BELLEGUIC Joseph, Louis

Par Renaud Poulain-Argiolas

Né le 28 juin 1912 à Nantes (Loire-Atlantique), mort le 15 novembre 1973 à Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône) ; charpentier-riveur ; syndicaliste ; militant communiste ; résistant.

Joseph Belleguic porta d’abord le nom de sa mère, Cléro, son père biologique ne l’ayant pas reconnu. Sa mère, Valentine, Léontine, Marie, Cléro, née à Nantes, était ouvrière de fabrique. Peu avant les 2 ans de Joseph, Louis, Joseph, Marie, Belleguic épousa la mère, donnant son nom à l’enfant. Son père d’adoption était originaire de Plouguernével (Côtes-d’Armor) ; il fut manœuvre, riveur et docker. Le petit Joseph avait une sœur qui était son aînée de trois ans et fut comme leur mère ouvrière de fabrique.

En juin 1932, il se maria à Moëlan-sur-mer (Finistère) avec Emma Marguerite Le Garrec, issue d’une fratrie de douze enfants.

Après avoir travaillé sur les chantiers de Saint-Nazaire, il fut embauché au milieu de l’année 1932 aux Chantiers et Ateliers de Provence (CAP) de Port-de-Bouc. Membre de la CGTU, il joua un rôle crucial dans le développement de la puissance syndicale dans son entreprise dans la période précédant le Front populaire.
Entre mi-mai et fin juin 1933 il entraîna les riveurs dans une suite de grèves courtes. Du fait de la place importante de leur corps de métier dans le processus de production, ces grèves furent victorieuses, permettant d’arracher des augmentations de salaire et de créer un syndicat CGTU des riveurs. A la fin de l’année 1933, il s’engagea au Parti communiste.

En juin 1935, le jeune syndicat qu’il avait contribué à créer se transforma en "Syndicat Unitaire des Métaux de Port-de-Bouc", regroupant en fait les seuls ouvriers des CAP.
À la mi-mai 1936 la structure comptait environ 300 adhérents (employés inclus), soit presque 30 % des effectifs du personnel. Suite à la réunification de la CGT et de la CGTU et aux occupations d’usines, les effectifs syndicaux passèrent à 600 personnes et ceux du Parti communiste de 10 membres à plus de 70 en quelques mois.
C’est grâce au Syndicat des Métaux que se reconstitua celui de la Chimie à l’usine Saint-Gobain. Grâce à lui encore que les ouvriers des chantiers navals se forgèrent une nouvelle image de relais des luttes au niveau local, inspirant la confiance aux autorités municipales et la crainte aux patrons.

Selon Jean Domenichino, Joseph Belleguic fut arrêté et interné en 1941, puis assigné à résidence en Bretagne. Selon des souvenirs et recherches de membres de sa famille, il fut raflé avec d’autres membres de la CGT et connut plusieurs prisons successives : probablement les camps de Saint-Paul-d’Eyjeaux (Haute-Vienne), de Gurs (Pyrénées-Atlantiques) et de Nexon (Haute-Vienne) à la fermeture du précédent.
En 1944, il retrouva Port-de-Bouc et son emploi aux CAP.

Il mourut à son domicile du 118 rue Robespierre à Port-de-Bouc.
Le site « Mémoire des Hommes » le répertorie comme membre du mouvement de résistance communiste Front national. .

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article231249, notice BELLEGUIC Joseph, Louis par Renaud Poulain-Argiolas, version mise en ligne le 13 septembre 2020, dernière modification le 18 septembre 2020.

Par Renaud Poulain-Argiolas

SOURCES : Données du site Généanet - Jean Domenichino, Une ville en chantiers : La construction navale à Port-de-Bouc, 1900-1966, Edisud, 1989 – Site Mémoire des Hommes. – Propos recueillis auprès de Francis Louis Le Garrec, un neveu, et Marie Curtet (née Le Garrec), sœur d’Emma Belleguic.

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