GILIOLI Onofrio

Par Rolf Dupuy, Marianne Enckell

Né le 8 août 1882 à Rovereto di Novi (Modena, Italie), mort en 1968 à Fontenay-sous-bois (Val-de-Marne). Cordonnier, ouvrier du bâtiment ; anarchiste.

Onofrio Gilioli, qui s’était marié en septembre 1903 avec Maria Giuseppa Pelliciari (née à Rovereto le 24 décembre 1883), fut le père de neuf enfants nés entre 1903 et 1926 et prénommés respectivement Rivoluzio (1903-1937), Libero (1905-1927), Siberia (1908-2005), Equo (1910-1997), Scintilla (1912-2004), Protesta (1916-2006), Sovverte (1920-2004), Ribelle (1923-) et Feconda Vendetta (1926-2008).
En 1911 il était signalé comme étant abonné au journal L’Agitatore (Bologne) et en février 1912 comme membre « du parti syndicaliste » italien. Il participait à cette époque aux dures grèves (6 mois) de la région où il était l’un des principaux organisateurs du mouvement libertaire. Pendant la guerre il fut interné en forteresse militaire à Crocetta Trevisana.

Revenu à Rovereto dans l’immédiate après-guerre, il poursuivit son militantisme puis décida d’émigrer en France où se trouvait déjà l’un de ses fils, Rivoluzio. En 1924 il résidait rue des Moulins à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) où il avait acquis et agrandi un chalet dans un jardin ; cette maison allait être un point de chute de nombreux militants italiens, mais aussi russes (dont Alexandre Tanaroff) et allemands. Il participait comme toute la famille aux divers comités de réfugiés italiens et en 1933-1934 fut membre du Comité fédéral de la la Fédération anarchiste des réfugiés.

En 1935, selon la police, il résidait avec son frère (ou son fils ?) Equo au 8 Villa des Frènes à Fontenay (un nom sans doute attribué à un chemin sans nom) et figurait sur une liste d’anarchistes de la région parisienne. Les 1-2 novembre 1935 il participait à Sartrouville au Congrès italien où était fondé le Comite Anarchico d’Azione Rivoluzionaria et participait activement à la lutte contre les expulsions de réfugiés.En 1937 il était nommé membre du Comité pour l’Espagne libre de Paris et effectuait de nombreux voyages entre la France, Port Bou et Barcelone. Il figurait à l’époque, comme ses fils Equo et Rivoluzio sur la liste « Menées terroristes » établie par la sureté générale française.

Au moins trois de ses enfants, Rivoluzio, Siberia et Equo, furent volontaires en Espagne ; Rivoluzio y mourut en 1937.

En 1940, comme son fils Equo, Onofrio Gilioli figurait sur une liste d’éléments « subversifs dangereux » transmis aux autorités allemandes d’occupation par la police fasciste italienne. Mais il était à l’époque déjà passé en zone « libre » et excepté un bref internement dans un camp n’eut pas d’autres ennuis. A la Libération, il rentra avec sa famille à Fontenay où il est décédé en 1968.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article233095, notice GILIOLI Onofrio par Rolf Dupuy, Marianne Enckell, version mise en ligne le 17 octobre 2020, dernière modification le 18 octobre 2020.

Par Rolf Dupuy, Marianne Enckell

SOURCES : ADGard 1M757 (Menées terroristes, 16 avril 1937) — Dizionario biografico degli anarchici…op. cit. (Notice de C. Silingardi) — Claudio Silingardi, Rivoluzio Gilioli, un anarchico nella lotta antifascista, 1903-1937, Modena, 1984 — CAC Fontainebleau 200 10216/171. — Etat civil.

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