HERNIK Zdzislaw, Édouard [Pseudonyme dans la Résistance : Jimmy]

Par Jean-Luc Marquer

Né le 13 septembre 1920 à Stryj (Pologne, aujourd’hui Stryï, Ukraine), sommairement exécuté le 29 juillet 1944 à Autrans (aujourd’hui Méaudre-Autrans-en-Vercors, Isère) ; résistant homologué Forces françaises de l’Intérieur.

Tombe Zdzislaw HERNIK, Nécropole Nationale de la Doua, Villeurbanne (Rhône)
Tombe Zdzislaw HERNIK, Nécropole Nationale de la Doua, Villeurbanne (Rhône)
Photo : Geneanet, sous licence d’usage CC BY-NC-SA 2.0

Selon son acte de décès, Zdzislaw Hernik était le fils de Jean et de Janine.
En septembre 1939, des milliers de polonais parvinrent à quitter leur patrie pour rejoindre la France alors en guerre où des unités de polonais sont reconstituées.
Zdzislaw Hernik fit ainsi partie de la brigade autonome de chasseurs de Podhale, constituée en France, à Malestroit (Morbihan), conformément aux conventions interalliées du 4 janvier 1940 avec le gouvernement polonais en exil.
L’organisation était calquée sur le modèle français des brigades de chasseurs alpins. La brigade fut équipée en totalité de matériel français payé sur les crédits déjà accordés à la Pologne avant les hostilités et elle compta environ 5 000 soldats et officiers ».
On retrouva ce jeune polonais en Norvège aux côtés de ses frères d’armes français. Il combattit donc à Narvik, où le 6ème BCA s’illustra avant de regagner la France ou les allemands avaient attaqué le 10 mai 1940 après de longs mois de drôle de guerre.
Il fut blessé à Dunkerque, sans doute au mois de mai avant que le « camp retranché » établi dans cette ville ne tombe la première semaine de juin aux mains de la Wehrmacht. Pour sa convalescence, il fut envoyé dans un camp de de travail dans le centre de la France. Il s’enfuit en Algérie, revint en France, y fut de nouveau arrêté et interné dans un camp de travail.
En 1941, il rejoignit le Lycée Cyprian Norwid à Villard-de-Lans (Isère), cas unique d’une institution de cette sorte dans l’Europe sous la botte allemande.
Étudiant au lycée, il s’engagea dans les rangs de la résistance dès mars 1944, bien avant la mobilisation générale décrétée en juin 1944 par les autorités du Vercors. Il fit partie du 12ème Bataillon de Chasseurs Alpins du commandant Philippe, basé dans les Coulmes. Il fut ensuite affecté au sein d’une unité du 11ème Régiment de Cuirassiers afin de construire et de protéger une piste au sud de Vassieux (aujourd’hui Vassieux-en-Vercors, Drôme).

Il était alors sans doute sous les ordres de Pierre Haezebrouck, le responsable des travaux. Cette piste commença à être aménagée au lendemain de l’arrivée de la mission Paquebot, le 7 juillet 1944.
Le 17 juillet, une partie des polonais, « requis », certains de force par les maquisards, rejoignit Zdzislaw Hernik à Vassieux. Ils firent désormais partie avec d’autres du groupe du capitaine Hardy dit Haezebrouck chargé de la défense et de l’aménagement de la piste d’atterrissage de Vassieux.
Le 21 juillet 1944, des planeurs allemands atterrirent sur la piste prévue pour les avions alliés. Une grande partie des polonais de Vassieux fut tuée le jour même. Un rescapé de l’attaque du Vercors, un lycéen du nom d’Edward Renn, qui se cacha dans une cavité dans le village même, parvint à s’enfuir et retrouva Zdzislaw Hernik le 23 juillet 1944 à la grotte de la Luire.
Entre le 21 et le 23 juillet 1944, ce dernier avait tenté de poursuivre le combat à Valchevrière (Isère) puis avait transporté des blessés vers l’hôpital aménagé dans la grotte de la Luire (Saint-Agnan, aujourd’hui, Saint-Agnan-en-Vercors, Drôme).
Le docteur Ganimède, qui dirigeait l’hôpital souterrain, demanda alors aux blessés les moins atteints de quitter la grotte.
Zdzislaw Hernik aida Roger Fillot-Légerot à quitter l’hôpital.
Les deux hommes tentèrent de gagner Autrans (aujourd’hui Méaudre-Autrans-en-Vercors, Isère) où ils avaient des attaches mais ils furent capturés et sommairement exécutés le 29 juillet 1944 au lieu-dit "Les Éperouses", commune d’Autrans.
Zdzislaw Hernik obtint la mention "Mort pour la France" et fut homologué résistant, membre des forces françaises de l’Intérieur.
Il est maintenant enterré dans la nécropole nationale de La-Doua à Villeurbanne (Métropole de Lyon), carré A, rang 10, sépulture 72.
Son nom figure sur une croix érigée sur le lieu des exécutions, sur un monument aux morts pour la France et la Pologne érigé dans le cimetière de Villard-de-Lans, sur la station 7 du Chemin de Croix qui part de l’Essarton jusqu’à Valchevrière en passant par Bois Barbu, départementale D215C, à Villard-de-Lans et sur une plaque apposée à l’École polonaise de Paris, 13-15 rue Lamandé, Paris XVIIème Arr..


Notice provisoire


Voir : Autrans

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article233324, notice HERNIK Zdzislaw, Édouard [Pseudonyme dans la Résistance : Jimmy] par Jean-Luc Marquer, version mise en ligne le 10 novembre 2020, dernière modification le 10 novembre 2020.

Par Jean-Luc Marquer

Tombe Zdzislaw HERNIK, Nécropole Nationale de la Doua, Villeurbanne (Rhône)
Tombe Zdzislaw HERNIK, Nécropole Nationale de la Doua, Villeurbanne (Rhône)
Photo : Geneanet, sous licence d’usage CC BY-NC-SA 2.0

SOURCES : SHD Vincennes, GR 16 P 291827 (à consulter) — AVCC Caen, AC 21 P 50232 (à consulter) — Mémoire des hommes — Mémorial GenWeb — Geneanet — Le Pionnier du Vercors, n°81, nouvelle série, décembre 1992 — https://www.vercors-resistance.fr/http://brunorey.hautetfort.com/archive/2013/04/19/la-resistance-dans-le-val-autrans-meaudre-a-travers-les-pier.htmlhttp://www.museedelaresistanceenligne.org — État civil

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