AUGIER Célestin, François

Par Louis Botella, Renaud Poulain-Argiolas

Né le 17 mars 1896 à Arles (Bouches-du-Rhône), mort le 18 août 1963 à Miramas (Bouches-du-Rhône) ; pointeur releveur à la SNCF ; syndicaliste CGT des Bouches-du-Rhône ; militant communiste de Miramas.

Célestin Augier
[photo fournie par Frédéric Ligé]

Le père de Célestin Augier, François Augier, né à Arles, était menuisier. Sa mère, Marie, Félicie Faure, originaire de Sainte-Valière (Aude), était sans profession.
Le couple avait deux autres enfants, Marie Thérèse, née en 1889, et Louis Joseph, né en 1899. Lors du recensement de la population de 1906, le foyer était domicilié rue Amédée Pichot à Arles. Le père était alors horloger et restaurateur. La fille était était embauchée comme employée par son père. La famille avait un domestique, Léon Trouillas, 41 ans, originaire d’Alès (Gard), qui logeait sur place. La mère du père de famille, Marie Chabaud, née en 1832 à Arles, vivait également avec eux.

Mobilisé pour la campagne d’Allemagne du 11 avril 1915 au 17 septembre 1919, Célestin Augier fut actif dans les 157e et 140e régiments d’infanterie. Il fut blessé à deux reprises : touché à l’aine en août 1917 par une balle de mitrailleuse qui lui traversa les deux cuisses, puis intoxiqué au gaz en juillet 1918. Démobilisé avec la mention « bon soldat, ayant toujours accompli son devoir », il se retira à Arles, au 4 place Vendome en septembre 1919.

Le 12 novembre 1919, il était domicilié à la campagne Chauvet à Miramas.
C’est d’ailleurs dans cette commune qu’il s’était marié le 11 octobre 1917 avec Marie, Thérèse, Edmonde Chauvet. Le couple eut deux filles : Jeannine, en 1918, et Henriette, en 1924. La seconde fut l’épouse du cheminot Jean Ligé.

Les années qui suivirent la Première guerre mondiale témoignent d’un certain nombre de déménagements et de changements d’activités de Célestin Augier.
De source familiale, il suivit des cours à l’École des Beaux-Arts d’Arles sans qu’on ait toutefois la preuve qu’il obtint un diplôme. D’octobre 1921 à juillet 1922, il exploita le Café de France à Salernes, dans le Var. Comme il cherchait sa voie, sa femme le poussa à entrer aux chemins de fer. Son état signalétique confirme qu’il fut classé affecté spécial au Paris-Lyon-Méditerranée comme pointeur releveur à Miramas en janvier 1926. A cette époque il vivait rue Castagne. On le raya plus tard de l’affectation spéciale par « mesure disciplinaire ».

En octobre 1938, il figurait sur la liste des candidats présentés par la CGT lors de l’élection des délégués suppléants auprès du chef de l’arrondissement Exploitation de Marseille du réseau Sud-est de la SNCF.

Il travailla au dépôt de la gare de Miramas jusqu’à la retraite avant de devenir peintre décorateur à la salle de spectacle de l’UAICF (Union Artistique et Intellectuelle des Cheminots Français). Il y assurait les décors des représentations des spectacles de fin d’année. Il y jouait ou chantait parfois et animait les fêtes d’anniversaire des cheminots organisées par la SNCF. Il reçut d’ailleurs un service à fumeur en cuivre jaune portant une plaque gravée « pour service rendu ».
Sur le plan artistique, il était en relation avec le peintre Léopold Lelée, connu notamment pour ses Arlésiennes.
D’après les recherches effectués par son petit-fils Frédéric Ligé, Célestin Augier aurait créé les petits trains multicolores en bois qui représentèrent longtemps la composition des trains sur les panneaux des quais de gares.

Mobilisé pour la Seconde guerre mondiale le 22 janvier 1940, il fut réintégré à sa subdivision d’origine, affecté au 157e RI, 2e compagnie de Défense passive (dépôt d’infanterie 154 de Marseille). On lui accorda un certificat de bonne conduite et il fut renvoyé dans ses foyers le 10 mai 1940.
Un rapport de police du 2 août 1941 du commissaire principal de première classe Seignard, chef des services de la Police spéciale de Marseille, citait Célestin Augier dans une liste de vingt-huit cheminots communistes de Miramas. Ce rapport 11.248 RI/SP, adressé à l’intendant régional de police qui l’avait demandé, mentionnait qu’il vivait dans le quartier des Chirons et avait été radié de l’Affectation spéciale.
Dans le courant de l’année 1941, les gendarmes vinrent chercher Célestin Augier à son domicile pour le conduire à la caserne de Nice. On devine qu’il fut mobilisé un temps dans l’armée d’armistice.

On ignore s’il était encore communiste après la guerre.
Il termina sa vie à son domicile du 27, rue Sully et mourut des suites d’une insolation qui le frappa alors qu’il faisait des travaux chez lui.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article233255, notice AUGIER Célestin, François par Louis Botella, Renaud Poulain-Argiolas, version mise en ligne le 29 mai 2021, dernière modification le 29 mai 2021.

Par Louis Botella, Renaud Poulain-Argiolas

Célestin Augier
[photo fournie par Frédéric Ligé]
Célestin Augier (assis à gauche) entouré de collègues cheminots. Le 3e debout à partir de la gauche était M. Gilles, un de ses voisins de la rue Sully.
[cliché fourni par Frédéric Ligé]

SOURCES : Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône, 142 W 6. — Recensement de la population, Arles, 1906 (Filae). — État signalétique et militaire : AUGIER, Célestin, François, classe 1916 (matricule 2664), 1 R 1407. — Le Cheminot syndicaliste, organe de l’Union des syndicats CGT de cheminots du PLM puis du Sud-est, 10 octobre 1938 (Institut d’histoire sociale de la Fédération CGT des cheminots). — Données du site Généanet. — Notes de Sébastien Avy. — Témoignage de Frédéric Ligé (petit-fils de l’intéressé). — Archives Ligé-Rossi.

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