DUCAT André, Joseph, Antoine

Par Jean-Noël Dutheil, Jacques Girault

Né le 10 août 1910 à Ambert (Puy-de-Dôme), mort le 14 janvier 1990 à Menton (Alpes-Maritimes) ; instituteur ; résistant ; militant syndicaliste du SNI de l’Allier ; militant communiste, maire de Castellar (Alpes-Maritimes).

André Ducat
André Ducat
Photothèque de l’IHS de l’Allier.

Fils d’un voyageur de commerce (négociant en tissus), André Ducat, élève à l’école d’Ambert puis au collège, obtint les deux parties du baccalauréat. Instituteur à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) puis à Tulle (Corrèze), il devint maître d’internat au lycée Banville de Moulins (Allier). Il fit son service militaire au 31ème Dragon à Lunéville, revint un mois à Moulins, puis partit pour le Maroc comme instituteur à Boujad à 200 kms de Casablanca). Il y resta huit ans, revint en France, fut nommé à Montaiguët en Forez (six ans), à Bressolles, puis à Moulins, école de la rue Achille Roche.

Il se maria en août 1932 à Moulins à Louise Dufloux.

André Ducat appartint au Parti communiste avant 1939. Résistant, recruté par Jean-Marie Livernais, il devint co-dirigeant d’un groupe de « résistant-sédentaires ». Il s’occupa des clandestins réfractaires au STO, parvenant à en placer 150 chez les paysans de région de Montaiguët et qui furent les premiers membres du groupe « Georges » de Marcigny (Saône et Loire). Il fut signalé comme ayant reconstitué la CGT clandestine à Moulins. Lieutenant FTPF, il participa à de nombreux coups de main sur la route de Lapalisse-au-Donjon (Allier).

À partir de 1945, Ducat milita syndicalement dans le cadre de l’interprofessionnel (métallos de Dompierre et de Bardet, verriers de Souvigny, cheminots, fondeurs de chez Chaumette, la chaussure). Il devint secrétaire de la section départementale du Syndicat national des instituteurs en 1946. Il intervint régulièrement dans les réunions des congrès nationaux et des conseils nationaux du SNI sur la question du reclassement des instituteurs (24 juillet et 27 décembre 1946), sur la culture populaire, affirmant qu’il fallait aller vers les masses et que des instituteurs soient détachés dans les départements (20 juillet 1947). Il intervint aussi dans le débat sur l’affiliation, le 23 mars 1948 demandant le maintien dans la CGT du SNI. Pour la première fois, les élections du bureau national du SNI se firent à la proportionnelle. Lors de la réunion du conseil national, le 28 décembre 1947, Ducat figurait parmi les 20 candidats de la liste « pour un syndicalisme indépendant démocratique et efficace » conduite par Paul Delanoue et ne fut pas élu, avec 254 voix. Il avait été désigné par le BN le 23 septembre 1947 pour faire partie de la commission extra-BN à mandat limité. Le 27 décembre 1949, pour l’élection du BN du SNI, il figurait en première position sur la liste « Par l’unité et l’action, nous œuvrerons à la sauvegarde de l’école, de la liberté et de la paix » et arrivait en quinzième position de la liste, avec 225 voix. Il était le secrétaire de la section départementale de la Fédération de l’Éducation nationale. Il fut membre du bureau provisoire de la section Allier de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale (9 janvier 1947).

Il manifesta ses qualités de tribun dans plusieurs rassemblements à la Libération de Moulins en septembre 1944, devant la préfecture en 1947 où le préfet Fleury envoya les CRS. Le 10 mars 1950, une manifestation partant de la salle du Pont Ginguet fut arrêtée à l’extrémité de la Place d’Allier par 400 CRS. Dans son intervention, il dénonça la provocation policière ; les CRS chargèrent et il fut victime d’un coup de crosse dans le dos. André Ducat fut membre de la commission administrative de l’UD-CGT à partir de 1948. A cette date, il organisa de manière très efficace le service juridique de l’Union Locale de Moulins dont il devint secrétaire général en 1952. Il était la bête noire du préfet Castaing qui refusait de le recevoir, craignant ses arguments. Militant de la cellule du PCF de la Madeleine, il fut membre du comité de section.

Pour des raisons de santé, André Ducat quitta l’Allier, en septembre 1952, pour habiter dans le midi de la France à Menton. Retraité, il se retira à Castellar et en devint maire de 1966 à 1983.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23120, notice DUCAT André, Joseph, Antoine par Jean-Noël Dutheil, Jacques Girault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 9 août 2021.

Par Jean-Noël Dutheil, Jacques Girault

André Ducat
André Ducat
Photothèque de l’IHS de l’Allier.

SOURCES : Arch. Dép. Allier, série W : fiche des Renseignements Généraux durant la période 1939-1945.—Arch. de l’IHS-CGT : compte rendu de congrès.— Renseignements fournis par la mairie de Castellar. — Presse départementale, Valmy, mars 1950 ; Le Patriote, septembre 1952. - Presse syndicale. - Témoignages d’Henri Raffestin, de Claudette Guillaumin, de Madame Lelong-Leger

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