HUGONNEAU-RIVAUD Jean dit l’aîné

Par Gauthier Langlois

Né le 3 ventôse an XI (22 février 1803) à Saint-Mathieu (Haute-Vienne), mort le 10 juin 1858 au même endroit ; médecin à Saint-Mathieu ; célibataire ; chef des socialistes de son canton et résistant au coup d’État du 2 décembre 1851.

Fils de Martial Hugonneau-Rivaud (1762-1810) et de Pétronille Deproges (1772-1854), il appartenait à une famille de notables d’un gros bourg rural. Son père, arpenteur et maître de forges était maire de la commune sous le 1er Empire ; sa mère était propriétaire. Jean était l’aîné des garçons de la famille. Son frère puîné Martial (1807-1888) était maître de forges, son frère cadet Jean dit le jeune était propriétaire. Jean l’aîné était considéré comme le chef des socialistes du canton.

Pour contourner les restrictions de liberté de réunion avec la loi sur les clubs mise en place par le gouvernement conservateur en 1849, il organisait, en 1850, des bals-clubs dans son village. Le bénéfice de ces bals était versé au bureau de charité de la commune.

Il fut arrêté suite au coup d’État du 2 décembre 1851. La Commission mixte de la Haute-Vienne le condamna à l’expulsion temporaire pour les motifs suivants :

« Chef du socialisme dans le canton de Saint-Matthieu. Avait depuis longtemps annoncé qu’au jour de l’insurrection, ce serait lui qui ferait sonner le tocsin ; s’est rendu le 3 décembre à Rochechouart pour être plus près des événements ; a provoqué à l’insurrection ; excite son frère à y prendre part ; indique comme lieu de rendez-vous la Croix-des-Foux pour marcher de là sur Limoges ; va à Oradour pour organiser la révolte ; retourne sans sa commune, s’y montre armé d’un fusil double ; se rend à Saint-Matthieu pour appeler aux armes. »

Peut-être se réfugia-t-il avec son frère Jean Hugonneau-Rivaud dit le jeune et son compatriote Pierre Coldeboeuf à Jersey ? En tout cas il fit comme eux une demande de grâce. Par décision impériale du 13 avril 1853 sa peine fut remise, ce qui lui permit de revenir en France.

À son décès il était qualifié de propriétaire.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article231157, notice HUGONNEAU-RIVAUD Jean dit l'aîné par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 25 août 2020, dernière modification le 11 décembre 2020.

Par Gauthier Langlois

SOURCES : La Province, 7 février 1850, 17 février 1850. — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Hugonneau-Rivaud, aîné - Jean », Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013. — Jean-François Camus, Roger Faure, Jean Pasteau, La famille Hugonneau, Amitiés Généalogiques du Limousin, Limoges, 2009.

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