DUNAND Fortuné, Marcel

Par Jacques Girault

Né le 26 novembre 1913 à Lambruisse (Basses-Alpes), mort le 27 octobre 1998 à Riez (Alpes-de-Haute-Provence) ; instituteur ; secrétaire de la section des Basses-Alpes du Syndicat national des Instituteurs (1938-1939, 1945-1968) ; militant d’associations laïques et mutualistes ; conseiller municipal de Riez.

Fils d’un facteur des PTT et d’une repasseuse, Marcel Dunand reçut les premiers sacrements catholiques. Élève du cours complémentaire du Riez, il entra à l’École normale d’instituteurs d’Avignon (Vaucluse) qui regroupait aussi les garçons des Basses-Alpes, en 1930. Il abandonna très vite toute croyance. En octobre 1933, dès son premier poste aux Chauvets, il adhéra au syndicat de la Fédération de l’Enseignement (CGTU) majoritaire dans le département. Après son service militaire, il fut successivement nommé à Peyruis, à l’Hospitalet, puis à Villedieu (Valensole), exerçant aussi les fonctions de secrétaire de mairie. Lecteur assidu de L’École émancipée, il pratiqua très tôt les méthodes d’enseignement à l’École moderne, en relations avec Freinet et ses correspondants dans le département.

Après l’unification du syndicat dans le Syndicat national, les anciens "unitaires" occupaient des postes de responsabilités. Dunand, notamment responsable du groupe de jeunes dans le département, aida à la création d’une auberge de jeunesse. Il fut le vice-président du CLAJ à sa constitution dans le département. Membre du conseil de la section syndicale, il devint secrétaire départemental en octobre 1938. Il partageait les analyses des « Amis de L’École émancipée » sur la question de l’indépendance du syndicalisme à la fin du Front populaire. Hostile à la « pause », il fut gréviste « par discipline » le 30 novembre 1938. D’accord avec les positions du SNI au congrès de Lille en 1936, il se prononça en 1939 pour la motion sur la paix proposée par la section du Rhône. Il était en outre en relations avec Emery et avec Giono.

Après sa démobilisation en 1940, Dunand entra en 1943 en relations avec la Résistance (Armée secrète et Mouvements Unis de la Résistance). En 1944, après une dénonciation, il prit le maquis et s’occupa notamment de l’installation des Comités locaux de Libération.

Dunand reprit un poste d’instituteur en décembre 1944 à Sainte-Tulle, puis devint directeur d’école à Manosque où il prit sa retraite en 1969.

Dunand, élu secrétaire général de la section du syndicat, lors de l’assemblée générale du 29 septembre 1945, le demeura jusqu’en 1968, tout en étant aussi le secrétaire départemental de la Fédération de l’éducation nationale. Il siégea dans les commissions paritaires départementales. Il figurait sur la liste C "d’indépendance et d’action syndicale" conduite par Valière*, pour l’élection du bureau national du SNI à la proportionnelle. Le conseil national du 28 décembre 1947 lui accorda 146 voix. À nouveau en huitième position sur la liste « École émancipée », le conseil national du 27 décembre 1949 lui donna 93 voix. Lors de la réunion du bureau national, le 23 septembre 1947, fut décidée la création de commission extra BN à mandat limité dont il fit partie.

L’état des groupes départementaux de l’École émancipée en 1950 signale pour les Basses-Alpes : "Maurel, Valensole, activité réduite. Dunan, Sainte-Tulle, secrétaire de la section (EE). 41 abonnés. De bien meilleurs résultats sont possibles" (papiers Marcel Pennetier).

Son intervention au congrès du SNI, le 20 juillet 1947, traitait de l’éducation populaire et de la nécessaire laïcité. Pour le congrès du SNI (22-24 mars 1948), il fit partie de la commission d’organisation des débats et intervint sur les questions corporatives, énonçant la crise de recrutement dans les Basses-Alpes, conséquence, selon lui « du désengagement de l’État ». Dans le SNI, et ailleurs, il milita pour la reconnaissance des droits de la femme et pour l’éducation sexuelle à l’école. Favorable à l’autonomie de la FEN en 1948, il chercha constamment à assurer des mouvements unitaires parmi les syndicats et, dans le département, il fut, au nom du SNI et de la FEN, au cœur des rassemblements unitaires et comme porte-parole, à partir de 1966, de l’intersyndicale.

Pacifiste, Dunand prit position contre l’expédition franco-britannique en Égypte, contre la guerre d’Algérie, contre l’intervention des chars soviétiques en Hongrie.

Dunand fit partie des conseils d’administration de plusieurs associations départementales para-scolaires (APAJH, IME de la Durance à Château-Arnoux, sections départementales de la MGEN, de la MAE jusqu’en 1980), fut le vice-président de l’association départementale de la MAIF. Il assuma diverses responsabilités : vice-président de la Fédération des œuvres laïques depuis sa création en 1950, président de l’association départementale des auberges de jeunesse depuis 1950, président du Comité de la "Jeunesse au Plein air" depuis sa création en 1953, président de l’ADATEEP depuis 1981, président de l’Union des délégués départementaux de l’Éducation nationale depuis sa création en 1969. D’autre part, toujours membre de la CA départementale de la FEN, il fit partie du conseil syndical (commission des retraités) du SNI-PEGC de 1970 à 1981 et de la Fédération générale des retraités depuis 1970,

Libre-Penseur, Dunand adhéra à l’Union rationaliste et milita à la Ligue des droits de l’Homme.

Retiré à Riez après 1969, président du comité local de l’environnement, membre du conseil d’administration de l’UDVN des Basses-Alpes, membre de la commission communale d’aménagement foncier d’Esparron-du-Verdon, Marcel Dunand fut membre du conseil municipal de la ville de 1971 à 1977. Il était depuis leur création, administrateur de la société des "Amis du Vieux Riez" et du foyer du troisième âge. Il fut aussi membre du conseil d’administration de la radio locale Fréquence Mistral de 1985 jusqu’à son décès.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23351, notice DUNAND Fortuné, Marcel par Jacques Girault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 16 février 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Presse syndicale. — PV des CA de Fréquence Mistral.—
Archives du GD EE 04.— Notes de M. Amiel, E. Francoul (Centre Aigueperse, UNSA-Éducation) et de Emmanuel Boutterin. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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