DUHAMEL Jules, Isidore

Par Michel Pigenet

Né le 9 septembre 1895, à Quincampoix (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), mort le 13 mars 1982 à La Fère (Aisne) ; docker à Rouen (Seine-Inférieure) ; militant communiste et syndicaliste.

Marié, père de huit enfants, docker de Rouen (Seine-Inférieure), Jules Duhamel était amputé de la jambe droite. Il était fils d’un journalier et d’une journalière domiciliés au hameau « La Loge aux Pauvres ». Membre du syndicat des dockers, il dirigea à partir de 1928 la minorité de tendance communiste qui s’opposa aux membres du bureau qui avaient suivi Victor Engler* à la « Ligue syndicaliste » (majoritaire au syndicat et au sein de l’Union locale).
Membre très actif du PC et fondateur de la cellule du port, il fut élu le 1er décembre 1929 à la Commission exécutive de la 19e Union régionale. Il assura le secrétariat du comité des chômeurs. En 1934, il fonda avec Maurice Jeanne un syndicat des dockers unitaires de Rouen pour concurrencer l’organisation d’Engler dont les sympathies allaient de plus en plus aux confédérés. Élu secrétaire le 7 mars 1934, il refusa curieusement ce poste pour « raisons personnelles » ; il accepta pourtant le 4 juillet d’être l’adjoint du nouveau secrétaire, Maurice Jeanne.
En février 1935, il assura l’intérim du secrétariat de la 19e UR, après l’exclusion de Jean Rivière et avant la nomination de Fernand Legagneux*. Duhamel fut candidat communiste aux élections législatives de 1936.

Membre influent du SRI, il conserva jusqu’à la guerre son poste de secrétaire adjoint des dockers. Arrêté en 1940 et condamné le 26 mai 1940 pour propagande communiste, Duhamel séjourna au camp de Carrouges (Orne), à Chibron, commune de Signes (Var) à partir du 13 septembre 1940 puis à Saint-Sulpice-la-Pointe le 14 février 1941. Rétabli dans ses fonctions en 1945, il vécut comme retraité dans la banlieue rouennaise.

Charles Tillon a laissé le portrait pittoresque du militant qu’il avait connu dans les années 1930, « célèbre pour ses moustaches gauloises, son parler savoureux, sa force d’Hercule, son pilon d’unijambiste ».

Selon Vaubaillon, Duhamel et lui-même seraient allés rue La Fayette, au siège de la Fédération des Ports et Docks, en 1939, en qualité de remplaçants putatifs de Jeanne, chassé de la commission exécutive et mobilisé. Ils entendaient également demander une aide fédérale destinée à compenser, tant bien que mal, la récente saisie par la police locale des biens du syndicat rouennais. Cette initiative pour le moins audacieuse se serait très mal passée, les responsables fédéraux de l’époque - Le Gall, Loriot et Piquemal — ayant intimé l’ordre aux deux militants communistes de déguerpir s’ils voulaient éviter l’arrestation. De fait, celle de Jules Duhamel survint quelques mois plus tard.

Un Duhamel dont on ignore le prénom entra au comité national de la Fédération des Ports et Docks en octobre 1952. Son mandat ne fut pas renouvelé au congrès de 1955.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23262, notice DUHAMEL Jules, Isidore par Michel Pigenet, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 17 février 2014.

Par Michel Pigenet

SOURCES : Congrès de la Fédération nationale des Ports et Docks des 19-22 mars 1946 (Paris) ; 8-9 octobre 1952 (Paris) ; 17-18 mai 1955 (Paris). E. Guillaud, Dockers et syndicalisme à Rouen, 1947-1962, Maîtrise (dir. M. Pigenet), Rouen, 1994. — C. Tillon, On chantait rouge, Robert Laffont, 1977. P. Veyron, Les dockers du port de Rouen (1919- 1947), Maîtrise (dir. M. Boivin), Rouen, 1979. — Arch. Nat. F7/13028, rapport du 10 juillet 1934. — Arch. Dép. Var, 7 M 12.2 et 7 M 12.3. — Arch. Com. Rouen, 7 F 3, Partis politiques, Port de Rouen. — RGASPI, 495 270 4112 (document du Komintern à son nom, pas consulté). — Témoignages. — État civil de Quincampoix.

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