DUPONT Louis [Meurthe-et-Moselle]

Par Claude Pennetier

Né le 17 septembre 1912 à Saulnes (Meurthe-et-Moselle), mort le 10 avril 2004 à Antibes (Alpes-Maritimes) ; ouvrier métallurgiste ; militant communiste, élève de l’ELI en 1935-1936, membre suppléant du comité central (1964-1967) ; conseiller municipal de Nancy, député de Meurthe-et-Moselle (1956-1958, 1964-1967).

Assemblée nationale, Notices et portraits, 1956

Fils d’un mineur de fer syndicaliste, Louis Dupont, après des études primaires, commença à travailler à l’âge de treize ans aux hauts fourneaux de la Chiers, à Longwy (Meurthe-et-Moselle). Il adhéra aux Jeunesses communistes en 1932. Il dira en 1944 : « À cette époque, sans être membre du PC, j’étais considéré comme un membre du PC, j’étais membre du bureau de section du Bassin de Longwy ». Il fit son service militaire comme soldat de 3e classe dans l’Infanterie en 1933-1934.

À son retour et jusqu’en 1937, il fut employé aux laminoirs. Militant communiste depuis 1936, il se trouvait en URSS lors des grandes grèves de juin 1936. Il avait été sélectionné pour suivre les cours de l’École léniniste internationale de Moscou, au titre de l’ICJ de 1935 à octobre 1936. Son dossier les présentait ainsi : « Est un ouvrier (chauffeur) Il est âgé de 22 ans et demi, est en règle avec les questions militaires. Il est membre du bureau régional (région de Nancy). Il a adhéré aux JC en 1932. Son père est militant syndicaliste. Il est vérifié dans le travail pratique. Il est dans une région extrêmement difficile du point de vue de la répression et a toujours été fidèle. Il a suivi la dernière école d’un mois de la JC organisée par le Parti. »

Secrétaire régional des Jeunesses communistes, il fut élu membre du comité central de cette organisation en 1937. Il fut membre du bureau régional du PC de 1937 à mars 1938. Candidat aux élections cantonales de Longwy en octobre 1937, il réunit 1243 voix sur son nom, et 14,36% des exprimés. Rédacteur permanent à l’hebdomadaire communiste La Voix de l’Est, il devint secrétaire régional adjoint du Parti communiste en 1939. L’interdiction du PC en août 1939 l’obligea à retourner à l’usine.

Prisonnier de guerre, il fut sans contact avec la direction communiste de son stalag car il était envoyé dans des commandos de travailleurs. La commission des cadres souligna plus tard son absence de tentative d’évasion. Les Allemands le rapatrièrent le 13 décembre 1943. L’usine de la Marine de Monécourt avait obtenu le retour d’un nombre important de spécialistes. Il chercha le contact avec la Parti communiste par sa femme qui avait participé au parti clandestin et par son frère Paul, mais ne l’obtint que vers avril 1944. Il écrivit : « Les Allemands étaient à peine repliés que nous avons réorganisé le PC illégal et j’ai pris la direction de section. Fin novembre j’ai été appelé pour m’occuper du journal La Voix de l’Est. »

Il appartint au Comité départemental de Libération et fut directeur de La Voix de l’Est. Lors du départ d’Ernest Birgy en mars 1946, il devint secrétaire de la fédération de Meurthe-et-Moselle et le resta jusqu’en 1965 ; il siégea ensuite au bureau fédéral. Il fut membre titulaire du comité central de 1964 (XVIIe congrès) à 1967 (XVIIe). Au congrès de Levallois-Perret, Gaston Plissonnier* commenta la non-réélection de Paul Balmigère*, Michel Couillet* et Louis Dupont : « Tous trois membres de leurs directions fédérales depuis des années, continueront à y jouer un rôle efficace et développeront toujours leur intense activité parlementaire, étant tous les trois députés. », (cr, p. 588-589).

Le 15 octobre 1947, il fut élu conseiller municipal de Nancy. Candidat à toutes les élections législatives derrière Maurice Kriegel-Valrimont*, il fut élu en janvier 1956 mais battu à Longwy en novembre 1958. Il fut élu député dans la 7e circonscription (Longwy) lors d’une élection partielle le 31 mai 1964. Ses interventions à la Chambre portaient essentiellement sur les questions sociales. Battu en 1967, n’étant plus conseiller municipal depuis 1965, il se retira de la vie militante.

Ses deux frères et ses deux sœurs furent militants communistes. Voir Paul Dupont* et Marcel Dupont. Marié avec Palmira Mina, il était père d’un enfant né vers 1937.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23391, notice DUPONT Louis [Meurthe-et-Moselle] par Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 8 juin 2016.

Par Claude Pennetier

Assemblée nationale, Notices et portraits, 1956
Assemblée nationale, Notices et portraits, 1964

SOURCES : RGASPI, 495 270 824, mais le dossier n’est pas présent, sans doute transféré au RGANI. — Arch. comité national du PCF. — La Voix de l’Est. — Le Monde, 2 juin 1964. —DPF, 1940-1958, op. cit. — Notice DBMOF par Étienne Kagan. — L’Humanité du 12 octobre 1937.

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