MOUGNÈRES Jean, Marc

Par Audrey Galicy

Né le 3 avril 1921 à Pissos (Landes), exécuté sommairement le 6 juillet 1944 au Champ de tir du Pont-Long à Pau (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques) ; ouvrier maréchal-ferrant ; résistant du Corps Franc Pommiès (CFP), Organisation de Résistance de l’Armée (ORA).

Marc Mougnères était le fils de Louis, maréchal-ferrant, et de Marie-Louise Dailleau, ménagère. Ouvrier maréchal-ferrant aux côtés de son père, il résidait à Labouheyre dans les Landes. Il s’engagea dans la Résistance et rejoignit la Brigade Carnot.
Il se trouvait à Portet (Basses-Pyrénées) en juin 1944, en compagnie de 180 camarades, anciens militaires ou hommes recrutés dans le secteur. Le chef du détachement, Jean de Milleret (« Carnot »), chef FFI des Landes, s’était installé dans la région avec son état-major, la section de commandement, la section destructions de Robert Vaxelaire, la section d’Emile Dupuy, la compagnie Maulvaux et la section auto. A Portet, les hommes logeaient dans les granges, les maisons, les hangars. Selon les témoignages de Pierre Langlade, frère d’un jeune résistant et d’Albert Sturni, jeune alsacien de la brigade, l’indiscipline et le désordre régnaient au sein du groupe Carnot. La plupart des hommes étaient jeunes et sans formation militaire.
Les 1er et 2 juillet, De Milleret fut informé d’une attaque possible des troupes allemandes. Il lui fut alors fortement conseillé de changer de cantonnement et de répartir ses hommes, trop nombreux à Portet. La décision de quitter le cantonnement fut prise le 2 juillet au soir. Le lendemain, lundi 3 juillet 1944, à 4h00 du matin, un important détachement allemand lourdement armé et parfaitement renseigné, encercla et isola le village. Vers 6h00, les allemands lancèrent l’attaque. Pour les maquisards, aucune solution de repli n’était possible. Le résistant Henri Lafargue témoigna : « La lutte fut héroïque, tous firent preuve d’un grand patriotisme. » Mais le combat tourna à l’avantage des allemands. La plupart des maquisards s’enfuirent ou se cachèrent dans les bois. L’attaque à Portet fut violente et le bilan matériel et humain particulièrement lourd. Neuf maisons furent incendiées, 5 civils et 15 résistants furent tués lors du combat. Une quarantaine de résistants dont Marc Mougnères furent arrêtés, chargés dans des camions, « torse nu, debout, liés à deux dos à dos ».
Enfermés et torturés dans les prisons de la caserne Bernadotte à Pau, ils furent fusillés au champ de tir du Pont-Long, le 6 juillet sur ordre du commandant allemand. Les corps furent jetés dans une fosse.
M. Larquier, agriculteur au Pont-Long témoigna : « Le 6 juillet 1944, 2 ou 3 camions arrivent au champ de tir vers midi. Des prisonniers français en descendent. Je fauchais du foin aidé par ma femme. Un officier allemand s’avance vers nous et nous ordonne de rentrer dans notre maison et d’y rester jusqu’à 15 :00. Ce que nous faisons. Nous avons entendu des rafales de mitrailleuses à cadence assez lente. Elles ont duré longtemps. »
Les fosses furent découvertes le 25 août 1944, les corps furent déterrés par des prisonniers allemands et des miliciens ayant participé au massacre. Ces derniers auraient enterré les corps dans les fosses. « Ils sont restés au champ de tir jusqu’à 19h00 environ et ont rejoint leur camion en riant et en chantant » selon un témoin.
Marc Mougnères fut identifié :
« - taille 167, chev, ch. m.
- pantalon kaki arme, chemisette marron, brodequins armée, ceinturon armée,
- sans papiers
IDENTIFIE : MOUNIERES MARC »
Marc Mougnères fut inhumé au carré militaire de Labouheyre (Landes)
Il obtint la mention « Mort pour la France ». Son nom figure sur le monument aux morts de Labouheyre, sur monument commémoratif de Portet, sur le mémorial du CFP à Castelnau-Magnoac (Hautes-Pyrénées). Enfin, une rue de Labouheyre porte son nom.



Voir Pau (Basses-Pyrénées, actuellement Pyrénées-Atlantiques), champ de tir du Pont-Long, 6 juillet - août 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article231805, notice MOUGNÈRES Jean, Marc par Audrey Galicy, version mise en ligne le 6 septembre 2020, dernière modification le 22 juin 2022.

Par Audrey Galicy

SOURCES : Archives des Landes. — Geneanet. — MémorialGenWeb. — Mémoire des Hommes. — CERONI, Marcel Corps Franc Pommiès. Tome 1-2 ; La lutte ouverte, Amicale du Franc Pommiès, 2007. — POMMIES Jean-André, Le Corps Franc Pommiès, une armée dans la résistance, Editions Privat, 2014, 511p.

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