BONHOMME Jules, Scipion

Par Gauthier Langlois

Né le 29 avril 1811 à Millau (Aveyron), mort le 20 mai 1879 à Rodez Aveyron ; cultivateur puis banquier à Millau ; publiciste ; marié avec trois enfants ; socialiste opposant au coup d’État du 2 décembre 1851, il se réfugia à Jersey.

Né du mariage de Paul Hercule Félix Bonhomme et de Rosalie Prieur, propriétaires. Il s’était marié, le 6 février 1838, à Olemps (Aveyron), avec Louise Gabrielle Pauline de Rodat, fille d’un notable aveyronnais. À cette date il se qualifiait de cultivateur. Son beau-père, Amans Antoine Pierre de Rodat, était l’un des agronomes les plus influents du département de l’Aveyron, conseiller de préfecture et chevalier de la Légion d’honneur.

Comme son beau-père, Jules-Scipion s’était investi dans l’agronomie. Il était l’un des membres fondateurs de la Société des lettres sciences et arts de l’Aveyron en 1836. Il avait publié deux mensuels : les Annales agricoles de l’Aveyron en 1844 et la Revue agricole de l’Aveyron, du Cantal et de la Lozère publiée à Rodez de 1867-1870. Il était aussi rédacteur au Courrier de l’Aveyron.

Opposant au coup d’État du 2 décembre 1851, il fut condamné par la Commission mixte Aveyron à « Algérie moins », c’est à dire à la résidence forcée en Algérie, sur les motifs suivants :

« Banquier à Millau, sa famille et celle de sa femme sont très honorables. Lui-même a de l’esprit, mais pas un bon esprit, il est mobile dans ses goûts, l’ambition l’a aveuglé, convoitant un siège de représentant à l’Assemblée nationale, il a espéré l’obtenir en se faisant, à Millau, le chef du parti socialiste, chef peut-être plus apparent que réel, comme il arrive à tous ceux qui oubliant les devoirs sociaux que leur imposent leur intelligence, leur position et l’honnêteté publique, consentent à servir par ambition une cause que toutes les idées morales doivent faire repousser. À la nouvelle des événements de décembre, le sieur Bonhomme a pris la position que ses antécédents lui imposaient, il s’est rendu dans le café servant de rendez-vous aux démagogues et tenu par le sieur Marcillac, l’un de leurs chefs. Y a préparé la formation du comité de résistance et y a donné des instructions pour que l’on se réunisse après-midi, sur une des places de la ville et que de là on aille en foule occuper l’hôtel de ville. Il a en même temps fait partir des émissaires pour Saint-Affrique, à une heure de l’après-midi, il s’est mis à la tête de la foule qui s’est rendue à l’hôtel de ville, il a dit au maire que si les autorités municipales entravaient le mouvement de résistance, on les briserait et, s’adressant à la foule pour obtenir son assentiment, il a fait répéter ces mots ""Oui, nous les briserons"". Il ne paraît pas toutefois avoir provoqué l’enfoncement de la porte de l’arsenal, mais après cet acte de violence, il a lui-même organisé les escouades et s’est mis à la tête des hommes armés pour aller proclamer, dans la ville, la résistance et y faire donner lecture d’une protestation. Il a occupé le premier rang dans le comité dit de résistance. On ne lui reproche rien qui ait été une menace directe contre les personnes ou les propriétés, sauf les paroles dites au maire et rapportées plus haut. Il semble, au contraire, qu’une fois en possession de la force, il a songé à prévenir les mouvements désordonnés de son parti et il n’a pas été d’avis de donner des munitions aux hommes armés. »

Par décision impériale du 19 juin 1852, sa peine fut commuée en expulsion. Il se réfugia à Jersey d’où il demanda sa grâce. Sa peine fut à nouveau commuée, le 29 décembre 1852, en surveillance, ce qui lui permit de rentrer en France.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article230996, notice BONHOMME Jules, Scipion par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 8 août 2020, dernière modification le 31 août 2020.

Par Gauthier Langlois

SOURCES : Benjamin Colin, Liste des proscrits de Jersey qui sont rentrés en France à la suite de demandes en grâce, s.l.n.d. [Jersey, 1853 ?]. — Henri Affre, Biographie aveyronnaise, Rodez, impr. H. de Broca, 1881, p. 63. — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Bonhomme - Jules Scipion », Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013. — Arch. privées de la famille Alavoine-Baudains, Liste établie par Eugène Alavoine après 1870. — Note de R. Gossez.

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