DUCAMP Louis [DUCAMP Germain, Joseph, Louis]

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 10 octobre 1892 à Tartas (Landes), mort le 25 mai 1974 à Nanterre (Hauts-de-Seine) ; employé de commerce, commerçant puis employé municipal ; conseiller municipal socialiste puis communiste de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine), secrétaire de la section communiste de Suresnes à l’époque du Front populaire.

Fils d’un sellier, Louis Ducamp fut grièvement blessé à une jambe pendant la Première Guerre mondiale et déclaré invalide à 75 %. Il travailla comme employé de commerce, comme représentant avant de se mettre à son compte vers 1927. Il fut même un temps coiffeur. Son invalidité lui permit de bénéficier d’un emploi réservé dans l’administration communale à La Garenne-Colombes (Seine) vers 1930. Il travailla ensuite pour la municipalité communiste d’Ivry-sur-Seine.
Élu conseiller municipal socialiste de Suresnes, le 7 décembre 1919, sur la liste dirigée par Henri Sellier*, il adhéra au Parti communiste après le congrès de Tours (décembre 1920) et refusa de suivre le maire dans la dissidence fin 1922. Ducamp était le plus marquant des quelques conseillers qui restèrent au Parti communiste. Après être passé par les organisations socialistes-communistes, Sellier rejoignit la « vieille maison » en 1924. Pour les élections municipales de mai 1925, l’issue de l’affrontement entre la liste socialiste SFIO de Sellier et la liste communiste dont Ducamp était un des animateurs, apparaissait incertaine aux yeux des services préfectoraux (Arch. Dép. Seine, Versement 10451/76/1). En fait les socialistes obtinrent dès le premier tour plus de 2 100 voix (5 489 inscrits) contre un millier aux communistes et au second tour 2 400 voix, la liste communiste s’étant retirée. La liste animée par Louis Ducamp obtint sensiblement le même nombre de voix en mai 1929 (1 100 voix) et le double en mai 1935 (1 966 voix) mais l’écart avec la liste Sellier restait grand, les socialistes recueillant 2 750 voix en 1929 et 3 961 voix en 1935. Louis Ducamp fut candidat communiste au conseil général dans le canton de Suresnes-Nanterre en juin 1925. Il était membre du comité de rayon communiste de Suresnes en 1926. Candidat communiste au conseil général dans la troisième circonscription de Puteaux (commune de Suresnes) le 26 mai 1935, il recueillit 1 754 voix (1 784 selon l’Humanité) contre 3 451 à Henri Sellier*, conseiller sortant réélu.
Secrétaire de la section communiste de Suresnes à l’époque du Front populaire, Ducamp entretint avec Sellier, maire socialiste, des relations cordiales puis amicales. Ils collaborèrent étroitement à de nombreuses reprises, en particulier pour la célébration du « cent-cinquantième anniversaire de la Révolution française ». Lorsque Ducamp fut arrêté, Sellier veilla à fournir un emploi à une de ses filles pour sortir la famille de la gêne. Malgré son tempérament autoritaire et son attitude parfois cassante, Ducamp bénéficiait dans les milieux de la gauche suresnoise d’une grande estime.
Arrêté le 13 février 1940 pour appartenance au Parti communiste, il séjourna à la Santé et fut condamné à plusieurs années de prison. Lors de l’exode, l’évacuation à pied de la prison de la Santé fut, en raison de son infirmité, particulièrement éprouvante. Il dut son salut au dévouement de ses camarades communistes qui le portèrent sur leur dos jusqu’à la Loire. Il passa ensuite du camp de Gurs et à la centrale d’Eysses, d’où il réussit à être libéré. Repris, il obtint à nouveau sa sortie au camp de Pithiviers. Ses libérations successives ont été obtenues grâce aux interventions d’Henri Sellier*, son ancien concurrent socialiste, qui s’était également préoccupé du sort de la famille de Ducamp durant son emprisonnement.
Caché en Normandie puis à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), il entra en contact avec le Parti communiste en 1943. On lui confia des tâches clandestines et, à la Libération, des responsabilités dans la presse communiste locale.
Son retour à Suresnes en 1945 lui laissa un goût amer. Il comprit très vite qu’il était mis à l’écart. Un appel à Maurice Thorez resta vain. Il resta un simple militant jusque dans les années 1960. Il avait repris, en 1946, son emploi à Ivry-sur-Seine avec le titre de directeur du service social. De 1954 (environ) à son départ à la retraite en 1958, il occupa le poste de secrétaire général adjoint de la mairie communiste de Nanterre. Il s’éloigna dès lors du Parti communiste et fit partie, en 1964, du Comité pour la réhabilitation d’André Marty*. De plus en plus hostile à la politique du PCF et à ses formes d’organisation, il manifestait sa sympathie pour l’extrême gauche.
Louis Ducamp s’était marié à Suresnes le 29 août 1918.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23117, notice DUCAMP Louis [DUCAMP Germain, Joseph, Louis] par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 2 novembre 2018.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Dép. Seine, DM3 ; Versement 10451/76/1 ; listes électorales. — I.M.Th., renseignements fournis par Jacques Girault. — L’Humanité, 27 mai 1935. — Débat communiste, n° 23, 15 janvier 1964. — Le Conseil municipal : nos édiles, op. cit., p. 372. — B. Lafon et P. Zarka, Recherches sur l’implantation du Parti communiste français à Nanterre, mémoire de maîtrise, Paris I, 1971. — Arch. détenues par Madame Sellier-Darrieux. — Témoignage de Monsieur Michel Guillot et de la fille de Louis Ducamp.

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