DUPOUY Raymond, Jean [Pseudonyme dans la Résistance : Dunand]

Par Jean-Luc Marquer

Né le 2 avril 1911 à Bordeaux (Gironde), sommairement exécuté le 11 août 1944 à Grenoble (Isère) ; agent d’assurances ; résistant de l’Armée secrète, homologué Forces françaises de l’Intérieur et interné résistant (D.I.R.)

Raymond DUPOUY
Raymond DUPOUY
Photo : Collection privée, famille Dupouy

Raymond, Jean Dupouy était le fils de Georges, Pierre et de Marguerite, Marie Dulucq, son épouse.
Il épousa Marthe, Octavie Bouyx. Le couple eut deux enfants.
La famille habitait 21, avenue Vercingétorix à Bordeaux (Gironde) où Raymond Dupouy était agent d’assurances.
Catholique social, il prit des responsabilités au sein de l’Association Catholique de la Jeunesse Française (A.C.J.F.) dont il devint président régional.
Avec son épouse, il participa très activement dès sa fondation en 1937 au Comité National Catholique d’accueil aux Basques devenu par la suite le Comité National Catholique d’accueil des réfugiés d’Espagne.
Il fut également l’organisateur de l’assemblée des Semaines Sociales qui se tint en 1939 à Bordeaux avec pour thème : Le problème des classes dans la communauté nationale et dans l’ordre humain.
Mobilisé en 1939 comme lieutenant d’artillerie, il évita la capture à son unité lors de la débâcle en juin 1940.
Démobilisé, il fut un des créateurs du Secours National à Bordeaux.
En 1941, arrêté par la police française, Raymond Dupouy fut condamné par les autorités allemandes à trois mois de prison au fort du Hâ à Bordeaux pour avoir participé à un défilé lors de la fête de Jeanne d’Arc.
Quand il fut libéré, ce fut pour apprendre que son nom figurait sur la liste des otages désignés en Gironde.
Il prit alors le parti de l’exil et s’installa à Lyon (Rhône, aujourd’hui Métroploe de Lyon) puis en Isère où il fut recruté par la première École des cadres, créée par Pierre Dunoyer de Ségonzac en septembre 1940 à Uriage (Isère). L’organigramme du début 1942 indique qu’il en était le secrétaire général.
Cette école, qui avait pour objet initial de former les futurs cadres de la jeunesse dans l’idéal de la "Révolution Nationale" de Pétain, prit rapidement ses distances avec Vichy.
Elle fut en fait un vivier pour la Résistance et fournit en cadres les maquis de Savoie, de Haute-Savoie et du Vercors.
L’école fut fermée le 1er janvier 1943. Raymond Dupouy devint alors l’animateur du service de renseignements constitué par les anciens d’Uriage, se déplaçant de ville en ville accompagné de son épouse.
Il revint en Isère après le 6 juin 1944 et devint adjoint du commandant Le Ray, chef des F.F.I. de l’Isère en 1944. Il appartenait à l’État-major départemental. Le secteur 1 (Oisans) de l’AS Isère le compte également parmi ses morts.
Il fut arrêté le 31 juillet 1944 à Grenoble (Isère), probablement sur dénonciation.
Trouvé porteur de renseignements ne laissant aucun doute sur son appartenance à la Résistance, il fut torturé et battu à plusieurs reprises.
Emprisonné à la caserne de Bonne à Grenoble, il passa ses derniers jours dans la même cellule qu’Yves Moreau-de-Montcheuil.
Raymond Dupouy fut sommairement exécuté dans la nuit du 10 au 11 août 1944 au Polygone d’artillerie de Grenoble en même temps que 24 autres personnes dont Yves Moreau-de-Montcheuil.
Son corps enfoui dans un cratère de bombe fut découvert le 26 août 1944, chemin des Buttes, à proximité du Polygone et placé dans le cercueil n° 6.
Le 29 août 1944, les victimes furent inhumées dans deux fosses creusées au polygone.
Raymond Dupouy fut identifié courant septembre 1944 par Mademoiselle Ardain, 50 rue Lesdiguières à Grenoble, qui l’avait connu à Uriage.
Le 25 septembre 1944, lors de l’inauguration de l’École des cadres F.F.I. d’Uriage, son commandant, Xavier de Virieu, cita Raymond Dupouy comme ancien de l’École d’Uriage.
L’identification officielle fut faite le 5 décembre 1944 par Maurice Picot, directeur des pompes funèbres générales de Grenoble, ami du père de Raymond Dupouy. C’est également lui qui fit établir l’acte de décès le même jour.
Raymond Dupouy obtint la mention "Mort pour la France" et fut homologué résistant, membre des Forces françaises de l’Intérieur, et interné résistant (D.I.R.).
Il fut décoré de la médaille de la Résistance à titre posthume.
Le 21 septembre 1945, les victimes encore enterrées au polygone furent transférées dans le carré III du cimetière du Grand-Sablon à La Tronche (Isère).
En 1946, la dépouille de Raymond Dupouy fut exhumée et enterrée au cimetière de La Chartreuse à Bordeaux.
Son nom figure sur le monument aux morts de Bordeaux. IL figure aussi très probablement sur le Mémorial du maquis de l’Oisans à Livet-et-Gavet (Isère) sous le nom de Raymond Dupont.


Voir : Grenoble, charniers du Polygone


Notice provisoire

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article233609, notice DUPOUY Raymond, Jean [Pseudonyme dans la Résistance : Dunand] par Jean-Luc Marquer, version mise en ligne le 19 novembre 2020, dernière modification le 18 avril 2021.

Par Jean-Luc Marquer

Raymond DUPOUY
Raymond DUPOUY
Photo : Collection privée, famille Dupouy

SOURCES : Arch. Dép. Rhône et Métropole, Mémorial de l’oppression, 3808 W 406 et 541 — Arch. Mun. Grenoble, 4H69 — SHD Vincennes, GR 16 P 202221 (à consulter) ; GR 19 P 38/2 et 38/4 — AVCC Caen, AC 21 P 177342 (à consulter) — Colon David, L’École militaire d’Uriage, 1944-1946, Mémoire présenté à l’I.E.P. de Paris, 7 décembre 1994 — Mémoire des hommes — Mémorial GenWeb — Wikipédia — Articles de revues et de journaux, extraits d’ouvrages fournis par Rémi Dupouy —État civil

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