Castelnau-Durban et Durban-sur-Arize (Ariège), neuf maquisards et deux civils tués lors de l’affrontement contre les troupes d’occupation (22 août 1944)

Par André Balent

Castelnau-Durban et Durban-sur-Arize sont deux villages de la chaîne pré-pyrénéenne du Plantaurel occidental situés approximativement à mi-chemin entre Foix, à l’est et Saint-Girons à l’ouest. Le premier d’entre eux est traversé par la RN 117 (aujourd’hui, RD 117). Les deux villages disposaient aussi de gares sur la ligne de chemin de fer (fermée en 1955), de Foix à Saint-Girons et, au-delà, Boussens (Haute-Garonne). La population de Castelnau-Durban et de Durban-sur-Arize était respectivement de 907 et 341 habitants en 1936. Le 22 août, les combats qui opposèrent d’une part la colonne allemande, comprenant des soldats, douaniers et policiers allemands, des supplétifs de la Légion du Turkestan et de collaborationnistes français et, d’autre part les maquisards de l’Ariège accompagnés par la mission alliée « Aube » du commandant Marcel Bigeard, renforcés par d’autres venant de l’Aude et de la Haute-Garonne.
Cet affrontement connu comme la « bataille de Castelnau-Durban » était en fait la poursuite des combats de la veille autour de Rimont. Il se termina par la victoire des résistants et la capitulation des Allemands.

Castelnau-Durban (Ariège)
Vue générale prise depuis la plateforme de l’ancienne voie ferrée Foix — Saint-Girons — Boussens (en fonctionnement en 1944)
Cliché : André Balent, 17 septembre 2020

Les forces allemandes et leurs objectifs :

La colonne de 2000 Allemands — et « Mongols » ainsi qu’ils étaient désignés par les Ariégeois et leurs amis espagnols de l’AGE : en fait des auxiliaires turcophones originaires de l’Asie centrale soviétique de la 1er légion du Turkestan cantonnée à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) — était accompagné d’éléments locaux du PPF et de la Milice.

Partie de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), elle avait récupéré au passage les effectifs de la garnison de Saint-Girons. Elle avait obéi à l’ordre du général Johannes Blaskowitz commandant en chef du « groupe d’armées G » dont le quartier général était implanté à Rouffiac-Tolosan (Haute-Garonne), au nord de Toulouse. Celui-ci avait demandé aux unités qui étaient sous ses ordres de se replier vers la vallée du Rhône afin d’éviter d’être capturées par les forces alliées ayant réussi leur débarquement en Provence le 15 août 1944. Cette colonne (ou Marschgruppe) devait donc battre en retraite vers l’est, en récupérant, au fur et à mesure des unités qui conflueraient vers son parcours. Elle avait donc comme projet de se rendre à Foix afin d’intégrer la garnison de cette ville ainsi que les forces jusqu’alors présentes en amont, dans la haute vallée de l’Ariège. Comme tous les autres colonnes qui faisaient mouvement vers l’est, celle de Saint-Gaudens et Saint-Girons fut accrochée par les divers maquis présents tout le long de son itinéraire.

Comme nous l’avons vu, la veille, des combats l’avaient déjà opposée à des maquisards autour de Rimont, village qu’ils avaient incendié et où, par ailleurs, ils avaient massacré des civils (Voir Rimont (Ariège), massacre de civils, 21 août 1944).

Pendant la nuit du 21 au 22 août, la Légion du Turkestan occupa Durban-Castelnau. Le commandant Bigeard, décida de mettre en place un point d’appui à l’entrée est du village afin de bloquer la progression de la colonne.

