DUFLOT Jean, Marius

Par René Gaudy

Né le 24 mars 1903 à Bagnolet (Seine), mort en déportation le 13 avril 1944 au camp de Mauthausen ; militant syndical de la Compagnie du gaz de Paris, trésorier adjoint de la Fédération de l’Éclairage de 1936 à novembre 1939.

Entré le 10 novembre 1924 à la Compagnie du gaz de Paris, usine du Cornillon à Saint-Denis, comme aide-chaudronnier, Jean Duflot fut ensuite aide de forge à l’usine de la Villette, puis retourna au Cornillon.
Militant communiste, il était, en 1935, secrétaire général du syndicat du Gaz de Paris (section ouvriers), Pierre Kérautret*, ayant été révoqué. Au congrès de fusion des syndicats de la Fédération de l’Éclairage qui eut lieu à Toulouse (Haute-Garonne) les 28-29 février 1936, Jean Duflot fut élu membre du bureau et trésorier général adjoint non indemnisé, le secrétaire général étant Raoul Lèbre*. Au XVe congrès fédéral (Lyon, juin 1937), il présida une séance, et il intervint en faveur des 40 heures et de l’abaissement de l’âge de la retraite pour les ouvriers du gaz victimes de l’insalubrité. En 1937, il était membre du comité intersyndical CGT des services publics de la Région parisienne et membre des commissions mixtes paritaires de conciliation pour l’électricité et pour le gaz comme représentant du personnel avec Lucien Barthes*, Clément Baudoin*, Charles Biot*, Clément Delsol*, Émile Pasquier* et Marcel Paul* ; en octobre 1938, il était membre de la Commission nationale de conciliation pour le gaz et l’électricité (les mêmes moins Biot, plus Louis Chauviat*, André Girard*, Jean, Marcel Maury* et John Ottaway*). Il était également membre de la commission exécutive de la Fédération CGT de l’Éclairage.
Le 5 novembre 1939, avec les communistes et ceux qui voulaient continuer à travailler avec eux, Jean Duflot fut exclu de la direction de la Fédération par 14 voix, contre 4 et 2 abstentions sur trente membres du comité fédéral. René Chagot* (du Gaz de Paris) le remplaça comme trésorier fédéral adjoint.
Mobilisé en août 1939, Jean Duflot demanda à Jean Jaffrenou*, de cacher soigneusement le drapeau du groupe syndical du Landy. Il revint chez lui, 17 rue du Bain, à Bagnolet en janvier 1940. Démobilisé en juillet, il reprit son travail au Gaz de Paris et entra en contact avec ses camarades Marcel Paul* et Émile Pasquier*.
Dénoncé, il fut arrêté le 24 février 1941 par la police française. Enfermé un mois à la Tour Pointue, puis à Aincourt, où, ayant participé avec Corentin Cariou* et d’autres au mouvement d’indiscipline du 5 avril 1941, il fut transféré à Poissy et conduit le 8 mai au camp de Châteaubriant. Il y vécut, en compagnie de Corentin Cariou*, l’exécution des 27 otages en octobre 1941. Un rapport de police de ce même mois le représente comme ayant pris une part active à la propagande clandestine. Sa femme, Pauline, ne put le voir qu’une fois.
Détenu au camp de Voves en 1942-1943, il fut pris en charge par les autorités d’occupation le 12 octobre 1943 et dirigé sur le Fort de Romainville. Déporté à Mauthausen, il y mourut.
Le 3 septembre 1949, un dernier hommage fut rendu à Jean Duflot, dans la cour de la Compagnie du Gaz de Paris, rue Condorcet. Marcel Paul* déclara : « Il n’avait pas attendu 1944, ni même 1941, pour être à la pointe de l’action. J’ai conservé dans mon cœur le souvenir de ses rendez-vous clandestins, derrière l’usine du Cornillon, et la police savait que Jean Duflot ne capitulerait pas. [...] »
Sa fille, Jacqueline Chonavel*, née le 7 juillet 1924 à Paris, fut élue maire communiste de Bagnolet en 1959 et député en 1968.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23213, notice DUFLOT Jean, Marius par René Gaudy, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2008.

Par René Gaudy

SOURCES : Arch. PPo. 89. — Arch. Fédération CGT de l’Énergie. — Dossiers PJF6513, RG 35992, cabinet du préfet, dossier 209512. — La Voix du peuple, mars 1936. — B. Weiss, La Fédération légale de l’Éclairage CGT (1936-1944), mémoire de maîtrise, Paris VII, 1995. — Témoignage de Pauline Duflot.

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