MAINCE Emile [Dictionnaire des anarchistes]

Par Dominique Petit

Né le 13 février 1874 à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) ; mort le 6 juin 1917 à Clichy (Hauts-de-Seine) ; réparateur d’objets d’art, raccommodeur de faïence, ébéniste ; anarchiste parisien.

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York.

Le 9 décembre 1891, Maince fut condamné par le tribunal correctionnel de Cosne (Nièvre) à 3 semaines de prison, pour vagabondage.
Le 11 mars 1893, le tribunal de Villefranche (Rhône) lui infligea un mois de prison, pour mendicité et outrages aux agents.
Il fut arrêté le 6 janvier 1894, pour association de malfaiteurs, puis pour vol dans dans le cadre de l’affaire de la rue des Abbesses (voir Marcel Hervy).
Le 20 mars 1894, Maince comparu pour vol, devant la 9e chambre du tribunal correctionnel de la Seine avec Godard, Hervy, Boucher. Ils étaient poursuivis pour avoir dérobé un poulet et de trois souliers d’enfants (voir Marcel Hervy). Maince fut condamné à 6 mois de prison et deux ans d’interdiction de séjour.
En 1894, il demeurait 12 avenue de Saint-Ouen. Il tira au sort avec la classe 1894 et eut le n°3820. Il fut déclaré « bon pour le service ».
Le 5 mai 1894, Maince était condamné par le tribunal correctionnel de la Seine à 3 mois de prison, pour port d’arme prohibée.
Le 21 septembre 1894, le tribunal correctionnel de Caen le condamna à 40 jours de prison pour vol et apologie de faits qualifiés de crime.
Le 6 juillet 1895, le tribunal correctionnel de la Seine, le condamna à payer une amende de 100 fr. pour infraction à la police des chemins de fer.
Le 14 novembre 1895, il fut dirigé vers le 2e bataillon d’artillerie à pied. Il était réformé le 20 novembre 1895, pour astigmatisme des deux yeux.
Le 31 juillet 1896, la police arrêtait à Etampes, en plein marché, deux individus qui écoulaient de la fausse monnaie. Ils refusèrent de faire connaître leurs noms et adresses ; mais sur l’un d’eux on découvrit un talon de mandat-poste au nom d’une femme demeurant rue de Ravignan, à Paris.
Le parquet d’Etampes délivra une commission rogatoire à M.Hamard, sous-chef de la Sûreté, qui, le 1er août, se rendait à Montmartre et perquisitionnait chez la maîtresse de l’un des prisonniers d’Etampes. On découvrit, chez elle, une quantité de pièces fausses. La femme était arrêtée.
L’enquête faite par le Parquet d’Etampes avait permis de découvrir l’existence de deux complices résidant à Paris, qui se nommaient Emile Maince et Marthe Vandrenne, âgée de vingt-cinq ans, blanchisseuse, demeurant ensemble dans un hôtel garni, 13, rue La Vieuville.
Le 5 août 1896, M. Fédée, commissaire de police du quartier de Clignancourt, opérait une perquisition minutieuse au domicile des prévenus. Il trouva, soigneusement dissimulés dans des placards et dans la literie, une grande quantité d’objets de toute sorte ayant servi à fabriquer des pièces de cinq francs et de deux francs, mais aucune pièce de monnaie fabriquée ou en cours d’exécution. M.Fédée découvrit également plusieurs livres écrits en langue espagnole, ainsi que des lettres qui montraient que les1es faux monnayeurs avaient des relations avec des individus opérant actuellement la même industrie en Espagne. Emile Maince, depuis longtemps, ne travaillait plus et de même que Marthe Vandrenne, ils menaient la grande vie, selon le journal La Presse.
Les 10, 12 et 13 juillet 1897, la cour d’assises de Versailles jugeait neuf inculpés, dont Emile Maince, ils comparaissaient sous l’accusation d’avoir à Bruxelles et en France contrefait ou altéré des monnaies d’argent ayant cours l égal et participé à l’émission des dites monnaies, sachant qu’elles étaient contrefaites. Concernant Maince, application lui était faite de l’article 138 du code pénal, qui déclarait exempt de peine ceux qui avant la consommation des crimes et avant toutes poursuites en avait donné connaissance et révélé les auteurs aux autorités constituées, ou qui même après les poursuites commencées avaient procuré l’arrestation des autres coupables (concernant cette affaire voir Georges Mocquet).
Le 16 mai 1903, il était condamné par le tribunal correctionnel de Versailles à 3 mois de prison pour coups, outrages et rébellion aux agents.
Réintégré au service actif par le conseil de révision de la Seine, le 3 mars 1915, il était envoyé le 29 avril au 106e régiment d’infanterie et affecté par erreur au 6e groupe spécial, puis redirigé sur le 48e régiment d’infanterie le 25 mai 1916.
Le 16 février 1917, il était réformé temporairement pour bacillose pulmonaire, avec présence de bacilles de Koch.
Il fit la campagne contre l’Allemagne du 29 avril 1915 au 16 février 1917.
Il décéda le 6 juin 1917 à Clichy, 91 boulevard Victor Hugo.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article232779, notice MAINCE Emile [Dictionnaire des anarchistes] par Dominique Petit, version mise en ligne le 8 octobre 2020, dernière modification le 17 octobre 2020.

Par Dominique Petit

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York.
Fiche photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York.

SOURCES :
Archives Nationales F7/12508 — Archives de Hauts-de-Seine. Etat-civil — Archives de Paris. Bureau de recrutement : 6e bureau. Classe 1894 — Le Droit 21 mars 1894 — Le Matin 2 août 1896 — La Presse 6 août 1896

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