MÉTAIS Maurice, Louis, Gaston

Par Jean-Marie Guillon

Né le 15 janvier 1906 à Saurais (Deux-Sèvres), abattu le 7 décembre 1943 à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde) ; gendarme ; sympathisant de la Résistance.

Maurice Métais

Fils de Léon Métais, maçon, et d’Augustine Gris, lingère, marié le 16 avril 1928 avec Fernande Jozereau, Maurice Métais était gendarme à Sainte-Foy-la-Grande. Il fut abattu dans le bureau de la brigade avec le gendarme René Barraud dans la nuit du 6 au 7 décembre 1943 par une équipe de la 8e compagnie du 3e régiment de la Division Brandebourg venue d’Arcachon (Gironde). Cette équipe de cinq Français – Yves Bossy, Jacques Mouton, René Cot, Jacques Ronzier, Fernand Cogrel – serait venue de sa propre initiative pour venger l’exécution par des résistants habillés en gendarmes de Roger Verdier, membre des Amis de l’Action française et du Parti populaire français (PPF), délégué à la propagande, informateur des Allemands et responsable de plusieurs opérations dans le secteur. Il avait été abattu, le 3 décembre, dans une clinique des environs de Bordeaux (Gironde) avec sa femme et sa belle-sœur, après avoir réchappé à un attentat deux jours auparavant. Ces Brandebourg faisaient partie de la 1e section commandée par le lieutenant Demetrio qui s’étaient installée à Castillon-sur-Dordogne (Castillon-la-Bataille, Gironde) le 10 octobre 1943 afin d’infiltrer les organisations de Résistance et de les démanteler. Cette unité spéciale – improprement assimilée aux Waffen SS - dépendait de la Wehrmacht et instruisait alors ses recrues dans les Pyrénées-Atlantiques. Demetrio était renseigné en particulier par Verdier, châtelain de Riocaud, neveu du cardinal, archevêque de Paris (mort en 1940). Sa section était restée à Castillon jusqu’au 28 novembre après avoir opéré avec les Feldgendarmes qui les accompagnaient de nombreuses arrestations, avoir saisi plusieurs dépôts d’armes parachutées et tué au moins deux résistants. Les Brandebourg étaient arrivés à 2 heures 40 du matin soi-disant pour recueillir des renseignements, réveillant les cinq gendarmes qui se trouvaient à la brigade. Vers 3 heures 15, l’un des Brandebourg, qui aurait été Jacques Ronzier, tira à la mitraillette sur les gendarmes, tuant donc Métais de six balles et Barraud de huit, blessant le gendarme Peleuse et le chef Castets. Seul le chef de brigade, l’adjudant Pradier, put s’échapper. En partant, les Brandebourg laissèrent un bout de papier avec « En mémoire de Verdier ». Ils considéraient que la brigade de Sainte-Foy était de sympathie résistante et complice des meurtriers de Verdier. Ce crime souleva une grande émotion tant dans la population que chez les autorités, confrontées pour la première fois à une affaire de ce genre. Dès le lendemain, officiers supérieurs de la gendarmerie, préfet et sous-préfet vinrent à Sainte-Foy, rejoints ensuite par des policiers allemands. Aucune sanction ne fut prise contre les assassins, même si Cogrel et Ronzier furent plusieurs mois plus tard exécutés à Pont-Saint-Esprit (Gard) par leurs chefs allemands. Rien n’indique que cette liquidation soit directement liée au crime de Sainte-Foy. Les obsèques des gendarmes eurent lieu le 9 décembre en présence du général, commandant la gendarmerie, du préfet et d’une foule considérable.
Maurice Métais fut reconnu « Mort pour la France ». Son nom figure sur le monument aux morts de Sainte-Foy et Pineuilh (Gironde). Une plaque commémorative fut apposée sur la gendarmerie de Sainte-Foy.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article231743, notice MÉTAIS Maurice, Louis, Gaston par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 3 septembre 2020, dernière modification le 3 septembre 2020.

Par Jean-Marie Guillon

Maurice Métais

SOURCES : SHD GR 28 P 7 220 (interrogatoire Roglin 27 juillet 1945). ⎯ Arch. justice militaire, tribunal militaire de Bordeaux 24 novembre 1953 (dossier Frahi, Bossy, Roglin, etc., rapports de police, tableau des arrestations et des meurtres dans la région de Bordeaux). ⎯ Arch. dép. Bouches-du-Rhône 62 W 451 (dossier Battifredo, interrogatoire Lamblin). ⎯ Site internet Mémoire des hommes SHD Caen AC 21 P 99841. ⎯ site internet paysfoyen.canalblog.com/archives/2010/02/11. ⎯Jean-Marie Guillon et Guillaume Vieira, « La 8e compagnie de la Division Brandebourg. Une pièce essentielle et méconnue de la lutte contre la Résistance », Provence historique fascicule 252, avril-juin 2013, p. 195-212. ⎯ Olivier Pigoreau, Sanglante randonnée. Les Français de la division « Brandebourg » et des formations de chasse SS, Paris, Histoire & Collections, 2013. ⎯ état civil.

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