Les forces de la Résistance et leur stratégie :

Les Allemands ignoraient que la résistance ariégeoise avaient déjà libéré, à l’est, la vallée de l’Ariège. Les FTPF avaient libéré Pamiers dès le 18 août (Voir Pérez Bénito). Le 19, Foix était libérée à son tour par les Espagnols de l’AGE (Agrupación de gerrilleros españoles) — Voir Gimeno Rufino Pascual — accompagnés par la mission interalliée parachutée en Ariège placée sous les ordres du commandant Marcel Bigeard. Le 20 août, la Résistance ariégeoise bloqua à Prayols, au sud de Foix, la colonne formée dans la haute vallée de l’Ariège et de ses principaux affluents pyrénéens. Celle-ci qui menaçait la ville libérée la veille se rendit aux résistants (Voir Redondo José).

La colonne venant de Saint-Girons (libérée pour la seconde fois le 20 août) menaçait à nouveau Foix et, aussi, Pamiers. Le 21, les maquis du Couserans — 3102e compagnie des FTPF ariégeois ou maquis du col de la Crouzette ; 3e compagnie de la 3e brigade (Ariège) de l’AGE ; maquis « Normandie » de l’Armée secrète ; milices patriotiques formées dans les villages environnants — accrochèrent la colonne provenant de Saint-Girons autour de Rimont. Dans l’après-midi ils furent renforcés par les 1e et 2e compagnies de la 3e brigade de l’AGE accompagnées par la mission interalliée de Bigeard. Amilcar Calvetti établit le quartier général des FTPF à Maury, au nord du Mas-d’Azil et au sud de Durban-sur-Arize. Les Allemands et leurs supplétifs turkestanais perdirent du temps et mobilisèrent des effectifs dans Rimont où ils croyaient éradiquer les « terroristes » par une répression impitoyable et aveugle en s’en prenant à des civils le plus souvent non impliqués dans la Résistance Lorsqu’ils quittèrent Rimont incendié, il devenait donc indispensable, pour la Résistance, d’empêcher leur progression vers Foix récemment libérée. Ce fut l’objectif du combat livré le 22 août.

La « bataille de Castelnau-Durban » :

Les Allemands occupèrent les hauteurs dominant le village de Montseron, commune limitrophe de Rimont, Castelnau-Durban, Durban-sur-Arize et Le Mas-d’Azil afin de bloquer l’axe routier et ferroviaire reliant Saint-Girons à Foix. Ils devaient alors tenter de forcer le verrou établi par la Résistance entre Durban-sur-Arize et Ségalas, hameau de cette commune, situé plus à l’est, près du carrefour entre la RN 117 et la D15 (vers le Mas-d’Azil) et d’une gare ferroviaire. Le verrou était tenu par des détachements des 3101e et 3103e compagnies des FTPF de l’Ariège, renforcées par des volontaires des brigades patriotiques du cru et, plus tard par un groupe de l’AGE de la brigade de l’Aude, au nombre de quatre-vingt approximativement, suivis par des résistants de Tarascon-sur-Ariège (milice patriotique) et un groupe de la haute vallée pyrénéenne de Vicdessos, avec des FTPF, des guérilleros et des travailleurs d’Afrique du Nord employés dans la métallurgie de l’aluminium. Vers 6 heures du matin un groupe de maquisards s’était aventuré entre Ségalas et Castelnau-sur-Arize et l’un d’entre eux, Albert Lequéré, des FTPF, fut tué. Sa mort provoqua la dispersion du groupe. Une attaque allemande et turkestanaise vers Durban et la RD 15 entre Durban et Ségalas échoua en fin d’après-midi. Mais des jeunes maquisards de Lavelanet commandés par abbé Léon Ferran, curé de Durban-sur-Arize et capitaine de réserve qui s’était mis aux ordres d’Amilcar Calvetti, échouèrent à leur tour lorsqu’ils voulurent s’emparer de la colline située au sud de Durban. Pris entre deux feux, trois d’entre eux furent tués et détroussés : Paul Bergère, Léon Maudou et Salomon [Albert] Trafiquant et un autre, Louis Baudru, gravement blessé à une main. Pendant les combats furent également tués deux civils, Angelo Sanson et Joseph Vergé qui grièvement blessé devait mourir à l’hôpital de Saint-Girons quelques mois plus tard ainsi que cinq guérilleros espagnols. En ce qui concerne ces derniers, nous disposons de peu d’informations. Dans son ouvrage de 1994 (op. cit.), repris sous une forme légèrement différente dans son livre posthume de 2019 (op. cit.), Claude Delpla a évoqué la mort de trois résistants de l’AGE dans la bataille de Castelnau-Durban, sans toutefois, donner de noms et sans localiser le lieu exact de leur décès. Plus tard, lors de la rédaction de listes manuscrites de résistants fusillés ou morts en action, il a cité d’abord celui de Soler Crivillé. Dans des listes, sans doute postérieures, il donna les noms de ceux tués à Rimont le 21 août et à Castelnau–Durban le 22 août. Il s’agit d’Emiliano Castro Fernández, Ricardo Escrich Gonzalvo, Lorenzo Ortal (ou Ortall) Viela, Doroteo Prieto Marcos et Rafael Rodriguez. Les quatre premiers n’ont pas de dossier au SHD (Caen, Vincennes). Il y a un dossier à Vincennes (cote 16 P 516977) au nom d’un « Rafael Rodriguez » né le 2 févier 1908 à Cordoue (Andalousie, Espagne) que nous n’avons pas encore pu consulter. On retrouve les noms de cinq d’entre eux — Emiliano Castro, Ricardo Escrich, Lorenzo Ortal (Ortall ?), Doroteo Prieto, Rafael Rodriguez — sur des listes d’Espagnols morts en Ariège des suites de leurs engagements résistants publiées dans le livre de Narcisse Falguera (op. cit., 2004, p. 123) et trois — Emiliano Castro, Doroteo Prieto, Rafael Rodríguez — sur celui de Ferran Sánchez Agustí (op. cit., 20011, p. 20). Mais ces deux ouvrages (où l’on retrouve des erreurs récurrentes et des approximations), n’indiquent pas le lieu et la date de leurs morts. Ces noms coïncident avec ceux des guérilleros morts à Castelnau-Durban que signale Delpla. Nous les incluons donc dans notre liste des victimes de ce combat ces cinq guérilleros espagnols.

