BONNAMY Marguerite, Adolphine née CHAMEROY

Par Daniel Grason

Née le 21 février 1899 à Palaiseau (Seine-et-Oise, Essonne), morte le 18 octobre 1985 à Longjumeau (Essonne) ; infirmière ; résistante ; déportée à Ravensbrück (Allemagne).

Fille d’Émile et de Marguerite née Belon, Marguerite Bonnamy vivait 39 rue de Corbeil à Palaiseau (Seine-et-Oise, Essonne), titulaire du CEP, elle exerçait la profession d’infirmière à l’annexe des enfants assistés au 26, rue de la Croix-de-Berny à Antony.
Elle hébergeait depuis quelques mois René Renard, tourneur sur métaux, résistant.
Le 15 janvier 1943 vers 20 heures, quatre inspecteurs de la BS2 se présentèrent à son domicile. Les policiers perquisitionnèrent le logement en sa présence, ils saisissaient : quatre grenades coup de poing ; une boite fleur de soufre ; un sac contenant quinze kilos de chlorate de potasse ; une centaine d’étuis en matière plastique contenant un mélange incendiaire de farine et de chlorate ; une cartouche signal ; un parabellum sans marque n° 4 374, avec deux chargeurs contenant l’un six cartouches, l’autre huit ; un revolver à barillet sans marque n° 1152, chargé de six cartouches ; un revolver à barillet sans marque, sans numéro, chargé de cinq cartouches ; une culasse de fusil de guerre n° 4 474 ; six boîtes de cartouches neuf millimètres ; une boîte de cartouches 7,65 mm ; un bidon d’essence ; un lot de titres de rationnement ; un lot de douilles et de cartouches de fusil de chasse ; six détonateurs ; un pistolet lance-fusées ; une boîte contenant un lot de petite baguette de couleur rouge ; une boîte de bouchons allumeurs ; un plan sur le mécanisme des grenades et cinq feuillets annotés.
Marguerite Bonnamy a été emmenée dans les locaux des Brigades spéciales pour y être interrogée. Elle déclara que René Renard avait été envoyé par son mari Raoul alors qu’il était interné à Compiègne. Celui-ci était un ex-collaborateur jusqu’en 1938 du journal Le Drapeau Rouge.
Elle précisa qu’en novembre 1942, René Renard alias François lui avait affirmé qu’il travaillait. Il remettait à Marguerite au titre de sa pension 1 500 à 2 000 francs par mois. Elle affirma : « Je n’ai jamais adhéré au Parti communiste, ni à aucune organisation relevant de la IIIe Internationale. »
Incarcérée, elle était le 31 janvier 1944 dans le convoi de 959 femmes à destination de Ravensbrück en Allemagne. Transférée à une date inconnue à Zwodau, matricule 27067 elle a été rapatriée en mai 1945.
Elle témoigna le 14 novembre 1945 devant une commission rogatoire, elle reconnue sur photographies les quatre inspecteurs qui l’interpellèrent. Elle déclara : « J’ai été arrêtée le 15 janvier 1943 à mon domicile, pour avoir hébergé un membre de l’organisation des Francs-Tireurs et Partisans […] J’ai été conduite à la Préfecture de police où j’ai été détenue pendant seize jours dans les locaux des Brigades spéciales des Renseignements généraux. »
« J’ai été remise aux Autorités Allemandes, qui m’ont incarcérée à la prison de Fresnes. »
« Sans avoir passé en jugement, j’ai été déportée au camp de Ravensbrück le 30 janvier 1944. J’ai été libérée le 7 mai 1945, par l’avance des Troupes Américaines. »
« Je n’ai pas été victime de sévices pendant mon séjour aux Brigades Spéciales. »
« Une perquisition effectuée à mon domicile au moment de mon arrestation, a amené la découverte et la saisie d’armes et de munitions. De plus, une surveillance de six jours a été effectuée à mon domicile. Au cours de cette surveillance, il m’a été dérobé, tout mon linge de corps et de maison, les vêtements de mon mari, ainsi que ses chaussures, deux fourrures, des bijoux trois alliances en or, une bague en or, une pièce d’or de vingt francs, un poste de T.S.F, des doubles rideaux, et tout mon ravitaillement. »
Elle porta plainte contre les inspecteurs qui l’arrêtèrent, et contre ceux qui se rendirent coupable de vol.
Chameroy épouse Bonnamy Marguerite a été homologuée au titre de la Résistance intérieure française (RIF), et Déportée internée résistante (DIR).
Elle mourut le 18 octobre 1985 à l’âge de 86 ans à Longjumeau (Essonne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article232819, notice BONNAMY Marguerite, Adolphine née CHAMEROY par Daniel Grason, version mise en ligne le 9 octobre 2020, dernière modification le 9 octobre 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : BS2 carton 41 (transmis par Gérard Larue), 77 W 3116-306.505. – Bureau Résistance GR 16 P 118084. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – État civil acte de décès site internet Match ID acte n° 499 N.

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