RECHE Antoine

Par Jean-Luc Marquer

Né le 4 septembre 1923 à Soissons (Aisne), fusillé le 28 juillet 1944 au Pont-de-Claix (Isère) mais survivant à ses blessures ; sans profession connue ; résistant, maquis du Vercors.

Antoine Reche s’engagea dans la Résistance et rejoignit le maquis du Vercors.
Obéissant à l’ordre de dispersion donné le 23 juillet 1944 par François Huet, chef militaire du Vercors, il tenta de rejoindre le maquis de l’Oisans avec son camarade Manuel Mellado.
Le 28 juillet 1944, des soldats allemands établirent un barrage au pont sur le Drac au Pont-de-Claix (Isère).
Antoine Reche et Manuel Mellado y furent arrêtés vers midi et demi puis conduits dans une école du Pont-de-Claix qui servait de poste de commandement aux troupes d’occupation. Malgré les faux-papiers qu’ils avaient présentés, leurs tenues sales et déchirées et l’absence de certificats de travail les avaient rendu suspects.
Ils retrouvèrent deux camarades de maquis, qu’ils connaissaient de vue mais dont ils ignoraient les identités. L’un avait été arrêté la veille, l’autre, un peu avant eux.
Les quatre hommes furent interrogés par un homme en civil et deux militaires allemands. Ils furent roués de coups de poing et de crosse de pistolet puis ils furent contraints de rester debout, les mains liées dans le dos, face au mur.
Vers 22h30, ils furent conduits à pied sur la rive du Drac et alignés en bordure de la digue.
Un gradé allemand passa alors derrière chaque prisonnier, tirant une balle dans la région du cœur puis poussant la victime en bas de la digue. Puis il fut tiré plusieurs coups de feu sur les corps qui gisaient dans l’obscurité.
Le lendemain, trois cadavres furent découverts sur une rive du Drac, ceux de Manuel Mellado, Abel Moro et d’un inconnu.
Antoine Reche, lui, survécut à ses blessures et réussit à s’enfuir.
Il attendit le départ des Allemands, se sauva à la nage dans le Drac jusqu’à Échirolles (Isère) où il trouva refuge dans la cité de la Viscose, le 29 juillet 1944 vers 7 heures du matin.
La direction de l’usine fit alors le nécessaire pour le soigner et le cacher.
Les éléments d’information ci-dessus sont tirés de la déposition qu’il fit pour le Mémorial de l’oppression le 19 décembre 1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article233179, notice RECHE Antoine par Jean-Luc Marquer, version mise en ligne le 26 octobre 2020, dernière modification le 22 avril 2021.

Par Jean-Luc Marquer

SOURCES : Arch. Dép. Isère, Mémorial de l’oppression, 2 MI 2233, transmis par B. Tixier, Association "Histoire et patrimoine du Gua" — SHD Vincennes, GR 16 P 502755 (nc) — Mémoire des hommes

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