PÉDINIELLI Jean, Philippe, François

Par Renaud Poulain-Argiolas

Né le 11 mars 1924 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 8 janvier 2011 à Miramas (Bouches-du-Rhône) ; cheminot ; syndicaliste CGT ; militant et élu communiste de Miramas ; résistant.

Engagé dans la marine à 17 ans
Engagé dans la marine à 17 ans

Les parents de Jean Pédinielli étaient corses, mais il n’eut pas l’occasion de grandir à leurs côtés. En effet son père quitta sa mère très tôt et cette dernière plaça leur fils dans un orphelinat.
Il était interne au lycée de Gap (Hautes-Alpes) en 1938 lorsqu’il adhéra aux Jeunesses communistes. Il en fut militant jusqu’à leur dissolution en septembre 1939 suite au pacte de non agression germano-soviétique.

En 1941, il s’engagea à dix-sept ans dans la marine nationale, gagna le Maroc, ce qui lui permit de rejoindre les Forces françaises libres de de Gaulle. Il navigua sur des bateaux de guerre, participa au sein du 1er régiment de fusiliers-marins aux débarquements en Italie, en Provence le 15 août 1944, puis à la libération du pays jusqu’en Alsace. Après la dissolution de son régiment, il embarqua sur le croiseur Tourville en direction de l’Extrême-Orient. Il fut démobilisé le 26 août 1945.

Embauché à la SNCF à Marseille en janvier 1947, il fut d’abord cantonnier-poseur à Arenc. Il adhéra à la CGT où il fut élu au comité mixte d’arrondissement et délégué de sa catégorie. Il épousa Angèle, Marie, Antoinette Rigolini, coiffeuse, puis aide-soignante, avec qui il eut trois fils et une fille entre 1949 et 1954.

Jean Pédinielli était également membre de l’UJRF. Il y resta jusqu’en 1950, ayant pour consigne de la direction d’y rester pour remédier au déclin de l’organisation. Il entra au PCF la même année. Membre du comité de section de la Section Port et Marine, il fut membre du secrétariat, responsabilité qu’il aurait exercée jusqu’à son départ pour Nîmes en 1955.

Fin mai 1952, dans un contexte de tension liée à la manifestation interdite du PCF contre la venue à Paris du général Ridgway (commandant en chef de l’OTAN) et à sa répression policière, le gouvernement répliqua en organisant l’ « affaire des pigeons » visant Jacques Duclos. Pour faire libérer le numéro 1 du parti, la CGT lança des appels à la grève nationale. Le mot d’ordre fut particulièrement suivi par les cheminots de Marseille. Au bout de trois semaines de lutte, le délégué syndical Pédinielli fut sanctionné par une mise à pied et menacé de révocation. Ses collègues poursuivirent la contestation, mettant en avant le fait qu’il était père de trois enfants, jusqu’à l’abandon du projet de sa révocation.

À partir de 1955, il exerça de nouveau à Nîmes les fonctions de membre du secrétariat de section (de Nîmes-Est), de délégué au comité mixte d’arrondissement et de délégué de sa catégorie (agent du service électrique).

Après avoir passé des examens, il devint agent de maîtrise et fut muté à Miramas en 1959. Ses nombreux déplacements professionnels et la maladie de sa femme le firent suspendre un temps ses activités militantes. En 1965, il prit la suite de Raymond Blanc au secrétariat de section du PCF de Miramas, jusqu’aux élections municipales de 1977, où il se présenta sur la liste d’Union de la gauche menée par Georges Thorrand.
À la victoire cette liste, Jean Pédinielli devint adjoint au maire en charge du personnel, de l’état civil et des pompes funèbres. C’est d’ailleurs sous sa responsabilité que furent créées les pompes funèbres municipales pour pouvoir proposer des tarifs abordables à tous les habitants de la ville.
Il fit deux mandats consécutifs aux côtés de Thorrand (jusqu’en 1989).
Il fut aussi président du conseil des parents d’élèves et délégué du personnel jusqu’à sa retraite le 10 mars 1979.

Un an après, le 10 mars 1980, on le décora de la Médaille militaire dans la salle du conseil municipal de Miramas, en présence de nombreuses personnalités militaires et civiles, dont le maire. Lors de sa prise de parole, le médaillé prononça ces mots : "J’aimerais dédier cette distinction à une certaine jeunesse : celle de mon époque. Nous étions jeunes, garçons et filles, à une époque difficile, dure et sombre. Il n’y avait plus de liberté, plus de dignité. Pour beaucoup, c’était le désarroi, pour d’autres c’était un espoir en l’avenir. Mais un espoir confus où il fallait chercher des voies, des issues. Moi, j’ai eu la chance de les trouver et d’en revenir vainqueur. Mais pour beaucoup d’autres, ce fut la mort face à l’ennemi, dans la détresse d’un camp ou face à un peloton d’exécution, quelquefois hélas composé de Français. »
Il reçut trois autres médailles en plus de celle-ci : deux Croix de guerre avec citations pour faits héroïques et une Croix du Combattant volontaire.
En 1983, il perdit sa femme des suites d’une longue maladie.
Il se remaria en 1989 et cessa toute activité militante en raison de désaccords personnels et politiques.

Son nom figure parmi les contributeurs à un ouvrage collectif paru en 2000 sur l’histoire de Miramas, Miramas à travers temps : Quand les anciens témoignent, dirigé par Séverine Justin et édité par l’association locale Vivre Notre Temps.

Incinéré après son décès, ses cendres reposent au cimetière de Miramas.

Un de ses fils, Dominique Pédinielli, conseiller municipal communiste, fit partie de l’équipe de Georges Thorrand lors de son troisième mandat, de 1995 à 2001. Patricia Fernandez-Pédinielli, maire communiste de Port-de-Bouc de 2005 à 2020, est une des filles de Dominique et donc une petite-fille de Jean Pédinielli.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article231207, notice PÉDINIELLI Jean, Philippe, François par Renaud Poulain-Argiolas, version mise en ligne le 8 novembre 2020, dernière modification le 13 février 2021.

Par Renaud Poulain-Argiolas

Engagé dans la marine à 17 ans
Engagé dans la marine à 17 ans
Jean Pedinielli avec une partie des JC de Miramas. Fête de la Mérindole (Port-de-Bouc), pendant l’été 1966 ou 1967.
Vote au conseil municipal de Miramas
Vote au conseil municipal de Miramas

SOURCES : Lettre de l’intéressé racontant son parcours militant et professionnel. — Séverine Justin (éd.), Miramas à travers temps : Quand les anciens témoignent, Association Vivre Notre Temps, 2000. — Propos recueillis auprès de son fils Dominique. — Article de La Marseillaise du 25 mars 1980. — Données du site Généanet.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément