REY Gilbert, Lucien, Henri

Par Jean Belin

Né le 15 septembre 1920 à Auxonne (Côte-d’Or) ; cadre des PTT ; syndicaliste CGT de la Côte-d’Or, membre de la direction de l’U.D. et de la C.E. de la Fédération des PTT ; militant communiste ; résistant au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Fils de Jules, Marius, Lucien Rey, jardinier et de Mélanie, Anaïs Saunié, sans profession, Gilbert Rey s’engagea après la fin de ses études secondaires comme volontaire dans l’armée du 5 décembre 1938 au 5 février 1941. Il se retira ensuite à Athée (Côte-d’Or) pour être embauché comme auxiliaire aux PTT. Il s’engagea dans la Résistance au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI) le 21 juin 1944. Blessé par balle à la jambe gauche au cours d’un combat le 10 septembre 1944 à Pointre (Jura), il fut hospitalisé à Auxonne.
Reçu au concours de contrôleur des PTT, Gilbert Rey fut nommé à Dijon chèques après la guerre, puis promu inspecteur à la suite d’un nouveau concours à Nevers Gare. Il revint ensuite par mutation à Dijon Chèques. Il prit sa carte à la CGT à la fin de 1944 et fut secrétaire général de la 10ème région du syndicat CGT des PTT de Bourgogne Franche-Comté de 1949 à 1969, il succéda à André Mouffron. Avec Georges Bonnaire, François Dejour, Marcel Monat et d’autres militants du syndicat, il dut faire face aux manœuvres scissionnistes du groupe des amis de Force Ouvrière animé par Henry Aigueperse et Paul Garcenot, secrétaire du syndicat. Ce dernier fut mis en cause par les membres de la commission exécutive et du bureau du syndicat. Il démissionna de la CGT pour rejoindre le syndicat FO des PTT. La scission était consommée et pour Gilbert Rey et ses camarades, ils durent reconstruire une nouvelle direction et le syndicat après l’effondrement des effectifs syndiqués (450 adhérents pour 1226 fin 1947). Gilbert Rey fut secrétaire général adjoint du syndicat des PTT de Côte-d’Or au 1er congrès qui suivit la scission le 4 juillet 1948 et élu membre de la commission exécutive de la Fédération nationale des travailleurs des PTT du 13e congrès de décembre 1950 au 20e congrès de novembre 1967. Il était élu délégué du personnel dans la catégorie des cadres lors de plusieurs élections aux Commissions administratives paritaires (CAP) au niveau régional et national.
Gilbert Rey s’investit dans l’activité interprofessionnelle et fut élu membre de la commission administrative et du bureau de l’Union Départementale CGT de Côte-d’Or du 39e congrès d’octobre 1962 au 43e congrès de mars 1972, le secrétaire général étant Gaston Boulay. Il dirigea de nombreux stages d’éducation syndicale. Il était délégué pour la Côte-d’Or au 35e congrès confédéral de la CGT qui se tint à Ivry-sur-Seine en mai 1965. Gilbert Rey fut candidat pour la CGT aux élections d’administrateurs de la C.P.A.M. de Côte-d’Or en décembre 1962.
Il fut un des principaux animateurs du mouvement de grève d’août 1953 en Côte-d’Or qui se généralisa à l’ensemble des services des PTT, de la Fonction Publique et du secteur public et nationalisé. A l’origine du conflit, les décrets « Laniel » sur l’âge de départ à la retraite des fonctionnaires, le blocage des salaires et traitements et autres dispositions jugées régressives par les organisations syndicales. Pendant les trois semaines du conflit, de nombreux meetings se tinrent à la Bourse du travail où Gilbert Rey prit souvent la parole. Il fut également très actif lors des grèves de mai juin 1968 aux Chèques postaux de Dijon aux côtés de Marie Louise Yanelli, Fernand Sac et d’autres militants de l’établissement. Les grévistes n’occupaient pas les locaux, mais se réunissaient quotidiennement en assemblée générale dans une salle de l’immeuble et ce jusqu’au terme du conflit. Gilbert Rey fut présent tous les jours pendant plus de quinze jours dans les piquets de grèves qui se tenaient à l’entrée des Chèques Postaux.
Gilbert Rey partit au Maroc au début des années 1970 en tant que coopérant pour aider à la mise en informatique des Chèques Postaux de Rabat. Il termina sa carrière professionnelle comme chef de division. Il revint en France lors de son admission à la retraite en 1980. Il était membre du PCF de Côte-d’Or. Il réside depuis dans les Alpes Maritimes. Il se maria à Dijon le 24 septembre 1945 avec Paulette, Marie, Suzanne Lombart avec laquelle il eut trois enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article231948, notice REY Gilbert, Lucien, Henri par Jean Belin, version mise en ligne le 10 septembre 2020, dernière modification le 10 septembre 2020.

Par Jean Belin

SOURCES : Arch. Dép. Côte-d’Or, Arch. IHS CGT 21, fonds de l’UD et du syndicat CGT des PTT de Côte-d’Or. — Arch. Dép. de Côte-d’Or, état civil, recensement de la population et fiche de recrutement militaire. — Arch. Municipales de Dijon, sous-série 7F. — Une semaine en Côte-d’Or, édition du 27 octobre 1963. — Arch. de la Fédération CGT des PTT, congrès fédéraux. — Renseignements fournis par Pierre Lhomme.

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