Jacou (Hérault), 24 août 1944.

Par Helene Chaubin

Dans leur retraite vers la vallée du Rhône, des colonnes allemandes ont approché Montpellier les 24 et 25 août 1944. Attendues par les hommes du maquis Bir Hakeim fort d’environ 900 hommes, elles n’ont pu éviter l’affrontement à Montferrier le 25 août, mais elles n’ont pas pénétré dans la ville. La veille de la bataille de Montferrier, le 24 août, elles ont pris et fusillé cinq otages à Jacou, petite localité située à une dizaine de km au nord de Montpellier.

Il s’agissait de soldats allemands appartenant à l’arrière-garde de la Onzième division blindée : ce convoi de véhicules blindés légers venu du Limousin avait traversé l’Aveyron et empruntait les routes secondaires sous le couvert des platanes pour ne pas être repéré par les avions alliés. Ainsi arriva-t-il vers 18h au carrefour de Fescau près du petit village de Jacou. Un camion, portant la marque des FFI , se heurta à cette arrière-garde ; les deux occupants André Thibal et Pierre Sutra qui étaient des FTP abandonnèrent le camion, cherchant à fuir mais les Allemands qui avaient trouvé un fusil-mitrailleur et une bande de balles dans le véhicule les retrouvèrent. Ils interceptèrent également quatre cyclistes, des ouvriers qui venaient de quitter leur lieu de travail, l’usine « La concentration industrielle de Jacou » où on produisait du sucre et des moûts à partir de concentrés de raisin. Les six Français avaient sur eux un permis de conduire, ce qui les rendit tous suspects.

Ils furent torturés, puis, à 20 heures, exécutés au carrefour de Fescau. Les 6 corps furent abandonnés dans un fossé et recouverts de fumier.
Une stèle, sur ce lieu commémore ce tragique événement.

Le ouvriers victimes de ces crimes étaient Jean Coste de Montferrier, René Guérin de saint Christol, Pierre Sutra de Montpellier, André Thiball de Castelnau, Charbonnel et le chauffeur du camion, Louis Long de Montpellier. Les 6 hommes furent fusillés sur place contre le mur d’un bâtiment.
Une stèle rappelle ce drame. Elle porte leurs noms accompagnés de cette inscription
lâchement assassinés par les Boches le 24 août 1944. Deux d’entre eux étaient des résistants FTP les quatre autres des civils, victimes d’exécution arbitraire : le plus âgé, Marius, Gabriel Coste, était né en 1900 ; le plus jeune, Louis Long en 1911 ; les deux autres , René Jacques Guérin et Charbonnel (prénom inconnu) respectivement en 1906 et 1907

Les deux résistants ont été fusillés sans doute sans avoir été identifiés :

Pierre Sutra, né le 7 juin 1905 à Murles (Hérault)
André Thibal né le 19 décembre 1906 à Montpellier

Ils ont reçu le titre "Mort pour la France".
Chaque année, une cérémonie commémorative rassemble sur le lieu même du drame des représentants des anciens combattants et des membres des familles de certains des fusillés.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article231802, notice Jacou (Hérault), 24 août 1944. par Helene Chaubin, version mise en ligne le 22 novembre 2020, dernière modification le 26 juillet 2021.

Par Helene Chaubin

Arch.dép. Hérault 356W120, la Libération dans l’Hérault. — Olivier de Labrusse, Le passage des troupes allemandes à Jacou 24 et 25 août 1944, Études héraultaises, n°48, 2017,. — Midi Libre, 1er septembre 2013. Montferrier-sur-Lez, hommage aux six fusillés,— Hélène Chaubin, L’Hérault dans la guerre, 1939-1945. —Site internet de la commune de Montferrier sur Lez. — Memorial Gen Web consulté le 6 septembre 2020.

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