DUGUY Georges, Louis

Par Claude Geslin

Né le 14 mai 1878 à Mortagne-sur-Sèvre (Vendée), mort début mars 1949 à Nantes (Loire-Inférieure) ; ouvrier menuisier aux Chantiers de la Loire puis petit artisan ; militant communiste de Nantes.

Georges Duguy fut le plus connu d’une famille dont tous les garçons furent membres du Parti communiste nantais. Ils étaient tous nés à Mortagne-sur-Sèvre et vinrent très tôt à Nantes où ils travaillèrent presque tous aux Chantiers de la Loire : Aimé, né le 28 octobre 1876 ; Paul, né le 15 janvier 1880 et membre actif du groupe communiste ; Fernand, né le 30 avril 1886, ouvrier frappeur, militant communiste nommé membre de la commission de contrôle du syndicat unitaire créé le 14 janvier 1922 ; mort à l’Hôtel-Dieu de Nantes le 16 août 1924 ; Ferdinand, né le 18 mai 1888, ouvrier chaudronnier aux chantiers de Bretagne, membre lui aussi de la commission de contrôle du syndicat unitaire de la Métallurgie et mort à Nantes le 14 juin 1923. « Les frères Duguy », employés aux Chantiers de la Loire, étaient membres en 1921 du Comité syndicaliste révolutionnaire.
Georges Duguy resta toute sa vie fidèle au Parti communiste ; il représente le type même du vieux militant. Membre de l’ARAC dès 1921, membre du Comité syndicaliste révolutionnaire la même année, assistant à toutes les réunions du PC et du syndicat unitaire, il fut condamné le 20 août 1925 par la troisième chambre correctionnelle de Nantes à quatre mois de prison et 100 F d’amendes pour action contre la guerre du Maroc (voir Meryuc*). La cour d’Appel de Rennes porta la peine à six mois le 19 septembre.
Sans jamais exercer de fonctions importantes ni au sein du syndicat unitaire, ni dans le cadre du PC, mais toujours à l’honneur (il présidait de nombreuses réunions), il fut pourtant désigné par le Parti comme candidat aux élections législatives à Châteaubriant en 1927, 1932 et 1936. Il obtint 40 voix en 1932 et 197 voix en 1936.
Ses fils faisaient partie des Jeunesses communistes avant la guerre. L’un deux, Marcel, dirigeant sportif, fut fusillé par les Allemands le 13 février 1943, à l’âge de trente ans.
En 1947, malgré ses soixante-neuf ans et une grave opération qu’il venait de subir, il était toujours un des plus dévoués et un des meilleurs diffuseurs de la presse communiste.
Par tous les temps, sa silhouette se profilait au bout du Pont de Pirmil où il avait l’habitude de vendre Clarté. Dans la première moitié de l’année 1948, il réussit à collecter 1 400 F (en tête de tous les militants) pour que le journal local du PC puisse continuer à vivre.
Il était très connu et très estimé dans le quartier Saint-Jacques où il habitait depuis son arrivée à Nantes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23256, notice DUGUY Georges, Louis par Claude Geslin, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2008.

Par Claude Geslin

SOURCES : Arch. Nat. F7/13261. — Arch. Dép. Loire-Atlantique, 1 M 122, 1 M 613, 1 M 614, 1 M 2 638. — Clarté, 1947-1948. — La Bretagne communiste, 1er septembre 1925.

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