse ; syndicaliste de la chimie ; militant de la CFDT de la Meuse, membre de l’UD et de l’URI Lorraine ; un moment inquiété et emprisonné pour s’être solidarisé avec les Comités de Soldats dans les années 1970.

Il était né à Alger, dans l’Algérie alors française. Ses parents Maxime Baudoin et Henriette Baudoin-Ruiz étaient natifs de Tlemcen non loin de la frontière marocaine. Son père était dessinateur industriel et sa mère employée de bureau. À sa naissance, son père était en déplacement à Alger. Il avait six ans quand la famille retourna à Tlemcen. Il était l’aîné d’une fratrie de trois enfants. La vie à Tlemcen était paisible, les trois religions chrétienne, juive et musulmane se côtoyaient en bonne intelligence. C’est pourquoi la famille n’a pas quitté l’Algérie après les accords d’Évian du 18 mars 1962 et l’indépendance bientôt acquise. Ce n’est qu’en 1965, quand Claude avait treize ans, qu’ils durent choisir leur nationalité. En la gardant française, ils devaient s’en aller. Ils se sont alors installés à Tours (Indre-et-Loire), avec la nostalgie durable du pays natal.
Après son bac, il fit son service militaire à Verdun (Meuse) puis y trouva un emploi de laborantin dans une usine de produits chimiques située à Baleycourt, une zone industrielle de Verdun. Il adhéra à la CFDT et au Parti socialiste unifié (PSU), pour leur idéal autogestionnaire et leurs positions novatrices. Ces deux organisations prêtaient main forte aux Comités de soldats qui venaient de se constituer après l’Appel des Cent lancé entre les deux tours de l’élection présidentielle de mai 1974 par des appelés du contingent et quelques rares engagés. Ils demandaient que les droits démocratiques soient aussi respectés dans les casernes. L’engagement de Claude n’était pas mû par un antimilitarisme forcené mais par le souci de dénoncer l’embrigadement des jeunes appelés pendant leur service militaire. Ceci lui valut une inculpation pour atteinte à la Sûreté de l’État. Il a été arrêté le 6 décembre 1975 après une perquisition et détenu en prison préventive pendant trois mois, à Fleury-Mérogis puis à la Santé. Libéré fin février 1976, il sera acquitté plus tard dans le cadre du non-lieu général prononcé le 25 août 1978.
En sortant de prison, il connut le chômage, de courtes vacations dans des mairies de petits villages. C’est en 1979 qu’Il entra par concours comme rédacteur à la mairie de Commercy (Meuse). En 1976, il épousait Bernadette Bello institutrice à Commercy et militante comme lui à la CFDT et au PSU. Ils divorcèrent en 1994 mais décidèrent de repartager leur vie de 2000 jusqu’à son décès. Ils n’eurent pas d’enfants. Le fourmillement associatif des années 70 les attira : Confédération syndicale des familles, chant choral, école de musique (guitare), coopérative d’alimentation biologique, randonnées pédestres. Ils voyagèrent beaucoup dans les années 1970 et 1980 en Europe et en Algérie. Ils se firent des amis latino-américains.
Mais son engagement essentiel fut le syndicalisme. À la mairie de Commercy il créa une section du syndicat de la Fonction publique territoriale CFDT qu’il anima pendant toute sa carrière. Mais son engagement se situa aussi au niveau interprofessionnel. Il fut membre du conseil et du bureau de l’UD de la Meuse ainsi que du conseil de l’Union régionale interprofessionnelle (URI) de Lorraine. Pendant un an, il fut commissaire aux comptes pour l’URI. Il a été le secrétaire départemental d’INTERCO Meuse durant cinq mandats, ce 1986 à 2002. Il était très attaché à la défense juridique des personnels lésés, montant quantité de dossiers au tribunal administratif. À partir de 2002, il se consacra aux petites communes pour aider, comme il disait, les isolés, les oubliés, notamment lors des procédures de licenciement après une longue maladie. Il a également accordé une grande importance la formation et aux réunions régulières des différentes instances du syndicat. Les dernières élections professionnelles de décembre 2018 ont démontré la notoriété du syndicat et la force du syndicalisme de terrain.
Il est mort le 30 avril 2019, la cérémonie religieuse eut lieu le 7 mai en l’église Saint-Pantaléon de Commercy, suivie de sa crémation.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article230688, notice BAUDOIN Claude par Bernard Thiery, Jean-Paul Salles , version mise en ligne le 28 juillet 2020, dernière modification le 28 juillet 2020.

Par Bernard Thiery, Jean-Paul Salles

SOURCES : Textes et renseignements communiqués par Bernadette Bello, que nous remercions pour son aide chaleureuse. — Presse locale. — Militant meusien n° 338, avril-mai-juin 2019 (Bulletin départemental destiné aux responsables de la CFDT de la Meuse).

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