BOITEAU Albert

Par Renaud Poulain-Argiolas, Jean-Marie Guillon

Né le 4 février 1896 à Rouillac (Charente), mort le 12 août 1972 à Martigues (Bouches-du-Rhône) ; ouvrier aux Chantiers et Ateliers de Provence de Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône) ; syndicaliste CGT, sympathisant communiste ; résistant.

Fils de Jules Boiteau, facteur rural, et d’Alexandrine Bonin, tailleuse, marié à Port-de-Bouc le 7 septembre 1939 avec Marie Lopez, cet ouvrier des chantiers navals était un militant syndicaliste. Secrétaire-trésorier de l’Union interlocale des syndicats ouvriers de Port-de-Bouc, membre du Secours populaire, il était considéré par la police comme un « meneur » communiste. Cependant, pendant la guerre de 1939-1940, il resta aux chantiers navals comme affecté spécial. Fut-il licencié ensuite ? Il est dit docker quelques temps après. Le 13 novembre 1940, la police de Vichy fit une série de onze perquisitions à Port-de-Bouc qui aboutirent à la saisie d’une ronéo, d’une machine à écrire, de tracts et journaux, dont L’Humanité clandestine. Trois arrestations - celles de Véran Guigue, d’Armand Guigue et d’Albert Boiteau – furent opérées. Ils furent déférés devant le tribunal militaire de la XVe région et emprisonnés au Bas-fort Saint-Nicolas à Marseille (Bouches-du-Rhône). Véran Guigue et Albert Boiteau furent mis en liberté provisoire le 21 avril 1941, mais, considérés par la police, comme « dangereux », ils furent l’objet d’un arrêté d’internement administratif le 18 mai suivant qui les envoya au camp de Saint-Paul-d’Eyjeaux (Haute-Vienne). Boiteau fut acquitté le 27 juin 1941 par le tribunal militaire, cependant les Renseignements généraux ne comprenaient pas cette décision. Interrogés sur une éventuelle libération, ils rappelaient dans leur rapport du 7 janvier 1942 que l’on avait découvert chez lui la machine à écrire, deux mille feuilles de papier pour tracts et de l’encre à polycopier. Auditionné par le commissaire du camp le 20 avril 1942 en vue de cette libération, Albert Boiteau se disait disposé à prendre l’engagement sur l’honneur de se « rallier au nouvel ordre social et de respecter l’œuvre et la Personne du Maréchal de France, chef de l’État » et de ne se « livrer à aucune activité antinationale ». Cette déclaration ne fut pas convaincante pour le chef de camp puisque, selon Joseph Brando, il fut libéré, comme Véran Guigue, seulement en novembre 1942. Il rejoignit ensuite le Front national, ce qui, généralement, recouvre une activité au sein du parti communiste clandestin.
Les époux Boiteau avaient recueilli le 25 février 1940 une fillette née quelques jours auparavant.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article233973, notice BOITEAU Albert par Renaud Poulain-Argiolas, Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 10 novembre 2020, dernière modification le 20 janvier 2021.

Par Renaud Poulain-Argiolas, Jean-Marie Guillon

SOURCES : Arch. dép. Bouches-du-Rhône 5 W 167 (dossier internement) et 150 W 115. — Mémoire des Hommes, SHD Vincennes, GR 16 P 68515 (nc). — Jean Domenichino, Une ville en chantiers : La reconstruction navale à Port-de-Bouc, 1900-1966, Edisud, 1989, p. 174, 184. — Joseph Brando, Notes d’histoire vécue à Port-de-Bouc pendant l’occupation allemande de 1940 à 1945. — Données du site Filae. — état civil.

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