Des renforts arrivèrent encore, de Cazères, en Haute-Garonne (AS) et de Pamiers (FTPF). Vers 16 heures, des Allemands venus en automobile avec un drapeau blanc demandèrent à Jean Stahl, représentant de la Croix-Rouge de Foix, présent sur les lieux depuis les combats de la veille à Rimont et chargé de prendre en charge les blessés, de savoir comment parlementer avec les résistants. De fait le commandant allemand Theodor Schöpplein, impliqué dans le massacre de la veille à Rimont, avait interrogé un maquisard de la 3101e compagnie de FTPF, Louis Lacassagne alias « Lenoir » fait prisonnier près de Castelnau-Durban qui, pour éviter d’être fusillé séance tenante, expliqua que les résistants étaient au nombre de 4000 et qu’ils encerclaient la colonne. Par ailleurs Theodor Schöpplein n’était plus soutenu par ses officiers qui avaient désapprouvé son attitude à Rimont, les massacres et l’incendie du village. Dirigés vers Bigeard par la Croix rouge, les Allemands virent qu’ils étaient en présence d’un officier d’une armée régulière, accompagné par ailleurs d’autres officiers de la mission interalliée « Aube », William Probert, britannique et John Delher, canadien. Mis au courant que Foix était tombé entre les mains de la Résistance, Theodor Schöpplein, après avoir vérifié l’information auprès du commandant Rau, chef de la garnison allemande de la ville qui avait capitulé la veille à l’issue du combat de Prayols comprit que la poursuite du déplacement de la colonne vers Foix était compromis. Il décida donc de se rendre.

