DUHOURQUET René [DUHOURQUET Jean, René]

Par Jean-Pierre Bonnet

Né le 31 mai 1900 à Bègles (Gironde), mort le 19 juillet 1983 à Bègles ; monteur électricien ; résistant ; syndicaliste CGTU, puis CGT et militant communiste ; conseiller de la République (1946-1948) ; maire de Bègles (1959-1971).

[Sénat]

Fils d’un cheminot de la Compagnie du Midi et d’une ménagère, René Duhourquet obtint son certificat d’études primaires, puis entra comme apprenti serrurier aux ateliers de la Compagnie du Midi en 1917. Embauché en 1919 à Bordeaux (Gironde), il y fit toute sa carrière comme monteur-électricien, interrompue seulement par son service militaire entre 1920 et 1922. Lorsqu’il prit sa retraite en juin 1955, il était maître ouvrier.

Dans les années 1930, il était fortement engagé dans l’action syndicale, ainsi qu’au Parti communiste auquel il avait adhéré en 1922, après avoir, dans un premier temps, fait partie des Jeunesses socialistes en 1919 et prit la responsabilité d’un groupe de Bègles. Membre de la CGT depuis 1917, il devint secrétaire général du syndicat unitaire des cheminots du Midi et prit des responsabilités régionales. En octobre 1934, il représenta pour le Bordelais la tendance unitaire au congrès de fusion de l’Union Midi qui se tenait à Toulouse. En juin 1938, il accéda au conseil d’administration de l’Union Sud-Ouest. Membre du bureau fédéral du Parti communiste de la Gironde de 1926 à 1939, René Duhourquet y assuma également des tâches régionales.

Mobilisé de mai à juillet 1940, René Duhourquet s’engagea dans la Résistance, au Front national. Il fut interné, à partir du 28 décembre 1942, dans différentes prisons, puis déporté le 16 juin 1944 à Dachau (Allemagne), d’où il revint malade le 9 mai 1945 ; ce parcours de souffrance lui valut l’obtention d’une pension militaire d’invalidité. Il aura toujours à cœur par la suite de témoigner, d’entretenir le souvenir « des luttes des années noires » et exercera, durant les années 1950 et 1960, des responsabilités à la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes (FNDIRP).

Après la guerre, René Duhourquet fut surtout l’une des figures les plus marquantes du Parti communiste dans le Bordelais. Membre du Comité départemental de Libération, son parti le désignait, dès 1946, pour être candidat au Conseil de la République. Au comité fédéral de la Gironde, dont il fut membre durant de nombreuses années, il apparaissait comme le militant d’expérience dont les avis étaient toujours écoutés avec attention. À l’extérieur du parti, le prestige de son passé résistant et le souvenir de vingt années de combat syndical faisaient de lui le candidat idéal pour les élections locales. René Duhourquet fut de 1945 à 1949, puis de 1955 à 1967, conseiller général dans le 6e canton de Bordeaux. Élu conseiller municipal en 1953, il devint de 1959 à 1971 maire de Bègles, la ville où il était né et qu’il n’avait jamais quittée, sauf à l’époque de sa déportation.

Marié en 1923 avec Geneviève Fourcade, vestonnière-culottière, il était père d’un fils né en 1926, qu’il perdit alors qu’il était déporté, en juillet 1944.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23271, notice DUHOURQUET René [DUHOURQUET Jean, René] par Jean-Pierre Bonnet, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 8 février 2011.

Par Jean-Pierre Bonnet

[Sénat]

SOURCES : Arch. Nat. F7/13090, 13094 et 13265. — Arch. SNCF de Béziers. — Comités fédéraux du PCF. — Notice DBMOF. — Renseignements communiqués par la mairie de Bègles. — RGASPI, 495 270 4368, autobiographie de 1937. — Notes de Marie-Louise Goergen. — État civil.

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