DÉPRÈS Georges

Par Jean Belin, Jean Louis Ponnavoy

Né le 8 octobre 1893 à Dijon (Côte-d’Or), mort le 26 mai 1995 à Dijon ; cordonnier puis employé du gaz à Dijon ; syndicaliste CGT de Côte-d’Or puis de FO après la scission ; dirigeant de l’UD CGT confédérée de Côte-d’Or ; gérant du journal et membre de la direction de la Fédération « légale » de l’Éclairage pendant la durée de la guerre.

Fils de Nicolas Déprès, cordonnier et de Marie Héloïse Mugnier, cuisinière, Georges Déprès exerça, pendant un certain temps la profession de cordonnier comme son père. Incorporé en décembre 1913, il fut mobilisé d’août 1914 à mai 1916. Il fut réformé suite à une blessure par balle au visage sur le Front dans la Meuse. Il reçu la médaille militaire de la guerre de 1914-1918. A son retour sur Dijon, il était embauché comme encaisseur à la compagnie du Gaz de Dijon (Côte-d’Or). Georges Déprès fut, du 7 octobre 1925 à 1936 au moins, secrétaire du syndicat CGT de l’éclairage et force motrice de Dijon, succédant à Gustave Chauvelot. Il était trésorier adjoint de l’Union Départementale confédérée en mai 1922 au 1er congrès après la scission. Il était également trésorier et membre du conseil d’administration de la Bourse du travail en décembre 1927, puis réélu de décembre 1936 à février 1940. Il fut secrétaire général de l’UD confédérée d’octobre 1932 au 20e congrès du 11 mars 1934, succédant à Félix Bardollet.
Il avait succédé à Gustave Chauvelot au comité de la Fédération CGT de l’Éclairage depuis son XIe congrès (Paris, 1930) et fut réélu aux congrès suivants en 1936 et 1937. Il fut élu secrétaire général adjoint du comité de la Compagnie Gaz et Eaux, nouvellement formé à l’issue des réunions tenues les 25 et 26 septembre 1937, et y fut proche ensuite, selon le témoignage de Lucien Barthes rapporté par B. Weiss, de Gabriel Borie et Clément Delsol. Avec ces militants, il signa dans Syndicats du 25 octobre 1939 une pétition demandant aux secrétaires fédéraux de la CGT de désavouer le Pacte germano-soviétique.
En Côte-d’Or, il était parmi les militants confédérés, avec les frères Emile et Félix Bardollet, Léon Seux, Eugène Belli, Marcel Petit qui firent la chasse aux militants unitaires et communistes des instances de la CGT en Côte-d’Or. Lors de la réunion de la commission administrative de l’UD du 29 septembre 1939, il se prononça avec ses camarades majoritaires de la tendance confédérée pour l’exclusion de la CA des cinq militants de la tendance unitaire, pour la plupart communistes. Ces derniers furent mis en demeure de désavouer le pacte Germano-Soviétique sous peine d’exclusion, ce qu’ils refusèrent.
Georges Déprès participa jusqu’à la fin de la guerre à la direction de la Fédération « légale » de l’Éclairage dirigée par Clément Delsol et fut gérant de son journal. En 1941, il déplora que, alors que « le gouvernement prêche la collaboration entre ouvriers et patrons, ceux-ci font l’inverse ». En septembre 1944, il ne fut pas réélu au comité fédéral. Après la scission de décembre 1947, il démissionna de la CGT pour rejoindre le groupe des amis de Force Ouvrière animé par Henry Aigueperse. Il fut élu secrétaire général adjoint le 28 janvier 1948 du syndicat FO de l’énergie électrique et du gaz du centre de Dijon.
Marié une 1ère fois en 1913, veuf, il se remaria en 1937, divorcé, puis remarié à Dijon le 7 décembre 1957 avec Marthe Champin. Il était domicilié au 177 rue d’Auxonne à Dijon en 1948.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article231836, notice DÉPRÈS Georges par Jean Belin, Jean Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 7 septembre 2020, dernière modification le 7 septembre 2020.

Par Jean Belin, Jean Louis Ponnavoy

SOURCES : Éclairage et Force motrice, mai 1936, septembre-décembre 1937. — B. Weiss, La Fédération légale de l’Éclairage CGT (1936-1944), mémoire de maîtrise, Paris VII, 1995. — R. Gaudy, Les porteurs d’énergie, Paris, Temps actuels, 1982. — Témoignage de Gabriel Lejard, Arch. IHS CGT Côte-d’Or. — Arch. municipales Dijon, série 7 F 2. — Arch. Dép. de Côte-d’Or, fiche de recrutement militaire et état civil. — Remplace la notice 147859 mise en ligne le 6 juin 2017.

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