La capitulation allemande :

Convaincus que Jean Stahl, de la Croix-Rouge, n’était pas un « terroriste », les négociateurs allemands demandèrent que les blessés allemands et turkestanais fussent pris en charge et transférés vers l’hôpital de Foix. Ayant demandé de pouvoir détruire leurs armes, on leur accorda une heure pour venir signer une capitulation sans conditions. Celle-ci fut négociée sous le pont du chemin de fer de Séguelas. Il y avait Bigeard et Probert, officiers d’armées régulières, Calvetti, bientôt remplacé par Bénito Pérez, Gimeno et son chef d’état-major, José Alonso alias « Robert ». Le chef de tous les FFI ariégeois, Camille Souyris alias « Aubert », quitta le groupe car appelé en urgence à Foix par le nouveau préfet, de Nattes.
Finalement la capitulation fut signée à Ségalas (commune de Durban–sur-Arize) sur la table de la cuisine de la maison de Camille Soula, à 19 heures 30 (heure française, 21 heures 30, heure allemande) à l’intersection de la RN 117 et de la route se dirigeant vers Durban et le Mas-d’Azil. Le commandant Theodor Schöpplein, d’Heidelberg, apposa son paraphe sur le document.

Ce fut l’une des rares capitulations signée par le chef d’unités du Heer, en même temps que par des chefs résistants français et espagnols. La présence d’officiers comme Bigeard et Probert avait facilité la chose. Allemands et Turkestanais furent conduits au camp du Vernet-d’Ariège où ils furent internés. Un petit nombre réussit à s’enfuir et à gagner la frontière espagnole. Des agents de la Sipo-SD qui s’étaient échappés furent arrêtés par des résistants au moment de la capitulation dans le massif de l’Arize à Rivèrenert (Ariège).

La stèle de Castelnau-Durban :

Une stèle a été érigée à Castelnau-Durban, sur la rive droite de l’Artillac, affluent de l’Arize, en face du groupe scolaire sur la rive opposée. Elle se dresse, juste après le pont sur l’Artillac, au carrefour des routes se dirigeant respectivement vers Tourné, à sa droite et Laborie, à sa gauche (RD 42). Elle a quatre faces et est surmontée d’une statue allégorique représentant un glaive terrassant le nazisme symbolisé par une croix gammée brisée. Elle porte l’inscription « La fin du nazisme » et la signature de P(ierre) Respaud qui a aussi réalisé le monument du Rambert commémorant le massacre de Roquefixade (6 et 7 juillet 1944).

Elle rassemble les noms des victimes (résistants et civils) tués par les Allemands ou leurs supplétifs de la Légion du Turkestan au mois de juin 1944. La description sommaire telles qu’elle figure sur le site MemorialGenWeb que nous avons consulté à plusieurs reprises jusqu’au 16 septembre 2020 (dernière consultation) ne rend pas compte de la diversité des victimes et du lieu et de la date exacte où ils trouvèrent la mort. Si nous les avons bien identifiés pour ce qui est des résistants d’organisations combattantes françaises (FTPF, AS), il n’en est pas de même pour les victimes espagnoles des résistants de l’AGE : certaines, identifiées n’y figurent pas. Pour les autres nous n’avons que peu d’informations, très fragmentaires qui ne permettent pas d’établir leur état civil complet ni même, parfois le lieu et la date exactes de leurs mort (au combat ou sous forme d’exécution).

