DUBUS Octave, Fernand

Par Yves Le Maner

Né le 17 octobre 1891 à Mareuil-Cauvert (Somme), mort le 11 mars 1943 à Amiens (Somme) ; employé de chemin de fer ; militant communiste de la Somme.

Mobilisé le 2 août 1914 au 51e régiment d’Infanterie, Octave Dubus fut blessé dès le 27 août 1914 à Stenay (Meuse) et dut subir l’ablation d’un doigt de la main droite. Placé en affectation spéciale comme cantonnier à la Compagnie des chemins de fer du Nord, il devint résolument antimilitariste et, au lendemain de la guerre, il fut l’un des fondateurs de la section de l’ARAC d’Abbeville. Révoqué pour son action pendant la grande grève des cheminots de 1920, il travailla dans des entreprises assurant la sous-traitance de la Compagnie du Nord et parvint à obtenir sa réintégration en 1925. Membre du Parti SFIO depuis 1919, il hésita lors du grand choix de 1921. Resté fidèle à la « vieille maison » dans un premier temps, il rejoignit les rangs du Parti communiste au bout de quelques mois et prit sa carte à la CGTU en 1922. Animateur de la cellule locale de Mareuil-Caubert où il résidait, Octave Dubus assista Maurice Devauchelle* à la direction du rayon d’Abbeville. Secrétaire du comité local de Mareuil-Cauvert du mouvement « Amsterdam-Pleyel », il fut délégué au congrès national de cette organisation tenu au Cirque d’Hiver de Paris en 1934. Conseiller municipal de sa commune natale depuis 1929, il en fut élu maire en 1935. Il fut candidat, sans succès, aux cantonales de 1937 à Abbeville. Démis de son mandat après qu’il ait refusé de désavouer le Pacte germano-soviétique en septembre 1939, il participa à la mise en marche du PC clandestin dans la région d’Abbeville. À partir de 1941, il assura la diffusion de tracts anti-allemands parmi les cheminots et hébergea à plusieurs reprises des résistants recherchés. Le 31 juillet 1942, il fut arrêté à son domicile par la police spéciale de Saint-Quentin et incarcéré à Amiens. Condamné à cinq ans de travaux forcés, il fut atteint d’une congestion pulmonaire pendant le très rigoureux hiver 1942-1943 et soigné à l’hôpital d’Amiens, sous surveillance policière. Très affaibli, il fut contaminé par des malades diphtériques et mourut le 11 mars 1943.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23114, notice DUBUS Octave, Fernand par Yves Le Maner, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 22 février 2021.

Par Yves Le Maner

SOURCES : Arch. Nat. F7/13020, rapport du 8 décembre 1925 et F7/13130, rapport du 26 juillet 1932. — Arch. Dép. Somme, Z 691. — Le Travailleur de Somme et Oise, 23-29 juin 1934. — Renseignements fournis par la mairie de Mareuil-Cauvert. — Lettre de Pierre Dubus, fils d’O. Dubus, en date du 12 décembre 1978.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément