GIOVANNINI Lionel [GIOVANNINI Leonello, francisé en Lionel]

Par Renaud Poulain-Argiolas

Né en 1909 à Pontedera (province de Pise) en Toscane (Italie), mort en 1979 ; exerça plusieurs métiers dont celui de charpentier ; militant communiste des Bouches-du-Rhône ; résistant, membre des FTPF.

Lionel Giovaninni épousa Delphine Ciamporciero qui devint plus tard une militante célèbre de Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône). On les aperçut dans les rassemblements de 1936 à Salin-de-Giraud (sur la commune d’Arles), le poing levé, avec les ouvriers de Solvay et de Péchiney. Il est fiché dans les dossiers du Casellario Politico Centrale de la sûreté publique italienne pour la période 1938-1943. On y mentionnait notamment son lieu de naissance, sa couleur politique (communiste), son métier de charpentier et sa domiciliation en France.

En 1939, il emménagea avec sa femme à Fos-sur-Mer, où il avait trouvé du travail à la Compagnie des Salins du Midi. En 1940, il reçut un ordre d’expulsion motivé par son statut d’Italien et de communiste. Bien décidé à rester en France, il se cacha à Fos-sur-Mer dans une manade du Cavaou. Sa femme dut faire face aux visites quasi quotidiennes de la police, puis de la Gestapo, qui voulaient mettre la main sur lui. Pour échapper aux recherches il s’engagea dans les FTP et resta dans un maquis des Alpes jusqu’à la fin de la guerre.

Après la Libération, la famille Giovannini s’installa à Port-de-Bouc.
Le 7 février 1950, ils furent frappés par une terrible tragédie. Dans le quartier de la Lèque, un réservoir d’acide de l’usine Saint-Gobain surplombant la rue céda. La rue Albert Rey fut engloutie sous une vague corrosive, emportant les trois enfants du couple : Marie-Thérèse, 4 ans ; Solange, 7 ans ; Josette, 11 ans ; ainsi qu’une vieille femme, Madame Baretta. Les enfants moururent le lendemain. Leur enterrement rassembla environ 15 000 personnes venant de toute la région. Saint-Gobain proposa de l’argent aux familles des victimes qui refusèrent. La catastrophe suscita une polémique dans les médias de l’époque. Le tribunal d’Aix reconnut plus tard la responsabilité de la direction de l’entreprise, qui fut contrainte de raser l’usine.
Ils eurent deux autres enfants, leur dernière fille, Danièle, naissant en 1954.
Il est enterré avec sa femme au cimetière de Port-de-Bouc.

Il n’y a pas de Lionel Giovannini sur le site Mémoire des hommes, du Ministère de la Défense, dans les listes des résistants. On trouve seulement un Emmanuel Giovannini, né le 1er septembre 1906 à Treffila (Italie), FFI, SHD Vincennes, GR 16 P 256975.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article232588, notice GIOVANNINI Lionel [GIOVANNINI Leonello, francisé en Lionel] par Renaud Poulain-Argiolas, version mise en ligne le 22 février 2021, dernière modification le 19 novembre 2021.

Par Renaud Poulain-Argiolas

SOURCES : Archivio Centrale dello Stato, Casellario Politico Centrale, busta 2439, estremi cronologici 1938-1943 (nc). — Roland Joly, Antoine ou La passion d’une vie : Une histoire de Port-de-Bouc, ville mosaïque, auto-édition, 2005. — Cimetière de Port-de-Bouc.

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