DUCHESNE Louis

Par Pierre Vincent

Né le 10 octobre 1906 à Fontaines (Saône-et-Loire), mort le 28 novembre 1995 à Saint-Étienne (Loire) ; surveillant de service électrique ; secrétaire du secteur des cheminots CGT de Saint-Étienne (1954-1962) ; militant communiste.

Fils de Marie Velard, journalière (la déclaration est faite par la sage-femme et l’instituteur), Louis fut légitimé par le mariage de sa mère avec François Duchesne le 25 avril 1914. Louis Duchesne apprit presque seul à lire et à écrire pendant la Première Guerre mondiale. Il perdit ses parents durant l’enfance (père gazé 100%, mère morte de la grippe espagnole). Il fut placé chez des paysans jusqu’à vingt ans. Suivant son dossier du personnel (SNCF), il vécut « chez ses parents » entre 1922 et 1926, puis à nouveau au retour de l’armée. À l’âge de dix-huit ans, il se passionna pour la musique et commença à étudier le solfège et à jouer du saxophone. Il partit au service militaire, au 18e bataillon de chasseurs, en novembre 1926 et fut libéré en avril 1928. Il travailla comme homme d’équipe à l’essai en gare de Dijon (Côte-d’Or) à partir de juin 1929, puis entra au cadre permanent en novembre 1929. Son premier emploi au chemin de fer consista à annoncer les correspondances des trains. Il réussit un examen de surveillant au service électrique et fut nommé à Saint-Étienne (Loire) en août 1938 ; il y fit toute sa carrière jusqu’à sa retraite en janvier 1962, qu’il prit au grade de surveillant principal. Premier prix de saxophone, il avait créé une école de musique en gare de Saint-Étienne-Châteaucreux et fonda un orchestre de variétés.

Mobilisé à la déclaration de la guerre dans les rangs de chasseurs alpins, démobilisé, il regagna la région stéphanoise où, peu connu de la population et des forces de l’ordre, il fut chargé d’infiltrer le syndicat unique mis en place par Vichy. Il organisa en même temps la CGT clandestine et adhéra au Parti communiste. Il aida également à soustraire aux contrôles des jeunes en partance pour le maquis. La CGT le désigna pour être son représentant au Comité départemental de Libération de la Loire. Il fut mis en disponibilité de septembre 1945 à novembre 1949, d’abord au titre de membre permanent et secrétaire de la commission de reconstruction économique de la Loire, puis en tant que délégué départemental du Var au ministère de la Reconstruction et de l’urbanisme.

Secrétaire du syndicat CGT des cheminots, il devint secrétaire du secteur fédéral en 1953, succédant à Louis Eymery. Il fut élu délégué du 4e degré en mai 1955 au titre de l’Union Sud-Est, et fut réélu en août 1957 et en août 1959. Après sa retraite, il continua à militer dans les organismes syndicaux.

Militant communiste , Louis Duchesne occupa des responsabilités au comité fédéral dès 1953 et jusqu’en 1968 au moins. Il fut, pendant de longues années, président départemental du syndicat des locataires. De 1977 à 1983, il fut conseiller municipal à Saint-Étienne. Ses compétences en matière de logement social étant reconnues, il devint président de l’Office HLM. Une rue de Saint-Étienne porte son nom.

Louis Duchesne s’était marié en octobre 1929 avec Émilie Deloux, puis avait divorcé. Il s’était remarié en octobre 1947 avec France Albert, fonctionnaire puis, à partir de 1958, salariée de la Société de secours minière de la Loire. Père d’une fille de son premier mariage, née en 1930, il eut deux autres enfants en 1948 et en 1953.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23152, notice DUCHESNE Louis par Pierre Vincent, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 15 mars 2010.

Par Pierre Vincent

SOURCES : Arch. SNCF de Béziers. — Arch. Fédération CGT des cheminots. — Comités fédéraux du PCF. — Notes de Jean-Michel Steiner, Jean-Pierre Bonnet et de Marie-Louise Goergen. — Renseignements communiqués par Roger Fiasson. — État civil.

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