Sur chacune des quatre faces sont fixées des plaques. Au centre, face à la chaussée de la route, on peut lire sur la plaque : « Souvenez-vous 22 août 1944 dans ce village capitula l’armée hitlérienne d’occupation l’Ariège était libérée ». Les trois autres plaques regroupent chacune une liste de noms de victimes des combats ou de la répression.
La première, à gauche de la précédente plaque, figurent les noms de résistants français tués lors des combats du 21 août (Saint-Girons et Rimont), soit onze noms : Élie Balança, Paul Bergère, Aimé Delrieu, Raymond Lequéré, Léon Maudou, Valentin Prat, Firmin Respaud, Albert (Salomon) Trafiquant, Clovis Dedieu, René Plaisant, Achille Viadieu. Neuf sont des Ariégeois d’origine. Deux autres résidaient dans l’Ariège à la suite des aléas de la Seconde Guerre mondiale : le Normand René Plaisant, domicilié à Saint-Girons avant d’entrer en clandestinité, militant communiste devenu le chef de la 3103e compagnie de FTPF, implantée dans le Couserans et qui forma le maquis implanté au dessus de Rimont au col de la Crouzette (communes de Rivèrenert et Biert) ; le Juif d’origine polonaise Salomon Trafiquant qui avait quitté Paris pour Lavelanet.
Sur la seconde, fixée à l’arrière de la stèle, face au versant abrupt du relief et de ce fait peu accessible aux regards, ont été gravés les noms de victimes civiles, au nombre de treize : Jean Alio, Marie Coste, Étienne Forgues, Jean Rousse, Jean-François Rousse, Angelo Sanson, Adrien Sentenac, Joseph Servat, Louis Soula, Stanislas Soula, Antoine Soum, Jean Tolomei, Jean Vergé. Dix d’entre eux étaient des Ariégeois. Angelo Sanson, Italien, était établi de longue date dans le département. Deux autres victimes civiles venaient des Pyrénées-Orientales. L’instituteur Jean Alio était venu rendre visite à sa femme et à sa fille déplacées administrativement en Ariège en juin 1944, à la suite de l’évacuation des habitants des localités littorales du Roussillon. Jean Tolomei, Italien résidant à Collioure (Pyrénées-Orientales) avait été déplacé administrativement à Rimont pour les mêmes raisons que Mme Alio. Onze victimes civiles résidaient en août 1944 à Rimont, de longue date pour les Ariégeois, souvent natifs de la localité ; récemment pour les deux victimes venues des Pyrénées-Orientales. Deux autres victimes civiles résidaient à Castelnau-Durban (Sanson et Vergé). Les Ariégeois étaient agriculteurs, bûcherons (Sanson), forgeron (Vergé).
La troisième plaque rassemble les noms de neuf Espagnols engagés dans l’AGE (Agrupación de guerrilleros españoles, organisation de résistance armée liée au Parti communiste d’Espagne (PCE) : Maximo Hinguilde, José Casariego, Juan Nieto, Mariano Calles, Juan Benedito, Pedro Solar, José Fernández, Juan Nuñez, Manuel Redondo Ortega. Tous ont participé aux combats des jours précédents à Saint-Girons, Rimont, Castelnau-Durban et Durban-sur-Arize (20, 21, 22 août 1944).
Toutefois, le guérillero Vicent Mira pourtant relativement mieux connu, tué en action de combat à Rimont ne figure pas parmi les noms d’Espagnols gravés sur cette plaque. Il en est de même de Manuel Navarro, tué à Saint-Girons (combats de la libération de la ville, 20-21 août 2020), d’Angel Gonzalez, José Ramos, José Richard morts en action de combat à Rimont le 21 août, dont les noms sont pourtant retenus par Claude Delpla (fiches manuscrites) et Ferran Sánchez Agustí (op. cit., 1999, p. 54). Juan Benedito (nom orthographié « Benedeto » selon les sources) figure sur la stèle de Castelnau-Durban. Ce maquisard, d’après les fiches manuscrites de Claude Delpla, a été tué le 20 août, date qui correspond aux combats de la libération de Saint-Girons. Le « Pedro Solar » de la stèle pourrait être « Soler Criveillé » (orthographe francisée d’un patronyme catalan) : plutôt « Crivillé » ou « Crivellé ») sans prénom. Nous ignorons où il trouva la mort. Il en est de même de José Casariego, Juan Nieto et Juan Nuñez Romero (capitaine de l’AGE). Enfin, José Fernández dont le nom figure sur la plaque du monument pourrait être le guérillero mort lors des combats de la libération de Foix (19 octobre 1944).

