GIORGETTI Émile, Joseph

Par Renaud Poulain-Argiolas

Né le 22 novembre 1923 à Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône), mort le 14 juin 1990 à Istres (Bouches-du-Rhône) ; forgeron, puis soudeur ; militant communiste et élu de Port-de-Bouc ; syndicaliste CGT ; élu au Comité d’entreprise des Chantiers et Ateliers de Provence, puis à celui de Provence-Industrie.

Emile Giorgetti
Emile Giorgetti

Le Journal Officiel de la République du 20 octobre 1929 annonçait la naturalisation française des membres suivants de la famille : Léonilde Giorgetti, le père, né à Lucques (Lucca) en Toscane (Italie), riveur ; la mère, Caroline, Rosalie Vannuchi, née à La Ciotat (Bouches-du-Rhône) ; leurs enfants : Gabrielle, Émilie Giorgetti, née en 1915 ; Marcelle, Antonia Giorgetti, née en 1916 ; Émile, Joseph Giorgetti, né en 1923. Les parents eurent également deux enfants qu’ils perdirent avant ceux-ci ainsi que trois autres fils, dont Lucien Giorgetti, né en 1904, qui fut également un militant connu à Port-de-Bouc.

Ils vécurent d’abord dans un logement précaire dans le quartier de la Baumasse, puis dans un appartement des cités ouvrières de la Lèque, alors récemment construites, au 35, rue Marceau. C’est là que les parents Giorgetti finirent leur vie.

Émile Giorgetti entra en 1937 aux Chantiers et Ateliers de Provence (CAP), où tous les hommes de sa famille avaient travaillé depuis 1900. Il y fut forgeron, puis soudeur. Dès son entrée, il adhéra aux Jeunesses communistes et bientôt au PCF. Quand la guerre fut déclarée, il participait à un camp de jeunesse dans le Jura. Il rejoignit ensuite la 2e D.B. et fut légèrement blessé par un éclat d’obus lors d’un combat près de Sospel (Alpes-Maritimes).
A la fin de l’année 1940, la police de Vichy procéda à une série de 11 perquisitions chez une partie de ceux qui avaient été fichés avant la guerre comme militants communistes ou syndicalistes.
Certains, comme Véran Guigue, son fils Armand Guigue et Albert Boiteau, tous employés ou anciens employés des CAP, furent arrêtés le 13 novembre. Le 12 décembre, ce fut le tour de Lucien Giorgetti, frère d’Emile, lui aussi ouvrier aux CAP. En février 1942, une perquisition chez la famille Giorgetti se solda par la saisie de journaux clandestins diffusés par le Parti communiste : Rouge-Midi et L’Humanité.

Délégué du personnel et responsable syndical CGT, il fut élu au Comité d’entreprise en 1950. Sur fond d’internationalisation croissante des échanges commerciaux et de désengagement de l’État, l’entreprise eut de plus en plus de difficultés à remplir ses carnets de commandes à partir de 1951. Giorgetti incrimina alors la direction, « incapable de planifier le travail et d’arracher des commandes », ainsi que le gouvernement qui n’appliquait pas « une politique vraiment française ».
Malgré de multiples tentatives pour relancer la production (rencontres à Paris avec des représentants de plusieurs ministères, intervention du maire René Rieubon, accord de la direction des CAP pour produire des bateaux pour l’URSS...), la CGT échoua à trouver une solution durable au problème. En 1966, les chantiers navals fermèrent définitivement. René Giorgetti, son fils, fit partie de la dernière génération de jeunes embauchés par l’entreprise.

Émile Giorgetti travailla par la suite à Provence-Industrie jusqu’en 1970, où il assuma les mêmes responsabilités qu’aux CAP.
Au niveau politique, il fut conseiller municipal de 1959 à 1977 dans l’équipe de Rieubon.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article232582, notice GIORGETTI Émile, Joseph par Renaud Poulain-Argiolas, version mise en ligne le 5 octobre 2020, dernière modification le 4 décembre 2020.

Par Renaud Poulain-Argiolas

Emile Giorgetti
Emile Giorgetti

SOURCES : Jean Domenichino, Une ville en chantiers : La construction navale à Port-de-Bouc, 1900-1966, Édisud, 1989 (p. 174, 184-185, 253, 337). — Roland Joly, Antoine ou la passion de Port-de-Bouc, Éditions des Fédérés, 2016 (p. 309-311). — Journal officiel de la République française. Lois et décrets du 20/10/1929 (61e année, N° 247), p. 11698, p. 11702. — Extrait d’état civil de La Seyne-sur-Mer en 1901, mariage n°28 entre Léonilde Giorgetti et Caroline, Rosalie Vannuchi.

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