BARAN Jean

Par Jean-Luc Marquer

Né le 13 avril 1905 à Rowne (Pologne), sommairement exécuté le 13 juillet 1944 à Grenoble (Isère) ; ouvrier de la chimie ; résistant homologué Résistance intérieure française (R.I.F.), mouvement P.O.W.N. Monica, avec le grade d’adjudant, et interné résistant (D.I.R.)

De nationalité polonaise, Jean Baran était le fils de Baltazar et de Katarina ...
Il avait épousé Anna Areklan en Pologne en 1927. Le couple avait deux enfants, nés à Échirolles (Isère) en 1929 et 1931, et la famille habitait 52-01, cité de la Viscose à Échirolles.
Jean Baran était ouvrier à l’usine de la Viscose à Échirolles , qui produisait de la soie artificielle.
En 1943, il s’engagea dans la Résistance au sein de l’Organisation polonaise de lutte pour l’indépendance (en polonais : Polska Organizacja Walki o Niepodległość - P.O.W.N.) qui était était un mouvement de résistance polonais opérant en France.
Début janvier 1944, il aurait rejoint le groupe franc de Polonais "Alpes-Grenoble" comme chef du groupe "Viscose", ayant une quinzaine d’hommes sous ses ordres, et aurait participé à plusieurs sabotages à Échirolles et Pont-de-Claix (Isère).
Ces services n’ont toutefois pas été homologués.

Le 7 juillet 1944, il fut arrêté par la Gestapo à son domicile, emprisonné à Grenoble (Isère) et maltraité.
Jean Baran fut sommairement exécuté le 13 juillet 1944 au Polygone d’artillerie de Grenoble en même temps que 24 autres personnes.
Son corps enfoui dans un cratère de bombe fut découvert le 28 août 1944, chemin des Buttes, à proximité du Polygone et placé dans le cercueil n°21 B.
Le 29 août 1944, les bières numérotées contenant les dépouilles des victimes furent déposées dans deux fosses creusées au polygone, la fosse A ou 1, pour les victimes d’août, la fosse B ou 2 pour celles de juillet.
Jean Baran fut formellement identifié le 31 août 1944 par son épouse Anna.
Le procès-verbal d’identification fut établi sur sa déclaration le 7 septembre 1944.
Il obtint la mention "Mort pour la France" et fut homologué résistant, membre de la Résistance intérieure française (R.I.F), mouvement P.O.W.N. Monica, avec le grade d’adjudant, et interné résistant (D.I.R).
Le 21 septembre 1945, les dépouilles des victimes encore enterrées au polygone furent transférées dans le carré III du cimetière du Grand Sablon à La Tronche (Isère).
Il semblerait qu’il y ait eu une erreur à ce moment-là, puisque c’est le cercueil 22 B qui fut considéré comme étant celui de Jean Baran. Une stèle à son nom fut même érigée.
Les dépouilles furent à nouveau exhumées en juin 1958 et réinhumées le 15 juillet 1958 dans la Nécropole Nationale de La Doua à Villeurbanne (Métropole de Lyon).
Un tableau transmis par l’ONACVG reprend la numérotation initiale, attribuant toujours le cercueil 22 B à Jean Baran, le cercueil 21 B étant lui aussi inhumé à La Doua.
Mais la veuve de Jean Baran demanda la restitution du corps qui fut exhumé le 6 mai 1959.
Or c’est le cercueil 22 B qui fut exhumé pour être probablement enterré au cimetière d’Échirolles.
Jean Baran reposerait désormais Carré A, rang 9, tombe 58 de la Nécropole Nationale de La Doua et c’est l’Inconnu 5 de la fosse B qui serait enterré à sa place.
Son nom figure sur le monument aux morts d’Échirolles et sur une plaque commémorative apposée au cimetière de cette ville.


Voir : Grenoble, charniers du Polygone


Notice provisoire

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article233586, notice BARAN Jean par Jean-Luc Marquer, version mise en ligne le 19 novembre 2020, dernière modification le 16 juillet 2021.

Par Jean-Luc Marquer

SOURCES : Arch. Dép. Rhône et Métropole, Mémorial de l’oppression, 3808 W 406 et 541 — Arch. Mun. Grenoble, 4H69 — SHD Vincennes, GR 16 P 30929 ; GR 19 P 38/22 — Mémoire des hommes — Mémorial GenWeb — Informations communiquées par Michel Lestrade, Chef de secteur Auvergne/Rhône-Alpes/Bourgogne/Franche-Comté de l’ONACVG et Victor Papagno, responsable unité cimetières, Ville de Grenoble — État civil

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