MOCQUET Georges, Gustave [Dictionnaire des anarchistes]

Par Dominique Petit

Né à Paris (IXe arr.) le 17 mai 1876 ; tapissier ; anarchiste et faux monnayeur parisien.

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

Son frère, Albert Mocquet, né le 17 janvier 1874 à Paris (IXe arr.) était également anarchiste.
Le 3 juin 1893, les frères Mocquet assistaient à un meeting, salle du Commerce, 94 rue du faubourg du Temple, pour protester contre la condamnation à mort de Foret.
Le 20 septembre 1893, des anarchistes se rendaient au 30 rue d’Aboukir, dans un café où se tenait une réunion de quartier, pour les fêtes Franco-russes. Georges Renard y tenait un discours internationaliste qui ne fut pas apprécié du public. Les anarchistes, dont Mocquet, Godard,Large, les sœurs Adnet Jeanne et Clotilde, Georges Renard, Boucher quittèrent la salle avant la fin de la réunion.
Le 24 septembre 1893, Mocquet assistait à une soirée familiale avec une trentaines d’anarchistes parmi lesquels Godard, Deforge, Boucher. La soirée avait été consacrée aux chants et aux poésies révolutionnaires.
Le 10 octobre 1893, un indicateur signalait qu’une quinzaine d’anarchistes parmi lesquels les frères Mocquet, Georges Renard, Godard, Large, Boucher, Mayence, Deforge, Bichon, s’étaient rendus salle Warin, 31 rue des Abesses mais la patronne leur ayant refusé la place, ils étaient allé en face, au n°28. Ils décidèrent d’organiser un grand meeting qui aurait lieu dans une salle de la rue des Entrepreneurs. Godard et Boucher devaient fournir l’argent pour financer les frais.
Le 22 novembre 1893, selon le rapport d’un indicateur, Mocquet, Georges Renard, Boucher, Godard, Deforge, Large, Henry et quelques autres faisaient bonne chair chez Philippeau, 38 rue des Abbesses à Montmartre. « Ils avaient dévalisé les boutiques de marchands de volailles du côté du parc Monceau et s’étaient fait préparer un repas copieux. »
Arrêté le 5 janvier 1894, pour association de malfaiteurs, dans dans le cadre de l’affaire de la rue des Abbesses (voir Marcel Hervy), Georges Mocquet demeurait chez ses parents 104 Boulevard de Clichy et selon la police , c’était lui qui, au début des années 1890, avait amené plusieurs jeunes gens aux idées anarchistes.
L’affaire d’association de malfaiteurs se solda finalement par un non lieu.
Georges Mocquet fut impliqué dans un affaire de fausse monnaie : le 30 juillet 1896, Maince et Lance étaient arrêtés à Etampes au moment où ils venaient d’émettre chez plusieurs négociants de la ville des pièces fausses de 5 francs à l’effigie de la République française. Ils étaient porteurs de 43 pièces fausses semblables. Ils refusèrent d’abord de faire connaître leurs noms et de répondre aux questions qui leur étaient posées. Mais leur identité ayant été vérifiée, l’un et l’autre reconnurent qu’ils faisaient partie d’une bande de faux monnayeurs.
L’information avait établi à leur charge et à celle de leur co-accusés, deux séries de faits de fabrication et d’émission de fausse monnaie commis à Bruxelles et à Paris (sur l’affaire de Bruxelles, voir Romain Labeyrie).
Vers le commencement de décembre 1895, les faux-monnayeurs étaient rentrés à Paris et s’étaient et s’étaient installés au domicile de leur mère, la veuve Labeyrie. Là, de complicité avec elle et avec la fille Hubert, maîtresse d’Augustin, qui était venue habiter avec eux, ils avaient fabriqué des pièces françaises de 2 francs, que les deux femmes avaient mises en circulation. Ensuite, vers la fin de décembre, ils avaient opéré, avec d’autres complices, dans d’autres locaux, en se partageant en deux groupes. D’un côté, Augustin, sa sœur Léonie, âgée seulement de 14 ans à ce moment et la fille Hubert étaient fixés 70 rue Truffaut et, avec l’aide d’Alphonse et Louis Boucher et de Mocquet, ils avaient repris la fabrication des pièces fausses de 5 francs. D’un autre côté, Romain Labeyrie, sa maîtresse Anaïs Henry et sa sœur Anne-Charlotte Labeyrie, avaient fabriqué de fausses pièces françaises d’argent, dans une chambre, située 154 rue Oberkampf et en avaient opéré l’émission. Plus tard, encore, Maince s’était joint à eux et s’était associé à leur coupable industrie. La seconde série de faits s’était produite dans les circonstances suivantes : Romain Labeyrie n’avait pas tardé à retourner à Bruxelles avec Maince, où toute la bande s’était empressée de les rejoindre. Enfin