BOURDEAUX Georges, Antoine dit Jo, Marcel, Antoine

Par Daniel Grason

Né le 16 juin 1926 à Moulins (Allier), mort à une date inconnue ; résistant FTP ; déporté à Buchenwald (Allemagne).

Fils de Raymond et d’Adèle, Anne Lauchier domiciliés à Creuzier-le-Vieux (Allier), il entra à l’âge de dix-sept ans dans la résistance. Il a été arrêté et interrogé par les Allemands le 4 septembre 1943, il fut très probablement frappé, tabassé. Dans le courant de juillet 1943, il rencontra Paul Clergé de Chatenay-Malabry (Seine, Hauts-de-Seine). Il accepta d’entrer dans un groupe de résistants.
Les membres du groupe furent chargés d’organiser des attentats contre des gradés et des soldats de l’armée allemande. Chaque membre était appointé deux mille francs par mois et touchait une prime pour chaque attentat perpétré. Georges Bourdeaux quitta son emploi à Maisons-Laffitte et s’installa à Chatenay-Malabry. Quant à Paul Clergé, il était hébergé par la mère de son amie Hélène Benzit.
Au début juillet 1943 il fit la connaissance d’un prénommé Émile qui habitait chez Clergé. Vers le 15 août 1943, Georges Bourdeaux quitta le domicile de Clergé par mesure de sécurité. Il se réfugia chez sa tante Raymonde Bourdeaux, domiciliée au 2 impasse Bua à Antony (Seine, Hauts-de-Seine), celle-ci ignorait tout de son activité.
Paul Clergé lui présenta « Rageac » (François (Franz) Roeckel), responsable FTP. Il le rencontra à plusieurs reprises. Des rendez-vous eurent lieu à Robinson. Georges Bourdeaux lui donna une photographie pour l’établissement d’une fausse carte d’identité.
À la fin juillet 1943 Paul Clergé l’informa de la préparation d’un attentat par « Rajeac » contre un policier français ou un membre de l’armée d’occupation. Il lui aurait demandé d’observer le plus grand silence sur son activité.
Georges Bourdeaux travailla comme porte-faix à la gare Saint-Lazare et fit la connaissance de Bouchet, Sabatier et Pelcoq et de leurs amies respectives. « Rageac » lui remis le 15 août 1943 un pistolet qu’il devait remettre à un autre résistant au métro Robinson qui serait en compagnie de Clergé. Personne ne se présenta au rendez-vous, il garda le pistolet comptant le remettre à « Rageac » lors d’un prochain rendez-vous. Georges Bourdeaux ne participa à aucun attentat.
Les allemands organisèrent une confrontation entre Georges Bourdeaux et Hélène Beuzit l’amie de Clergé, elle déclara ne pas le connaître. Il affirma le contraire « ayant habité durant un mois à son domicile et mangeant à sa table. »
Le 7 septembre 1943 des inspecteurs de la BS2 interrogèrent à leur tour Georges Bourdeaux. Il rappela les circonstances dans lesquelles il fit la connaissance de Clergé, Sabatier « Marius », Bouchet « Jean », Pelcocq « Henri ». Il déclara « J’avoue que je me suis vanté auprès de Sabatier d’être au courant de l’assassinat d’un commissaire de police. En fait, je ne l’ai su que par ce qu’en a dit la presse, et aussi un petit tract donné par Clergé. »
Il assista à des conversations entre les membres du groupe, il en avait déduit que Clergé était sous les ordres de Delannoy, et à l’occasion était dans le groupe de « Rageac ». Ce groupe comprenait cinq hommes : « Maurice », « Émile », et deux jeunes de vingt-quatre à vingt-cinq ans. Delannoy était responsable d’un autre groupe comprenant Gondolfo, Maurice Leclerc, et d’autres hommes qui étaient chargés de la diffusion de la propagande.
Georges Bourdeaux fut frappé lors de son interrogatoire. Il reconnut avoir reçu de « Rageac » un pistolet automatique le 14 août 1943. Il devait remettre l’arme le lundi suivant à un résistant accompagné de Clergé au métro Robinson. Il rendit l’arme à « Rageac ».
Incarcéré, Georges Bourdeaux était le 14 décembre 1943 dans le convoi de 934 hommes à destination de Buchenwald en Allemagne, plus du tiers des déportés moururent.
Le 11 avril 1945 dans l’après-midi, l’armée américaine conduite par le général Patton libérait Buchenwald. Le Comité militaire clandestin international l’accueillit. Le Comité des intérêts français était composé de : Frédéric-Henri Manhès, Albert Forcinal, Marcel Paul, Robert Darsonville et Jean Lloubes représentaient les français au sein de ce comité précisa Olivier Lalieu dans son ouvrage La zone grise ? La résistance française à Buchenwald.
Dans 1945 La découverte, Annette Wieviorka soulignait : « c’est avec l’arrivée du résistant communiste Marcel Paul, en mai 1944, qui devient l’interlocuteur des dirigeants allemands, que le parti communiste français s’organise véritablement à Buchenwald et qu’il rassemble d’autres courants de la Résistance dans le Comité des intérêts français. Désormais, le Comité est à présent dans l’organisation de résistance du camp et peut protéger certains détenus. »
Matricule 38817 il rentra de déportation. Georges Bourdeaux a été homologué combattant des Forces françaises de l’intérieur (FFI), et Déporté interné résistant (DIR).
Il mourut à une date inconnue.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article233238, notice BOURDEAUX Georges, Antoine dit Jo, Marcel, Antoine par Daniel Grason, version mise en ligne le 22 octobre 2020, dernière modification le 22 octobre 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BS2 carton 35 (transmis par Gérard Larue), BA 2309. – Bureau Résistance GR 16 P 81182. – Annette Wieviorka, 1945 La découverte, Éd. Seuil, 2015. – Olivier Lalieu, La zone grise ? La résistance française à Buchenwald, préface de Jorge Semprun, Éd. Tallandier, 2005. – Pierre Durand, Les Français à Buchenwald et à Dora, Éd. Sociales, 1977. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément