BENOT Alain, Jean

Par Daniel Grason

Né le 10 avril 1914 à Guiscriff (Morbihan), mort le 16 mai 1994 à Fleury-Mérogis (Yvelines) ; métallurgiste ; communiste ; résistant ; déporté à Saschenhausen (Allemagne).

Fils de Louis et de Louise née Bihan, célibataire, Alain Benot vivait depuis le 13 octobre 1942 au 122 rue Saint-Charles à Paris (XVe arr.). De la classe 1934 il fut mobilisé en 1939 au 24e Régiment d’infanterie le 28 août 1939, et démobilisé le 21 septembre 1940 par le centre démobilisateur de Montpellier, il était pensionné de guerre. Alain Benot était sans travail depuis juin 1942.
Il avait rendez-vous le 19 décembre 1942 à 8 heures 30 avec Suzanne Lasne. Il arriva tranquillement en tenant son vélo à la main, trois inspecteurs de la BS1 l’interpellèrent. Sur le porte bagage de la bicyclette, une sacoche dans laquelle était saisi cent exemplaires ronéotés de La Vie ouvrière et deux cents de L’Humanité.
Emmené dans les locaux des Brigades spéciales à la Préfecture il fut fouillé, sur plusieurs feuilles de papiers figuraient des rendez-vous, trois quittances de loyer. Vers midi, les inspecteurs perquisitionnèrent son logement de la rue Saint-Charles, ils saisissaient un portefeuille contenant des papiers au nom de Jean Guéguen.
Il fut probablement frappé lors de son interrogatoire. Les inspecteurs allèrent au 57 rue des Amandiers dans le XXe arrondissement où Alain Benot avait loué un local. Ils saisissaient des paquets de tracts : 600 exemplaires de La Vie ouvrière n° 117 du 10 décembre 1942 destinés à Marius, 300 à bâtiments, 100 à femmes, 20 à S.P. [Secteur postal], 1200 exemplaires de l’Humanité clandestine sans indication de destinataire, 2000 papillons « Vos petits ont faim ! », 50 Manuels du Légionnaire, quatre paires de chaussures noires, deux feuilles portant des annotations.
Alain Benot était inconnu des différents services de police. D’entrée un inspecteur lui lança : « Vous avez été appréhendé à un rendez-vous rue Moret auquel vous deviez rencontrer un membre du groupe communo-terroriste. Veuillez-vous expliquer ! »
Il répondit « Au moment des grèves de 1938, j’avais fait la connaissance d’un camarade dont j’ignore le nom et l’adresse. »
« Je l’ai retrouvé par hasard au mois de juin 1942, il m’a demandé si je voulais entrer dans le parti communiste clandestin. J’ai accepté. »
« Il m’a mis en rapport avec un nommé « Nicole » qui m’a indiqué le travail que j’avais à faire. Il s’agissait de répartir le papier à cinq camarades qui étaient Marius, Malakoff, Femme, S.P. et Bâtiment. »
Alain Benot affirma qu’il considérait « André » comme le chef, et précisa qu’il était chargé de la répartition depuis décembre, avant il s’occupait du transport de paquets. Il affirma que « Jamais » il fut « sollicité pour entrer dans les FTP », il précisa qu’il était « appointé à raison de 2 000 francs par mois, plus mes frais. » Il donna le signalement de celui qu’il nommait « André » : « 40 ans – 1,68 m – Cheveux bruns – Il est généralement bien habillé – nue tête – J’ignore son nom et son domicile. »
Incarcéré, Alain Benot était le 24 janvier 1943 dans le convoi de 1557 hommes à destination de Saschenhausen en Allemagne, 230 femmes étaient dirigées sur Auschwitz en Pologne. Près de 80 % d’entre-elles moururent.
Le convoi des hommes arriva le 25 janvier, Alain Benot fut affecté au kommando de travail des usines Heinkel, les déportés travaillaient à la fabrication de moteurs d’avions. Déplacé au camp de concentration de Buchenwald, muté à Schönebeck il travailla pour la firme Junkers qui fabriquaient des moteurs d’avions. Muté au kommando de travail de Langenstein 7 000 détenus creusèrent près de dix kilomètres de galeries dans les collines pour camoufler les productions.
Alain Benot fut libéré le 18 avril 1945, il a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF).
Alain Benot mourut le 16 mai 1994 à l’âge de 80 ans à Fleury-Mérogis (Yvelines)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article232084, notice BENOT Alain, Jean par Daniel Grason, version mise en ligne le 15 septembre 2020, dernière modification le 15 septembre 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. GB 114 BS2 carton 20, KB 24. – Bureau Résistance GR 16 P 48097. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – État civil site internet Match ID.

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