VALLAURI Louis, François. Pseudonyme dans la clandestinité : JAMES ou JAURÈS

Par Renaud Poulain-Argiolas

Né le 30 octobre 1913 à Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône), mort le 2 septembre 1989 à Martigues (Bouches-du-Rhône) ; docker ; militant communiste de Port-de-Bouc ; résistant ; dirigeant du mouvement de libération Front national sous l’Occupation ; un des fondateurs du journal communiste La Marseillaise dans la clandestinité.

1er numéro de <em>La Marseillaise</em> (1er décembre 1943)
1er numéro de La Marseillaise (1er décembre 1943)

D’après un article de Rouge-Midi, il fut secrétaire du Bureau de propagande du Comité électoral du candidat communiste André Miffre en octobre 1937 aux élections cantonales, responsabilité qu’il partagea avec Sauveur Pastourel.

Pendant la guerre, il participa mi-janvier 1941 à une réunion secrète qui se tint au quartier Saint-Jean de Port-de-Bouc, chez Jean Nunez, ancien secrétaire de la section du PCF. Il y rencontra Charles Scarpelli, Sauveur Pastourel, François Caparros et John Vella pour discuter de la reconstitution clandestine du Parti communiste local dans un climat de traque des militants par le gouvernement de Vichy.
Selon les archives policières, le PCF de Port-de-Bouc ne distribua en 1942 aucun tract ni n’effectua aucun affichage. A défaut de pouvoir participer à une vraie résistance de masse, les organisations liées au parti avaient cependant été intégralement remises sur pied dès avril et des responsables nommés à leur tête. Ainsi, en plus de Scarpelli à qui échouait la responsabilité de la section, Louis Vallauri dirigeait le Front national (nom complet : « Front national de lutte pour la libération de la France »), Armand Peynichou* la CGT, François Caparros avait été chargé des Jeunesses communistes et René Rieubon de créer le syndical autorisé par le pouvoir pétainiste pour en faire un moyen officieux de lutte.
En juillet 1943, Louis Vallauri quitta la direction du Front national, remplacé par René Rieubon.
En décembre, il fit partie de l’équipe qui se rassembla autour de Pierre Brandon pour créer le journal communiste La Marseillaise, tiré dans la clandestinité dans l’imprimerie familiale d’Eugène Tournel à Aix-en-Provence. Le premier tirage fut de 15 000 exemplaires. L’équipe initiale comprenait notamment le typographe Jean de Bernardy, abattu l’année suivante, et la femme de Vallauri, qui aurait permis à la rédaction du journal d’échapper à un piège tendu par les Allemands dans son lieu d’impression aixois.

D’après les souvenirs de Marie-Rose Brandon, veuve de Pierre Brandon, en 2014, Louis Vallauri aurait été appelé "Jaurès" dans la clandestinité. En revanche, selon le site « Mémoire des Hommes », dans la Résistance on l’aurait appelé "James".
On trouve de plus deux fiches à son nom sur le site "Mémoire des Hommes" du Ministère de la Défense. La première tient compte de sa naissance à Port-de-Bouc, lui donnant "James" comme pseudonyme, le répertoriant comme interné et membre du mouvement de résistance Front national. Il y est précisé que deux côtes lui sont consacrées : une aux archives de la Défense de Vincennes (GR 16 P 583313) et l’autre aux archives de la Défense de Caen (AC 21 P 560258).
La seconde fiche le fait naître à la même date à Bouc-Bel-Air et mentionne une décoration de l’Ordre de la Libération (date du décret le 03 août 1946, date de publication au Journal officiel le 13 octobre 1946).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article232483, notice VALLAURI Louis, François. Pseudonyme dans la clandestinité : JAMES ou JAURÈS par Renaud Poulain-Argiolas, version mise en ligne le 29 septembre 2020, dernière modification le 13 novembre 2020.

Par Renaud Poulain-Argiolas

1er numéro de <em>La Marseillaise</em> (1er décembre 1943)
1er numéro de La Marseillaise (1er décembre 1943)

SOURCES : Jean Domenichino, Une ville en chantiers : La construction navale à Port-de-Bouc, 1900-1966, Edisud, 1989 (p. 174, 176, 178, 184). — Article de Rouge-Midi du 21 septembre 1937. — Article sur le blog du PCF du Lot du 12 février 2014 : « La Marseillaise clandestine. En attendant les jours heureux ». — Article de Léo Purguette du 21 novembre 2014 dans la version en ligne de La Marseillaise : "La « grande émotion » de Marie-Rose Brandon". — Journal Zibeline (en ligne) de novembre-décembre 1914 : "Entrer en résistance". — Données du site Généanet. — Site Mémoire des Hommes, SHD Vincennes, GR 16 P 583313 (nc) ; SHD Caen, AC 21 P 560258 (nc).

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