CAROFF Henri, Yves, Marie [Pseudonyme dans la Résistance : Forac]

Par Jean-Luc Marquer

Né le 3 octobre 1902 à Toulon (Var), sommairement exécuté le 11 août 1944 à Grenoble (Isère) ; militaire de carrière retraité, chef de centre "Jeunesse et Montagne" ; résistant de l’Armée secrète, attaché à l’État-major départemental comme Trésorier Général départemental de l’Isère, homologué adjudant-chef des Forces françaises de l’Intérieur

Henri, Yves, Marie Caroff était le fils de Jeanne, Marie, Gabrielle Caroff.
Il épousa Marie, Claire Filippini, le 22 avril 1924 à Toulon (Var). Ils eurent un fils.
Henri Caroff était militaire de carrière, comptable dans l’Armée de l’Air.
Il servit plusieurs années en Indochine.
Il fut admis dans le corps des sous-officiers le 12 juin 1928, et promu adjudant-chef le 1er janvier 1938.
En 1939, il fut affecté successivement au Bataillon de l’Air 129, puis au centre de stockage de Bergerac (Dordogne), et enfin au centre administratif d’Orange-Caritat (Vaucluse).
Atteint par la limite d’âge de son grade en 1942, il devint Chef de centre "Jeunesse et Montagne" à Gap (Hautes-Alpes) et trésorier du groupement "Dauphiné" de cette structure.
La famille habitait alors à Saint-Bonnet-en-Champsaur (Hautes-Alpes).
Il entra dans la Résistance début juin 1944 et devint Trésorier Général départemental de l’Isère.
Il fut arrêté en mission le 31 juillet 1944 à Grenoble (Isère). Trouvé porteur d’une forte somme d’argent en raison de sa fonction, il fut emprisonné et torturé par la Gestapo.
Henri Caroff fut sommairement exécuté dans la nuit du 10 au 11 août 1944 au Polygone d’artillerie de Grenoble (Isère) en même temps que 22 autres personnes.
Son corps enfoui dans un cratère de bombe fut découvert le 28 août 1944, chemin des Buttes, à proximité du Polygone et placé dans le cercueil 18 A.
Le 29 août 1944, les bières numérotées contenant les dépouilles des victimes furent déposées dans deux fosses creusées au polygone, la fosse A ou 1, pour les victimes d’août, la fosse B ou 2 pour celles de juillet.
En octobre 1944, il fut identifié par un de ses amis, Georges Bertrand, et sa femme. C’est son fils qui l’identifia officiellement le 24 octobre 1944 et qui fit établir l’acte de décès.
Henri Caroff obtint la mention "Mort pour la France" et fut homologué résistant, membre des Forces françaises de l’Intérieur.
Déjà décoré de l’Ordre du Dragon d’Annam et de la Médaille Militaire, Henri Caroff fut cité à l’ordre de la Division et décoré de la croix de Guerre avec étoile d’argent à titre posthume.
Son nom figure sur le monument aux morts de Saint-Bonnet-en-Champsaur.
Le 21 septembre 1945, les dépouilles des victimes encore enterrées au polygone furent transférées dans le carré III du cimetière du Grand Sablon à La Tronche (Isère).
Elles furent à nouveau exhumées en juin 1958 et réinhumées le 15 juillet 1958 dans la Nécropole Nationale de La Doua à Villeurbanne (Métropole de Lyon).
Henri Caroff y repose désormais Carré A, rang 9, tombe 65.


Voir : Grenoble, charniers du Polygone


Notice provisoire

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article233607, notice CAROFF Henri, Yves, Marie [Pseudonyme dans la Résistance : Forac] par Jean-Luc Marquer, version mise en ligne le 19 novembre 2020, dernière modification le 20 avril 2021.

Par Jean-Luc Marquer

SOURCES : Arch. Dép. Rhône et Métropole, Mémorial de l’oppression, 3808 W 406 et 541 — Arch. Mun. Grenoble, 4H69 — SHD Vincennes, GR 16 P 107528 ; GR 19 P 38/2 — AVCC Caen, AC 21 P 38590 (à consulter) — Mémoire des hommes — Geneanet — Informations communiquées par Michel Lestrade, Chef de secteur Auvergne/Rhône-Alpes/Bourgogne/Franche-Comté de l’ONACVG et Victor Papagno, responsable unité cimetières, Ville de Grenoble — État civil

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