en France où la plupart des accusés étaient rentrés, en juillet 1896, Alphonse Boucher et Léonie Labeyrie, qui résidaient alors à Clichy, 42 rue de Paris, avaient fabriqué et émis dans cette localité des monnaies françaises d’argent contrefaites.Ils avaient eu pour associé, depuis quelques jours, le nommé Reistroffer, condamné aux travaux forcés à perpétuité, et qui les avait quittés bientôt, pour aller 27 rue Duhesme à Paris, exercer la même criminelle industrie avec Mocquet et Louis Boucher. Ces deux hommes coulaient les pièces et Reistroffer les ponçait ; chacun d’eux participait à l’émission. De plus Maince et Lance fabriquaient dans un logement, rue Oberkampf, de fausses pièces de 2 francs et c’est en émettant à Etampe ces pièces à l’effigie de Napoléon III et de la République que Maince et Lance furent arrêtés. La veuve Labeyrie ne s’est pas bornée à émettre elle-même des pièces fausses. Le 29 mai 1896, elle a été surprise au moment où elle venait de faire émettre par la plus jeune de ses filles, nommée Louise et âgée de 10 ans, une pièce de 2 francs fausse, chez un pharmacien de la rue de Rivoli, cette pièce venait d’être refusée ailleurs.
Les 10, 12 et 13 juillet 1897, la cour d’assises de Versailles jugeait neuf inculpés : Maince (Emile) 23 ans, Lance (Camille) 21 ans, fille Hubert, 22ans, Mocquet (Georges) 21 ans, fille Labeyrie (Anne-Charlotte) 14 ans, veuve Labeyrie, 48 ans, fille Labeyrie (Jeanne) 16 ans, Boucher (Léon-Alphonse) 27 ans, Boucher (Louis-René) 22 ans. Ils comparaissaient sous l’accusation d’avoir à Bruxelles et en France contrefait ou altéré des monnaies d’argent ayant cours l égal et participé à l’émission des dites monnaies, sachant qu’elles étaient contrefaites.
Après deux heures de délibération, le jury rapportait un verdict négatif en ce qui concernait Louis Boucher et Labeyrie Lucie, dont la cour prononçait l’acquittement et de culpabilité à l’égard des autres accusés, mitigé par l’admission de circonstances atténuantes. En conséquence, la Cour condamnait Georges Moquet, la veuve Labeyrie et Alphonse Boucher, chacun à cinq années de réclusion ; Léonie Labeyrie, en raison de son jeune âge, était envoyée dans une maison de correction jusqu’à 20 ans. En ce qui concernait Maince, Lance et Hubert, application leur était faite de l’article 138 du code pénal, qui déclarait exempt de peine ceux qui avant la consommation des crimes et avant toutes poursuites en avaient donné connaissance et révélé les auteurs aux autorités constituées, ou qui même après les poursuites commencées avaient procuré l’arrestation des autres coupables.
Georges Mocquet purgea sa peine à la maison centrale de Melun, à partir du 21 août 1897, jusqu’au 30 avril 1899, où il était mis en liberté conditionnelle.
De la classe 1896, il avait été déclaré « bon pour le service » mais il fut exclu de l’armée à la suite de sa condamnation et mis à disposition du ministère de la marine, le 8 janvier 1898. Il fut alors incorporé aux sections métropolitaines d’exclus qui regroupaient tous ceux condamnés à au moins deux ans de prison. Ils étaient utilisés pour les travaux les plus rebutants des arsenaux.
Il arriva à la section d’activité d’exclus à Toulon le 3 mai 1899.
Libéré du service actif le 30 avril 1902, il fut affecté aux sections métropolitaines de mobilisation à Amiens.
Rappelé le 11 août 1914, à la 2e section métropolitaine d’exclus, il passa à la 13e section d’exclus le 7 mai 1915 et fut mis en congé de démobilisation le 7 février 1919.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article233070, notice MOCQUET Georges, Gustave [Dictionnaire des anarchistes] par Dominique Petit, version mise en ligne le 16 octobre 2020, dernière modification le 17 octobre 2020.

Par Dominique Petit

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York
Fiche photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

SOURCES : Archives Départementales du Var 1M241 — Archives nationales F7/12508 — Archives de la Préfecture de police Ba 78 — Notice Georges, Gustave Mocquet du Dictionnaire biographique des militants anarchistesL’Echo de Versailles et de Seine-et-Oise 18 juillet 1897 — Archives de Paris. 6e bureau, matricule 2768, classe 1896. D4R1 914 — Le régime disciplinaire des Sections d’Exclus Métropolitains et Coloniaux dans le Forum Passion-Militaria.

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