GALY Alphonse, Antoine

Par André Balent

Né le 8 avril 1921 à Mijanès (Ariège), mort le 26 juin 1944 à Mijanès, abattu par les Allemands stationnés à Puyvalador (Pyrénées-Orientales) ; résistant (FFI)

Alphonse Galy était le fils de Thomas, Albert Galy, cultivateur à Mijanès et de Louise, Adèle Dubuc, âgés respectivement de quarante-et-un et trente-deux ans en 1921.

Alphonse Galy était un réfractaire du STO (Service du travail obligatoire). Comme la plupart des habitants de son village, il devait travailler dans l’agriculture et l’élevage. Son village natal, bien que fréquenté par la Résistance depuis la fin de 1942, ne fut pas pendant longtemps inquiété par les forces d’occupation. Un premier maquis, de l’Armée secrète (AS), celui du Roc Blanc, point de départ d’une filière d’évasion vers l’Andorre, avait cependant été démantelé en septembre 1943.

Mijanès est un village montagnard, agro-pastoral et forestier du Donnezan, petite région historique du comté de Foix intégrée dans le département de l’Ariège. Mais située dans le bassin-versant de l’Aude, sur la rive gauche de ce cours d’eau, presque au sortir de celui-ci des Pyrénées-Orientales, les activités résistantes qui s’y développèrent furent bien davantage liées aux deux départements de l’Aude et des Pyrénées-Orientales que de l’Ariège. Le Donnezan et, en particulier Quérigut, fut une étape stratégique pour les filières de passages de documents et d’hommes vers (ou de) l’Espagne, depuis Quillan (Aude) (Voir De Volontat Raoul, Marx Charles) jusqu’à Barcelone via le Capcir et la Cerdagne (Pyrénées-Orientales) (Voir Parent André, Cayrol Antoine). Cette activité occupa beaucoup de résistants des villages du Donnezan (Voir Tichadou Lucia). Au printemps de 1944, un maquis fut formé dans la forêt de Bragues (commune de Quérigut) à l’initiative du groupe « Mohrange » de Toulouse (Haute-Garonne) (Voir Taillandier Marcel, Viadieu Achille). Ce maquis fut pris en charge par André Audebaud avec, comme adjoint, Robert Barran. C’était le seul maquis présent dans le Donnezan et donc susceptible d’accueillir, après le débarquement du 6 juin 1944, les jeunes désireux de se soustraire au STO (service du travail obligatoire). Considéré comme FFI (SHD de Caen), Galy ne pouvait être en contact qu’avec ce maquis.

Le 26 juin 1944, des Allemands, une cinquantaine d’après les témoins, arrivèrent à Mijanès. Ce jour-là, ainsi que le président du comité de Libération de Quérigut l’indiqua au préfet de l’Ariège dans un courrier du 30 octobre 1944, Alphonse Galy a été tué par eux alors qu’il s’enfuyait dans la montagne avec d’autres jeunes réfractaires du STO. Un procès verbal de la gendarmerie de Quérigut du 19 décembre 1944 consigna le témoignage d’un jeune manœuvre qui expliqua que vers 7 heures 30 du matin, Galy l’avait informé de la présence allemande à Mijanès et qu’il était temps de partir. Dans sa fuite, il était accompagné par le jeune Juif Simon Goldblum, réfugié à Mijanès avec son père Abraham. Courant à travers champs, ils se trouvaient au lieu-dit La Counque lorsque Galy fut atteint par une balle explosive tirée par un des Allemands qui les poursuivaient.
Simon Goldblum qui était resté à ses côtés fut capturé.

La famille Goldblum s’était réfugiée à Perpignan (Pyrénées-Orientales) en 1940. À la fin de 1940, la mère et les deux filles furent arrêtées par la police dans cette ville et internées (à Rivesaltes, sans doute). Le père, Abraham, né le 15 avril 1891 et les deux fils, Salomon et Simon, purent trouver un refuge dans le petit village, supposé « isolé » de Mijanès. Salomon avait été arrêté le 15 mars 1944 et déporté. Le 26 juin Abraham sortit de sa cachette et demanda à prendre la place de son fils, déjà capturé par les Allemands. Il fut lui aussi arrêté. Abraham et Simon périrent en déportation.

Il y a un dossier à son nom (non consulté) au Service historique de la défense à Caen (Calvados) avec la cote 21 P 188 627. Au SHD de Vincennes (cote non consultée GR 16 P 241035), il est indiqué de façon erronnée sur le site Mémoire des Hommes qu’Alphonse Galy est né le 8 avril 1881. Les archives du fonds Delpla aux ADA mentionne Galy dans ses listes de fusillés sans donner de détails. Dans son ouvrage posthume, à la p. 91, il mentionne l’arrestation du père et du fils Goldblum sans évoquer l’arrestation de Galy. Il en parle, sans le nommer, à la p. 435 où il indique que « les Allemands tuent un maquisards » à Mijanès.

Les archives de la brigade de gendarmerie de Mijanès furent détruites en juin 1944. Le 12 janvier 1964, cette brigade envoya, après enquête, un rapport sur l’activité des maquis dans le Donezan. Dans ce document, il est dit qu’Alphonse Galy fut tué par des soldats allemands affectés à la garde du barrage hydroélectrique de Puyvalador, dans le Capcir voisin (Pyrénées-Orientales).

Le nom d’Alphonse Galy figure sur le monument aux morts de Mijanès. Une stèle fut édifiée en 1945 sur le lieu où il trouva la mort. Elle porte l’inscription ; « Alphonse Galy 23 ans tué par les Allemands le 26 juin 1944 Priez pour lui ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article231359, notice GALY Alphonse, Antoine par André Balent, version mise en ligne le 22 août 2020, dernière modification le 10 mars 2021.

Par André Balent

SOURCES : Arch. dép. Ariège, 4 E 5622, état civil de Mijanès, 1921, acte de naissance d’Alphonse Galy ; 64 J 23, fonds Claude Delpla, listes de résistants exécutés ou morts en action de combat ; 64 J 203, rapports divers de gendarmerie rassemblés par Claude Delpla ou notes manuscrites à partir de rapports. — Claude Delpla, La libération de l’Ariège, postface d’Isabelle Delpla, Toulouse, Le Pas d’oiseau, 2019, 514 p. [p. 91 et 435]. — Site MemorialGenWeb, consulté le 21 août 2020. — Site patrimoine.laregion.fr consulté le 21 août 2020.

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