BENOIT Georges, André, dit André

Par Annie Pennetier

Né le 29 janvier 1905 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, Val-de-Marne), exécuté sommaire le 20 août 1944 au Fort de Romainville, Les Lilas (Seine, Seine-Saint-Denis) ; couvreur ; victime civile.

Georges André Quétié, fils de Marie Louise Quétié, journalière, 29 ans et de Joseph Christophe Benoit, 27 ans, couvreur, naquit au domicile de ses parents 7 rue Camille-Desmoulin à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, Val-de-Marne) ; il fut légitimé par le mariage de ses parents le 9 août 1913 et porta le nom de Benoit. Il devint couvreur comme son père. Sa demi-soeur Madeleine Alphonsine Quétié était de sept ans son aînée.
Pendant la Seconde guerre mondiale, célibataire, il vivait chez sa mère , Marie Benoit devenue veuve en 1942, tous deux domiciliés 27 quai de la Varenne (devenu quai Winston-Churchill) à Saint-Maur-de-Fossés.
Gilles Primout indique sur son site de la libération de Paris : « Jeanne Benoit, originaire de Saint-Maur, arrêtée le 19 août vers 13h00 parce qu’elle aurait abrité des parachutistes alliés ; a fait vraisemblablement l’objet d’une dénonciation. André (Georges ?) Benoit, son fils ».
Le 19 juillet 1944, au passage à niveau de Champigny-sur-Marne, commune limitrophe, des soldats allemands contrôlèrent une voiture occupée par des résistants armés venus de Pontault-Combault (Seine-et-Marne) et les arrêtèrent. Marie et André Benoit furent également emmenés au fort de Nogent-sur-Marne puis le lendemain dans celui de Romainville où la garnison allemande quittait les lieux mais ceux-ci furent réoccupés le jour même par des « Géorgiens » de l’armée Vlassov, troupes auxiliaires de la Wehmacht.
Le dimanche 20 août, dans l’après-midi, avant de quitter le fort, les « Géorgiens » mitraillèrent les onze victimes presque à bout portant, derrière le bâtiment central.
Le lendemain les résistants des Lilas découvrirent les corps.
Son acte de décès n°134 « Personne sexe masculin Identité inconnue » établie le 2 août 1944 le décrit ainsi : « quarante ans environ, corpulence moyenne, taille moyenne, cheveux châtains clairs, clairsemés, visage allongé complètement rasé. Vêtu d’un vêtement beige avec filets mauves et blancs, pantalon marron avec rayures plus claires, chemise noire, chaussures basses noires à lacets. »
En avril 2022, son acte de décès l’indique toujours comme identité inconnue.

Les photographies des suppliciés publiées dans la presse redevenue libre provoquèrent une forte émotion. Les équipes du Comité de libération du cinéma français (CLCF) filmèrent le 21 août, les images projetées dans les salles parisiennes quelques semaines plus tard marquèrent fortement les esprits.
A l’été 1945, l’exposition au Grand-Palais à Paris, « Crimes hitlériens » présenta également ce crime de guerre.
Son nom est gravé sur la plaque commémorative 1939-1945 de la mairie des Lilas, et sur celle de la mairie de Saint-Maur-des-Fossés. Le 1er décembre 1946 était inaugurée à la mairie de Saint-Maur la première « plaque commémorative aux victimes de la barbarie nazie apposée dans le vestibule de la mairie ». Il s’agit de personnes décédées en déportation ou fusillées. Marie et André Benoit n’y figuraient pas. Le Comité local de Libération reçut, dans les semaines suivantes, une lettre de Mme Madeleine Olin, fille de Marie Benoit et sœur d’André, demeurant 117 boulevard de Champigny à Saint-Maur, demandant que leurs noms soient inscrits sur cette plaque ; ce qui fut fait le 22 mars 1947 avec huit autres victimes inscrites sur la plaque complémentaire.

Fort de Romainville (Les Lilas, Seine-Saint-Denis) 20 août 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article232859, notice BENOIT Georges, André, dit André par Annie Pennetier, version mise en ligne le 17 octobre 2020, dernière modification le 29 avril 2022.

Par Annie Pennetier

SOURCES : SHD Vincennes, dossier Pierre Carayon. — Thomas Fontaine, Les oubliés de Romainville, Un camp allemand en France (1940-1944) p. 131-132, Tallandier, 2005 . — Document fourni par Gérard Carayon, texte de la borne 23 du Mémorial de Caen, octobre 2020.— [https://liberation-de-paris.gilles-primout.fr/larmee-vlassov-aux-lilas].— État civil, Les Lilas, acte de décès n°134, 1944, identité inconnue. — Arch. mun. de Saint-Maur-des-Fossés, 3H 14/1, état civil, consultées par Annie Jammet, 2022.

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