MOJONNET Jacques

Par Jean Belin, Justinien Raymond

Né le 2 juin 1857 à Raveau (Nièvre), mort le 20 juillet 1927 à Couvet (Suisse) ; ouvrier métallurgiste ; syndicaliste de Côte-d’Or, militant socialiste POSR ; conseiller prud’hommes de Dijon ; puis syndicaliste, coopérateur, conseiller communal et député du Parti socialiste Suisse.

Fils de Jean Mojonnet, journalier, et de Marie Allier, Jacques Mojonnet vint s’installer à Garchy (Nièvre) avec son père après le décès de sa mère en 1867. À la fin de sa scolarité, il travailla comme ouvrier en limes dans cette commune jusqu’en 1879. Après un bref séjour à Autun (Saône-et-Loire), il résida à Arnay-le-Duc après la naissance de son fils Pierre en 1880. Embauché à la Limerie Proutat Michot et Thomeret de cette ville, il assista comme délégué de la Côte-d’Or au congrès constitutif de la Fédération nationale des syndicats (FNS) et groupes corporatifs de France et des colonies qui se tint à Lyon du 11 au 16 octobre 1886. Il y représentait les ouvriers en limes d’Arnay-le-Duc (Côte-d’Or). Il vint ensuite sur Dijon en 1887. Il présida à la refondation du syndicat des ouvriers en limes de Dijon lors de l’assemblée générale le 16 décembre 1888. La chambre syndicale des ouvriers en limes de Dijon fut créée en novembre 1885 avec Victor Lardillier comme secrétaire. Elle cessa de fonctionner l’année suivante. De 1892 à 1894 au moins, Jacques Mojonnet était secrétaire de la Chambre syndicale des ouvriers métallurgistes et similaires réunis de Dijon, il succéda à Jean Claude Lapalus, le syndicat qui compta 350 adhérents à cette date était affilié à la Bourse du travail de Dijon dès sa création en mars 1893. Il fut élu conseiller prud’hommes de Dijon sur une liste présentée par la Fédération des chambres syndicales ouvrières de Dijon et de la Côte-d’Or en juillet 1891. La Fédération remporta cinq des six sièges à pourvoir dans le collège ouvrier.
Engagé politiquement, Mojonnet fut candidat aux élections municipales de Dijon d’avril 1892 sur la liste socialiste conduite par Auguste Morin-Gacon, mais non élu. Pour les élections législatives de 1893, il fut secrétaire général du comité électoral du POSR et contribua ainsi à l’élection du premier député socialiste de la Côte-d’Or, Pierre Vaux. Ce dernier fut exclu du Parti socialiste l’année suivante et Mojonnet fut chargé de communiquer cette décision du comité électoral au groupe socialiste de la chambre des députés, à la direction nationale du parti ouvrier et à la presse locale et nationale. Il fut un des organisateurs du XIIe congrès national du POSR à Dijon du 14 au 22 juillet 1894 : c’est à lui que devaient être envoyées les adhésions au congrès. Son domicile au 29 rue de la Mégisserie à Dijon était le siège (Rédaction – administration) de l’organe de la Fédération des Travailleurs Socialistes de l’Est, Le Rappel des Travailleurs au tout début de sa parution en mars 1895.
Il quitta la Côte-d’Or pour Bâle (Suisse) au début des années 1900. Il s’installa ensuite à Couvet, région de Val-de-Travers dans le canton de Neuchâtel. Embauché dans les usines de la localité, il poursuivit ses engagements syndicaux à l’Union syndicale Suisse (USS) et dans les coopératives ouvrières créées par l’USS. Il devint un des membres fondateurs du Parti socialiste de Couvet. Elu conseiller communal de sa commune de 1915 à 1924, candidat aux élections cantonales du Val-de-Travers en 1919, Jacques Mojonnet était présenté par son parti à la députation pour son canton aux élections de 1916. Elu suppléant, il occupa le poste de député titulaire après la démission de ce dernier en avril 1919.
Madeleine Geoffroy qu’il épousa le 4 novembre 1879 à Narcy (Nièvre) et avec laquelle, il eut trois fils, Pierre, François et Gabriel, mourut en octobre 1923. Très affaibli à la suite de ce décès, il rejoignit son fils François domicilié à Dinan (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) en juin 1924. Fatigué et bien malade, il retourna trois ans plus tard à Couvet pour rencontrer une dernière fois ses amis et camarades suisses et mourut en juillet 1927. Ses cendres reposent dans la tombe de sa femme au cimetière de Couvet.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article230938, notice MOJONNET Jacques par Jean Belin, Justinien Raymond, version mise en ligne le 6 août 2020, dernière modification le 4 septembre 2020.

Par Jean Belin, Justinien Raymond

SOURCES : Compte rendu du congrès de 1886. — Le Réveil des Paysans, éditions des 8 et 27 juillet, des 2 et 9 septembre 1894 — Le Cri du Peuple, éditions des 17 juin et 15 juillet 1894, Le Pays édition du 31 août 1894, BNF Gallica. — Arch. Dép. de Côte-d’Or, série 10M101. — Le Rappel des Travailleurs, 8 juillet 1894. — La Revue sociale, juillet et déc. 1891. —Arch. Municipales de Dijon, sous-série 7F. — La Sentinelle, quotidien du Parti socialiste Suisse, éditions des 29 novembre 1916, 23 avril 1919, du 19 juin 1924 et 21 juillet 1927. — Arch. Dép. de Côte-d’Or et de Saône-et-Loire, état civil, recensement de la population. — Mairie de Narcy, état civil. — Remplace la notice 83530 mise en ligne le 28 mai 2018.

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