PINTE Marcel dit « Quinquin »

Par Jean-Pierre Ravery

Né le 12 avril 1938 à Valenciennes (Nord), tué accidentellement le 19 août 1944 à Aixe-sur-Vienne (Haute-Vienne), homologué sergent FFI, ORA, « plus jeune résistant de France ».

Le petit Marcel était le fils d’un officier de carrière, le capitaine d’infanterie Eugène Pinte, originaire du Pas-de-Calais, qui s’était replié en zone non-occupée en juillet 1940. Il y avait loué la ferme de la Gaubertie près d‘Aixe-sur-Vienne (Haute-Vienne) et y avait fait venir sa famille, son épouse Paule, et leurs enfants, Régine, Eugène, Pierre, Paul et Marcel.
Intégré à l’armée d’armistice, Eugène Pinte avait été affecté au centre de démobilisation de Limoges, ce qui lui permettait de circuler librement dans le département. Il mit à profit ces facilités pour nouer des contacts qui contribuèrent plus tard à la création de l’ORA (Organisation de Résistance de l’Armée) dans le Limousin.
Eugène Pinte était secondé par tous les membres de sa famille, à mesure que ses activités clandestines s’intensifiaient. Il arrivait parfois que le petit Marcel se chargeait de porter des messages. Les maquisards le surnommèrent « Quinquin » du fait des origines de la famille.
À l’été 1944, la ferme de la Gaubertie était devenue un centre névralgique de la résistance en Haute-Vienne. Elle abritait un opérateur radio du SOE britannique alias « Marcel » qui coordonnait des parachutages d’armes destinées aux FFI de la région. Une prairie voisine de la ferme avait été homologuée par Londres comme terrain de largage sous le nom de code « Verrue ». Et Eugène Pinte alias « commandant Athos » avait sous ses ordres deux bataillons de maquisards lors de la bataille victorieuse d’Aixe les 17 et 18 août 1944.

Le 19 août, alors qu’un nouveau parachutage venait d’être réceptionné et que la reddition des troupes allemandes encore présentes à Limoges était en cours de négociation, le jeune Marcel Pinte fut tué par une rafale de mitraillette Sten accidentelle, un incident fréquent avec ce type d’arme. Le 21 août, les principaux chefs de la résistance en Limousin assistèrent à ses obsèques. Et les Anglais dotèrent leurs containers de parachutes à voiles noires en signe de deuil.

Dés la Libération, Marcel Pinte fut homologué au grade de sergent FFI à titre posthume. La carte de combattant volontaire de la résistance lui fut attribuée en 2013. La mention « Mort pour la France » fut officiellement reconnue le 16 octobre 2018 par l’ONAC de Caen. Et la municipalité d’Aixe-sur-Vienne décida d’ajouter son nom sur le monument aux morts de la commune le 11 novembre 2020.
La valorisation de cet itinéraire n’a pas fait l’unanimité, certains y voyant un cas d’enfant-soldat.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article233800, notice PINTE Marcel dit « Quinquin » par Jean-Pierre Ravery, version mise en ligne le 5 novembre 2020, dernière modification le 20 novembre 2020.

Par Jean-Pierre Ravery

Marcel Pinte et son père.

SOURCES : SHD Vincennes GR 16 P 479430, et Caen AC 21 P 387718. ֫— Presse : Le Populaire du Centre du 5 septembre 2020 ; Le Monde, 3 nov. 2020. — Sites Internet : Mémoire des hommes ; Musée de la résistance en ligne ; blog sur le commandant Pinte ; notice sur Eugène Pinte, site des Amis de la Fondation de la Résistance.

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