Résistants morts en action et victimes civiles, Castelnau-Durban et Durban-sur-Arize, 22 août 1944 :
1) FTPF :

Paul BERGÈRE
Albert LEQUÉRÉ
Léon MAUDOU
Salomon TRAFIQUANT

2) AGE :

Emiliano CASTRO
Ricardo ESCRICH
Lorenzo ORTAL (ORTALL)
Doroteo PRIETO
Rafael RODRIGUEZ

3) Victimes civiles :

Angelo SANSON
Joseph VERGÉ

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article232021, notice Castelnau-Durban et Durban-sur-Arize (Ariège), neuf maquisards et deux civils tués lors de l'affrontement contre les troupes d'occupation (22 août 1944) par André Balent, version mise en ligne le 13 septembre 2020, dernière modification le 25 septembre 2020.

Par André Balent

Castelnau-Durban (Ariège)
Vue générale prise depuis la plateforme de l’ancienne voie ferrée Foix — Saint-Girons — Boussens (en fonctionnement en 1944)
Cliché : André Balent, 17 septembre 2020
Castelnau-Durban (Ariège)
Monument à la mémoire des résistants tués au combat et des civils massacrés à Rimont, Castelnu-Durban et Durban-sur-Arize les 21 et 22 août 1944
Cliché André Balent, 17- septembre 2020
Castelnau-Durban (Ariège)
Monument à la mémoire des résistants tués au combat et des civils massacrés à Rimont, Castelnu-Durban et Durban-sur-Arize les 21 et 22 août 1944. Détail de la plaque scellée sur la partie centrale du monument
Cliché André Balent, 17 septembre 2020
Castelnau-Durban (Ariège)
Plaque scellée sur la face droite du monument, avec les noms de neuf guérilleros espanols
Cliché André Balent, 17 septembre 2020
Castelnau-Durban (Ariège)
Plaque scellée à l’arrière du monument : civils tués lors des combats des 21 et 22 août 1944
Cliché : André Balent, 17 septembre 2020
Castelnau-Durban (Ariège)
Plaque fixée sur la face gauche du monument. Nom de FTPF tués lors des combats des 21 et 22 août 1944. S’y rajoutent les noms de deux résistants de l’AS natifs de la commune et tués dans d’autres circonstances : Achille Viadieu, abattu par la Sipo-SD à Toulouse (Haute-Garonne) le 2 juin 1944 et Clovis Dedieu, mort des suites des tortures infligées par la Milice à Foix le 4 août 1944. Le nom de René Plaisant mort en action de combat à Saint-Girons le 20 août 1944 est également gravé : c’était le chef de la 3103e compagnie des FTPF de l’Ariège regroupé au col de la Crouzette, dans le massif de l’Arize, sur les versants qui dominent vers le sud, Rimont et Castelnau-Durban.
Cliché André Balent, 17 septembre 1944.
Castelnau-Durban (Ariège)
Stèle commémorant les victimes résistantes et civiles des cmobats pour la Libération de l’Ariège (19-22 août 1944). Sculpture de Pierre Respaud surmontant la stèle.
Cliché : André Balent, 17 septembre 2020

SOURCES : Arch. dép. Ariège, 64 J 23, fonds Claude Delpla, listes manuscrites de résistants espagnols tués en action, en particulier à Rimont, Castelnau-Durban et Durban-sur-Arize. — Claude Delpla, La bataille de Rimont et de Castelnau-Durban, Saint-Girons, imprimerie Barat, 1994, 39 p. — Claude Delpla, La libération de l’Ariège, Toulouse, Le Pas d’Oiseau, 2019, 514 p. [p. 236-243]. — Narcís Falguera (dir.), Guérilleros en terre de France. Les républicains espagnols dans la Résistance française, Pantin, Le Temps des cerises, 2004, 316 p. [p. 123]. — Ferran Sánchez Agustí, Maquis a Catalunya. De la invasió de la vall d’Aran a la mort de Caracremada, Lérida, Pagès editors, 1999, 393 p. [54-55]. — Ferran Sánchez Agustí, Maquis en el Alto Aragón. La guerrilla española. La guerrilla en los Pirineos centrales (1944-1949), Lérida, Editorial Milenio, 2011, 391 p. [p. 20].— Sources particulères aux différentes notices des morts du 22 août 1944.

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