DUCOURNEAU André

Par Jacques Girault, Julien Veyret

Né le 8 février 1894 à Cenon (Gironde) ; professeur technique adjoint ; militant du SPET puis du SNET.

Fils de Léon Ducourneau camionneur, et de Jeanne Rabié, sans profession, André Ducourneau fut mobilisé en septembre 1914 dans le 1e Groupe d’artillerie de campagne puis passa, en janvier 1915, dans le 1er régiment de Zouaves, devenu le 1er régiment de zouaves et tirailleurs. Blessé le 20 mars 1916 à la bataille de Verdun à Cumières, il revint au front dans le 7e régiment de tirailleurs et fut à nouveau blessé lors de la seconde bataille de Verdun au bois de Caurières à Bezonceaux, le 18 mars 1918.

Il se maria avec Marie Bastide en août 1918 à Bordeaux, où il était affecté après sa seconde blessure et eut un enfant. Sa démobilisation intervint en septembre 1919, au grade de caporal.

Mécanicien-monteur à Marseille depuis octobre 1921, puis ouvrier modeleur aux ateliers Paulet, il était, sous le pseudonyme « Fernand », un membre influent du groupe de l’Union anarchiste, qui se réunissait au bar Bruno, 1 place du marché des Capucins. On appréciait ses causeries et il collaborait en 1922 à Terre Libre, organe de la Fédération anarchiste de la région Sud.

André Ducourneau devint professeur de modelage au centre de formation sous l’égide du syndicat des mécaniciens, rue de Courcelles à Paris. Recruté comme contremaître à l’école pratique de commerce et d’industrie municipale de Puteaux (Seine) en 1924, enseignant le modelage et la mécanique, il resta dans l’établissement nationalisé en 1926 et y devint professeur technique adjoint en 1934.

Secrétaire du syndicat du personnel des ateliers en 1934 à Puteaux, il devint membre du bureau national du Syndicat (unifié) de l’Enseignement technique en 1936-1937. Secrétaire de la section B en 1937-1938, il démissionna à la suite de divergences de vues avec certains ouvriers instructeurs des écoles nationales professionnelles et ne se représenta pas au congrès de 1938. En parallèle, secrétaire de la 10e région du syndicat en 1936, il fut délégué titulaire au Comité d’avancement au titre des PTA, contremaîtres et maîtresses d’ateliers titularisés. Il était aussi membre du conseil d’administration de la Mutuelle-décès du personnel des ateliers des écoles publiques d’enseignement technique en 1938.

Démissionnaire d’office le 5 décembre 1941 après avoir été dénoncé comme franc-maçon, ce qu’il nia, il fut admis à faire valoir ses droits à la retraite. En août 1943, l’administration le réintégra pour deux ans à l’école professionnelle Dorian à Paris.

Après la guerre, André Ducourneau redevint membre du bureau national du nouveau Syndicat national de l’enseignement technique en 1946, comme secrétaire de la section B. À ce titre, il participa à la commission de la carte scolaire, et fut élu en 1946 (958 voix sur 1141 inscrits) titulaire au Conseil de l’Enseignement technique au titre des PTA, contremaîtres titularisés des écoles nationales professionnelle, des Écoles nationales des Arts et Métiers et des collèges techniques, des sections des collèges et des sections professionnelles des cours complémentaires de garçons. Titulaire au Conseil supérieur de l’Education nationale, il siégea à partir de 1945 au Comité consultatif pour les collèges techniques et fut élu, en 1948, titulaire à la commission administrative paritaire nationale des PTA.

Il signa la motion unanime de la CA du SNET pour le maintien de l’unité le 24 décembre 1947. Il figura parmi les premiers signataires de la lettre de la liste "cégétiste" à la suite de la fin des congrès régionaux de 1948, intitulée "Pour l’unité du SNET", mettant en valeur le nombre égal de voix pour le maintien dans la CGT et pour l’autonomie. Il était double affilié à la FEN-CGT et fit partie de sa commission exécutive en 1949.

Devenu chef de travaux au collège technique d’Amboise (Indre-et-Loire) en 1948-1949, André Ducourneau fut nommé professeur technique d’école nationale professionnelle détaché auprès de l’inspection principale de l’Enseignement technique de Bordeaux (Gironde) en 1949. Professeur au centre d’apprentissage de Libourne (Gironde) en 1949, il fut affecté à titre provisoire comme directeur de ce centre en mars 1953 où il resta jusqu’à sa retraite en 1959.

André Ducourneau, divorcé, se remaria en juin 1956 à Bordeaux.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23173, notice DUCOURNEAU André par Jacques Girault, Julien Veyret, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 29 décembre 2019.

Par Jacques Girault, Julien Veyret

SOURCES : Arch. Nat., F/17 27090. — Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, 4 M 2423 et Gironde (état civil et registres matricule, 1R 1522). — Arch. IRHSES (Fonds Ph. Rabier, Le Travailleur de l’enseignement technique). — Dictionnaire des anarchistes (Thierry Bertrand et Françoise Fontanelli). — Notes d’Alain Dalançon.

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