DIF Max [Maxime ROUX dit]

Par Michel Laguionie

Né le 25 décembre 1911 à Champagnac (Cantal), mort le 8 février 1999 à Couzeix (Haute-Vienne) ; typographe ; maître-magicien ; syndicaliste et résistant, a mené de pair une carrière artistique et une vie militante ; occupe une place centrale dans le monde limousin du spectacle de la deuxième moitié du XXe siècle.

Maxime Roux, dit « Max Dif » naquit le jour de Noël 1911 à Champagnac, dans le Cantal, mais c’est au bord de la Vienne, sur le Clos Sainte-Marie à Limoges, que déroula son enfance. Après le certificat d’études, décroché à douze ans, il entra en apprentissage dans une imprimerie, il fut typographe et linotypiste. En 1922, il découvrit la magie au cours d’un gala à la salle de l’Union. Il trouva son violon d’Ingres : la prestidigitation et l’illusionnisme. Pendant des années, il s’entraîna, distrayant ses voisins et ses amis de ses tours de cartes. Un jour de 1931, il affronta pour la première fois le grand public en effectuant un numéro sur la scène de la salle Saint-Aurélien. Maxime Roux devint Max Dif ; le nom de sa mère qui devint son pseudonyme.

Embauché comme linotypiste à l’Imprimerie Nouvelle en 1938, Max Dif fréquenta les milieux libertaires et adhéra à la CGTSR (CGT Syndicaliste Révolutionnaire), qui s’efforçait de perpétuer le syndicalisme révolutionnaire d’avant 1914. Pendant la guerre d’Espagne, il rejoignit la Solidarité Internationale Antifasciste (SIA) pour venir en aide aux familles des combattants antifascistes en Espagne.

En 1940, il fut prisonnier de guerre et fit partager les mystères de l’illusion à ses camarades de stalag. Après un an de captivité, Max Dif retrouva Limoges à la faveur d’un rapatriement sanitaire. Il persévéra dans les spectacles de magie tout en reprenant son travail à l’imprimerie. Il fut ensuite correcteur de presse au journal Le Populaire du Centre. Affilié alors au Mouvement ouvrier français (MOF), aile clandestine du syndicalisme, il s’attacha, avec quelques collègues, à la confection de fausses pièces d’identité, des tracts et des journaux de la Résistance.

Après la Libération, Max Dif présenta avec son épouse les « Spectacles magiques et fantastiques ». Ensemble, ils animaient des galas pour les Comités locaux de Libération et des centaines d’arbres de Noël. En 1956, la participation de Max Dif au Festival mondial de la magie lui ouvrit de nouvelles perspectives scéniques, radiophoniques et télévisuelles. Mais le maître-magicien resta militant ouvrier : à la demande de Louis Lecoin, il créa à Limoges le Comité Départemental pour l’Espagne libre, afin d’appuyer les victimes du franquisme. Plusieurs meetings qu’il présida permirent aux Limougeauds d’entendre de remarquables orateurs comme l’avocat Yves Deschezelles, le syndicaliste enseignant Denis Forestier, le philosophe Charles Auguste Bontemps et l’ancienne ministre de la santé de la République espagnole Federica Montseny.

Président-fondateur du Cercle Robert-Houdin du Limousin, Max Dif entama, à l’heure de la retraite, une carrière d’écrivain et d’historien. Il obtint le prix Georges-Méliès en 1977 pour son Histoire et évolution technique de la prestidigitation. En 1983, il publia la Mythologie du merveilleux, puis ses mémoires sous le titre La baguette magique. Son œuvre et ses recherches font aujourd’hui référence dans le monde de la prestidigitation.

Max Dif mourut le 8 février 1999 dans sa villa, « La Magicienne », construite près de l’hippodrome de Texonnièras à Couzeix. La municipalité de cette commune a décidé de donner son nom à une rue.

Max Dif avait été initié à la Franc-Maçonnweiw le 12 juin 1954 par la loge les Artistes réunis, Orient de Limoges.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article233659, notice DIF Max [Maxime ROUX dit] par Michel Laguionie, version mise en ligne le 2 novembre 2020, dernière modification le 3 novembre 2020.

Par Michel Laguionie

ŒUVRE : ouvrages cités dans la notice.

SOURCES  : Michel Laguionie, Petit dictionnaire maçonnique des rues du Limousin, Éditions Le Puy Fraud, 2011. — Texte communiqué par Maurice Lasnier.

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