RUHLMANN Marcel, Louis

Par Audrey Galicy

Né le 21 mai 1906 à Lunéville (Meurthe-et-Moselle), exécuté sommairement le 6 juillet 1944 au Pont-Long à Pau (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques) ; retraité de la marine nationale ; résistant du Corps Franc Pommiès (CFP), Organisation de Résistance de l’Armée (ORA).

Fils de François Louis Ruhlmann, tourneur sur fer et de Marie Apolline Ferry, Marcel Ruhlmann, épousa le 13 décembre 1930 à Lunéville, Alice Lehmann, sœur de Charles Lehmann, marin militaire et résistant au Corps Franc Pommiès.
Il s’engagea à 19 ans dans la marine nationale. Il était maître chauffeur sur le navire de ligne "Strasbourg" lors du sabordage de la flotte à Toulon en 1942. Son beau-frère, Charles Lehmann, frère de son épouse, était marin-coiffeur sur le « Strasbourg ». Il obtint la médaille militaire en 1937, après 12 ans de service dont 7 ans à la mer.
Résistant dans la Brigade De Milleret ("Carnot"), il se trouvait à Portet (Basses-Pyrénées), dès juin 1944, aux côtés de son beau-frère Charles Lehmann, en compagnie de 180 camarades, anciens militaires ou hommes recrutés dans le secteur. Le chef du détachement, Jean Milleret (« Carnot »), chef FFI des Landes, s’était installé dans la région avec son état-major, la section de commandement, la section destructions de Robert Vaxelaire, la section d’Emile Dupuy, la compagnie Maulvaux et la section auto. Les 1er et 2 juillet, De Milleret fut informé d’une attaque possible des troupes allemandes. Il lui fut alors fortement conseillé de changer de cantonnement et de répartir ses hommes, trop nombreux à Portet. La décision de quitter le cantonnement fut prise le 2 juillet au soir.
Le lundi 3 juillet 1944, à 4h00 du matin, un important détachement allemand lourdement armé et parfaitement renseigné, encercla et isola le village. A 6h00, les Allemands lancèrent l’attaque. Pour les maquisards, aucune solution de repli n’était possible. Certains s’enfuirent ou se cachèrent dans les bois, les granges, d’autres ripostèrent. L’attaque fut violente et le bilan matériel et humain particulièrement lourd. Neuf maisons furent incendiées, 14 résistants furent tués au combat, 5 habitants du village furent abattus.
Capturé, Marcel Ruhlmann, fut, avec 38 de ses compagnons, transporté, enfermé et torturé dans les prisons de la caserne Bernadotte à Pau. Le 6 juillet, le commandant allemand prit la décision d’exécuter les prisonniers. Emmenés au champ de tir du Pont-Long, au nord de Pau, ils furent exécutés sommairement à la mitraillette et leur corps jeté dans une fosse. Des miliciens auraient enterré les corps dans les fosses.
« Ils sont restés au champ de tir jusqu’à 19h00 environ et ont rejoint leur camion en riant et en chantant » selon un témoin.
La fosse fut découverte, avec trois autres, le 25 août 1944. Les corps furent déterrés par des prisonniers allemands et des miliciens ayant participé au massacre.
Marcel Rulhmann fut identifié : « - taille 160, chev.ch. probablement calvitie frontale
- chemise grise rayée, ceinture cuir, pantalon bleu de travail, souliers bas à semelle de bois
- un porte-monnaie blague, 1 briquet en metal blanc, 1 alliance, 1 chevalière avec les initiales A.R. jaune avec métal blanc au milieu, 1 trousseau de clefs ; 1 dé à coudre
IDENTIFIE : RULHMANN Marcel
Homologué sous-lieutenant à titre posthume en 1946, Marcel Ruhlmann reçut la mention « Mort pour la France ». Son nom est inscrit sur le mémorial du CFP à Castelnau-Magnoac, le Monument commémoratif de Portet qui compte 62 noms. A Lunéville (Meurthe-et-Moselle), sa ville d’origine, son nom figure sur le monument aux morts, sur la plaque commémorative FFI et sur la plaque commémorative 1939-1945 de l’église Sainte Jeanne-d’Arc. Il figure depuis peu, sur une plaque installée à Pau, au charnier du Pont-Long.


Voir Pau (Basses-Pyrénées, actuellement Pyrénées-Atlantiques), champ de tir du Pont-Long, 6 juillet - août 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article233204, notice RUHLMANN Marcel, Louis par Audrey Galicy, version mise en ligne le 21 octobre 2020, dernière modification le 22 juin 2022.

Par Audrey Galicy

SOURCES : Archives de Meurthe et Moselle. — MémorialGenWeb. — Mémoire des Hommes. — CERONI, Marcel Corps Franc Pommiès. Tome 1-2 ; La lutte ouverte, Amicale du Corps Franc Pommiès, 2007.

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