DUMAS Maxime

Par Alain Léger

Né le 25 décembre 1918 au Vigeant (Vienne), mort début 2015 ; ouvrier tourneur ; syndicaliste CGT ; secrétaire fédéral du Parti communiste dans la Vienne (février 1950-mai 1968).

Fils d’un facteur rural du sud-est de la Vienne, Maxime Dumas fut envoyé chez une tante à Poitiers pour suivre les cours de l’école primaire supérieure mais échoua en 1933 au concours d’entrée à l’École normale d’instituteurs. Il devint alors apprenti, avenue de Bordeaux chez Minmin-Survivor, petite usine de chaudronnerie et monte-charges dont l’un des trois associés était le père de Marcel Lavigne. Las de jouer les grouillots, il obtint de travailler sur un tour et devint aussitôt productif, même si la rémunération ne suivit pas. Se syndiquer à la CGT fut pour lui un acte naturel, comme de participer aux grèves et manifestations antifascistes de 1934.

En 1936, il fut embauché au Progrès, une coopérative spécialisée dans les charpentes métalliques où il fabriqua des matrices et des poinçons. Sept mois plus tard, il passa chez Flochet, un constructeur de fours de boulangerie. Il suivit aussi les cours du soir dispensés par Alphonse Bouloux et Louis Robert à La Bourse du Travail. Cloué au lit après les Accords de Munich, il se plongea dans Fils du peuple qu’il jugea émouvant et captivant.

Pendant la guerre, Maxime Dumas monta une section clandestine de la CGT pour revendiquer des augmentations de salaires et prit quelques responsabilités à l’Union locale.

En septembre 1944, il se rendit à la permanence communiste de la rue de la Celle pour prendre sa carte du Parti communiste. Mécontent d’un changement d’horaire, il trouva un poste mieux rémunéré chez Boulot & Grenet (actuel Montajault), puis se fit recruter au Parc d’artillerie qui offrait des conditions encore meilleures.

Maxime Dumas devint secrétaire de la section CGT du Parc d’artillerie et de la section PCF de Poitiers. En février 1950, Aurélien Pairault le fit entrer au secrétariat. En août, il visita Moscou. Aux élections législatives de fin 1951, il figura en quatrième position derrière Isabelle Douteau sur la liste du parti qui n’obtint aucun élu. À la rentrée, il fut licencié à la suite d’un voyage en Roumanie. En novembre, bien qu’il eût redouté ce changement, il fut recruté comme deuxième permanent et partit pour un stage de quatre mois à l’école centrale. Au retour, il devint premier secrétaire en remplacement d’Aurélien Pairault qui assurait l’intérim après l’éviction de Jean-Louis Vigier. Dumas fut un dirigeant solide, endurant, plutôt bon orateur, capable d’écrire des articles clairs et assez vivants, en particulier contre la guerre d’Algérie.

En avril 1953, deuxième derrière Alphonse Bouloux, il fut élu conseiller municipal de Poitiers, mais les communistes furent battus le 8 mars 1959. Il se présenta plusieurs fois aux cantonales sur Poitiers-Nord et obtint 2 034 voix le 22 avril 1958 (12 % des inscrits) et 1 201 le 4 septembre 1960 (6,9 % des inscrits).

Aux législatives, il fut deuxième de liste derrière Alphonse Bouloux qui fut seul élu en 1956, suppléant du même Bouloux le 23 novembre 1958 et le 18 novembre 1962, et il fut candidat pour la première fois sur Poitiers en 1967 (8 791 voix, 7,17 % des inscrits).

À la mi-mai 1968, il fut remplacé comme secrétaire fédéral par Paul Fromonteil, tandis que Tony Lainé représenta le parti sur Poitiers aux législatives de juin.

Maxime Dumas redevint, sans état d’âme, ouvrier au Parc d’artillerie et fut réintégré après la victoire de la gauche en 1981 dans la totalité de ses droits à retraite. Bien que favorable à l’Union de la gauche, il fut hostile aux candidatures uniques au premier tour et écrivit à Georges Marchais dès 1982 pour lui demander le retrait des ministres communistes du gouvernement. Il considéra d’ailleurs leur maintien comme une cause majeure du déclin électoral du Parti communiste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23300, notice DUMAS Maxime par Alain Léger, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 7 juin 2021.

Par Alain Léger

SOURCES : Patriote poitevin. — Semaine dans la Vienne Éléments d’autobiographie in Semaine dans la Vienne 24 avril 1960 et tiré à part électorat 4 septembre 1960. — Entretien et lettres 1994.

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