DUBOIS Willy

Par Jacques Girault

Né le 15 juillet 1912 à Boussignies-sur-Roc (Nord), mort le 17 janvier 1945 en déportation à Flossenburg ; instituteur ; militant communiste ; brigadiste pendant la guerre d’Espagne ; responsable communiste clandestin (1941-1942).

Fils d’Odilon Dubois, polisseur de marbre, frère d’Alfred Dubois*, Willy Dubois entra à l’École normale de Douai en 1928. Instituteur à Douzies (faubourg de Maubeuge), en 1931, il habitait Jeumont et participait aux activités du Cercle de jeunes de la commune, de tendances marxistes. Il effectua son service militaire dans un régiment d’artillerie motorisée à Romainville (octobre 1933-octobre 1934). Il exerça pendant deux années comme instituteur à Aulnoye, cité cheminote qui avait élu une municipalité communiste en 1935. Membre du Parti communiste, du comité de rayon, il était un des responsables des Jeunesses communistes du bassin de la Sambre. En octobre 1936, il débutait à l’école Lakanal à Lille.
Le 1er janvier 1937, il obtint un congé puisque la direction régionale du Parti communiste lui confiait la responsabilité de la section d’éducation. Il dirigea alors de nombreuses écoles de région et de sections.
Volontaire dans les Brigades internationales pendant la guerre d’Espagne, le 1er mai 1938, Dubois fut affecté à la Brigade « la Marseillaise » (14e brigade, bataillon « Commune de Paris »). Il fut blessé à la bataille de l’Ébre, les 25 et 26 juillet 1938. Il rentra en France le 30 novembre 1938. Il avait publié plusieurs articles dans la revue nationale du Syndicat des instituteurs. L’École libératrice, sur la situation espagnole. Il reprit sa classe, le 1er décembre 1938 à l’école de la rue Bohin, à Lille. Il s’était marié avec Madeleine Duvinage-Fossier, sœur du militant communiste Jean-Marie Fossier*.
Mobilisé au début de la guerre à Romainville, son épouse avait été emprisonnée en mars 1940 à Loos. Il fut, lui aussi, fait prisonnier lors de l’attaque allemande et interné au camp de Fourchambault (Nièvre) d’où il s’évada en septembre 1940.
Rentré à Marq-en-Barœul, Dubois milita alors clandestinement sous le pseudonyme d’« Émile », comme responsable politique, puis responsable à l’organisation, de secteur de l’Avesnois du Parti communiste de septembre 1941 à mai 1942. Il devint, en juin 1942, le responsable du Secours populaire dans le Pas-de-Calais. Arrêté par la police française, le 21 janvier 1943, dans la région d’Arras, il fut incarcéré à la prison Saint-Nicaise. Le « Tribunal d’État » de Douai le condamna à cinq ans de réclusion (10 ans selon des dossiers d’Eysses). Détenu à la prison de Cuincy, puis à la Santé à Paris (février 1944), enfin à la centrale d’Eysses (Lot-et-Garonne), le 12 février, sous le matricule 3227, il participa à la révolte des détenus, le 19 février 1944. Évacué sur Compiègne le 30 mai, déporté à Dachau (matricule 73.384) le 20 juin puis au kommando de Herzbruck, malade, il mourut à Flossenburg (four crématoire) le 17 janvier 1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23077, notice DUBOIS Willy par Jacques Girault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 29 octobre 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Presse syndicale. — A. Dubois, Willy Dubois, Un militant antifasciste de chez nous, Centre de documentation et de recherches pour l’Histoire sociale de Sambre-Avesnois, 1981 (avec la collaboration de P. Outteryck). — RGASPI : il y a un dossier à son nom au 495 270 3110 (pas vu). — Notes de Fabien Garrido et Claude Pennetier.

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